Tout baigne dans l’huile !

Tout comme l’olive ne donne son huile que lorsqu’elle est pressée et broyée, de même les Enfants d’Israël ne révèlent leurs qualités profondes que face à l’adversité.

Midrache

Les mèches qui nagent dans les godets de verre, les beignets et les latkès frits dans la poêle : à ‘Hanouka, tout baigne dans l’huile !

Avez-vous déjà assisté au pressage des olives ? Savez-vous ce qui en sort lorsque l’on actionne le pressoir ?

Du jus, bien sûr. Du jus d’olive bien noir, au parfum d’olive caractéristique.

Mais l’histoire ne fait que commencer.

On continue à presser et, bientôt, des gouttelettes d’huiles perlent à la surface du jus. Et plus on presse, plus la proportion d’huile augmente dans le liquide qui suinte des olives.

Mais voilà, vous ne pouvez utiliser ce mélange, ni pour vous éclairer, ni pour cuisiner. Ce qu’il vous faut, c’est de l’huile pure, de l’huile verte et limpide.

Alors vous laissez décanter le tout, et immanquablement l’huile finit par surnager au-dessus du jus et il ne vous reste plus qu’à la prélever.

Telle est, très raccourcie – « compressée » devrais-je dire –, l’histoire de ‘Hanouka : nos ancêtres se sont trouvés dans un immense pressoir appelé l’empire grec. La meule massive de l’oppression s’employa à les broyer spirituellement, pour les assimiler à la pâte informe à laquelle le pouvoir grec réduisait les nations conquises, où les particularités de chacune se dissolvaient dans l’hellénisme convenu.

C’était sans compter sur le trésor recelé par les olives : cette huile aussi lumineuse que chaleureuse qui les imprègne au plus profond de leur être.

Cette huile, hachemène השמן en hébreu, cette essence profonde, c’est notre âme, néchama נשמה en hébreu. Oui, ce sont les mêmes lettres hébraïques qui composent ces deux mots.

Quel est le secret de sa puissance ? Eh bien, qu’on se suffise de dire ici que l’âme est une parcelle du divin.

La Nature et tout ce qu’elle renferme sont issus de la Création en sept jours, et le nombre huit évoque la divinité qui les transcende, dont relève l’essence de l’âme.

Huit, c’est le nombre des jours et des lumières de ‘Hanouka.

Oh, et huit se dit chmoneh שמֹנה en hébreu.

Joyeux ‘Hanoukah !


Emmanuel Mergui
au nom de l’équipe éditoriale de Chabad.org