Vayéchev
La véritable réussite
Chers amis,
Dans la lecture de la Torah de cette semaine, la parachat Vayéchev, la Torah s’attarde longuement sur les épreuves traversées par Joseph : vendu comme esclave, puis plongé dans l’obscurité d’une prison égyptienne. Deux chutes successives, chacune plus difficile que la précédente, mais dont la tradition ‘hassidique révèle la dynamique intérieure : ces descentes ne sont pas identiques, et la réussite divine qui accompagne Joseph dans chacune d’elles n’a pas la même intensité.
Lorsque Joseph sert dans la maison de Potiphar, la Torah dit que « tout ce qu’il faisait, D.ieu le faisait réussir dans sa main ». La réussite se manifeste dans ce qu’il accomplit : elle est visible, réelle, mais encore liée à sa compétence, à son sens des responsabilités, à la part de dignité qu’il conserve malgré son statut de serviteur. En prison, en revanche, l’expression change : « Ce qu’il faisait, D.ieu le faisait réussir ». Le « dans sa main » disparaît. Comme si, ici, la réussite ne passait plus par le cadre de ses capacités humaines, mais jaillissait directement de la Présence divine : une réussite qui dépasse toute proportion avec l’effort fourni.
Le Tséma’h Tsédek (Rabbi Mena’hem Mendel de Loubavitch, 1789-1866) en donne la clé : pour qu’une aide surnaturelle se dévoile, une forme d’effacement intérieur est nécessaire. « C’est vers celui qui est pauvre et d’esprit brisé que Je porte Mon regard » (Isaïe 66,2). Tant que l’homme garde une perception affirmée de lui-même, même raffinée, la bénédiction se canalise à travers ses actions. En revanche, lorsqu’il s’efface vraiment, ses actes cessent de limiter ce qu’ils peuvent recevoir ; ils deviennent transparents à la bénédiction divine.
Ainsi, l’esclavage de Joseph l’amène à l’humilité, mais il conserve encore une place, un rôle, une utilité. La bénédiction divine demeure alors « dans sa main ». Mais la prison, elle, l’amène à une forme d’anéantissement du moi : il n’est plus qu’un numéro, privé de tout espace pour déployer ses talents. Dans cet effacement extrême, la réussite n’est plus la sienne ; elle se révèle comme une lumière de D.ieu traversant sa vie sans obstacle.
Cette lecture nous invite à une introspection douce mais déterminée. Nous ne recherchons évidemment pas de tels états de contrainte, mais il arrive que la vie entame nos certitudes, que notre capacité d’agir semble réduite. Ces moments, s’ils sont accueillis avec sincérité, ouvrent parfois un espace intérieur nouveau : celui où l’on cesse de s’appuyer uniquement sur sa propre force et où la providence peut se révéler plus directement. Alors, même nos actes les plus modestes acquièrent une portée inattendue.
Collectivement aussi, cette leçon nous parle. Plus notre communauté avance dans l’humilité, plus elle devient un canal pour une réussite qui dépasse les stratégies humaines. Et chaque pas fait dans cette direction dévoile davantage la présence divine dans notre monde, jusqu’au jour où cette lumière se manifestera entièrement, avec la venue de Machia’h très prochainement.
Chabbat Chalom !
De vos amis @ Fr.Chabad.org
P.-S. : Ce dimanche soir débute ‘Hanouka ! Cliquez ici pour retrouver notre site complet sur la fête.
‘Hanouka est une fête juive hivernale qui dure huit jours. C’est la “Fête des Lumières”, célébrée par l’allumage d’une ménorah chaque soir, ainsi que des prières particulières et la consommation d’aliments frits.
Selon l’un de nos Rabbis, le 19 Kislev est le jour où “la lumière et la vitalité de nos âmes nous ont été données”…
On ne peut pas comprendre la moitié de quelque chose. Pour comprendre le Tanya, il vous faut la musique qui l’accompagne.
Il y a quelques siècles, la société était hiérarchisée de manière rigide et stratifiée en classes. Puis survint un homme qui prêcha que tous les êtres humains sont créés égaux et dotés de droits divins inaliénables. Sa révolution a changé le monde.
Les enfants récitent le Kaddich pour aider l’âme de leurs parents à traverser le jugement divin, qui peut durer jusqu’à 12 mois.
Qu'est-ce qui a causé la discorde entre Joseph et ses frères? Quelles forces ont conspiré pour réunir Judah et Tamar? Qui était la femme de Potiphar, pourquoi Joseph fut-il oublié en prison et pourquoi y a-t-il tellement de rêves dans le livre de la Genèse?
Dans Vayéchev, les rêves de Joseph nous sont relatés, et dans Mikets, ceux de Pharaon. Chacun d’eux a rêvé deux fois et, dans chaque cas, les deux rêves avaient la même signification, transmise sous des symboles différents. Quelle était la différence entre les rêves de Joseph et ceux de Pharaon?