Le lien qui ramène à la maison

Chers amis,

Il est des histoires qui rassemblent tout un peuple autour d’un fil invisible. Celle de Bar Kupershtein en est une. Pendant les longues semaines de sa captivité à Gaza, sa mère, Julie, refusa de céder ni à la peur ni à la colère. « Mon fils n’est pas entre vos mains, disait-elle au terroriste qui l’avait appelée. Il est entre les mains du Créateur du monde. »

Ces mots simples ont ouvert une brèche : au lieu de protester, Julie a prié ; au lieu de crier, elle a agi. Elle a demandé que les téfiline de son fils, ceux qu’il ne pouvait plus mettre, soient utilisés chaque jour par d’autres Juifs, en son mérite et en celui de tous les otages.

C’est ainsi qu’une paire de téfiline a commencé à voyager. De la plage de Bat Yam aux rues de Miami, de Berlin à Atlanta, portée par des émissaires ‘Habad et des Juifs anonymes, elle a relié des centaines d’âmes. Des jeunes ont mis les téfiline pour la première fois, des hommes les ont remis après des années. Certains pleuraient, d’autres souriaient : tous ressentaient qu’en serrant ces lanières autour de leur bras, ils serraient la main d’un frère qu’ils ne connaissaient pas.

Le Rabbi de Loubavitch enseignait que chaque mitsva accomplit bien plus qu’un geste : elle unit le monde avec sa source. Ici, cette unité s’est faite visible. Car les téfiline de Bar ne symbolisaient pas seulement sa foi ; ils incarnaient celle de tout un peuple refusant d’abandonner l’un des siens. Chaque enroulement des lanières de cuir noir devenait un acte de libération intérieure, un cri de vie opposé au silence des tunnels.

Lorsque Bar fut enfin libéré, durant Soukkot, des milliers de cœurs se soulevèrent comme un seul. Les Juifs qui avaient porté ses téfiline savaient qu’ils avaient participé, d’une manière mystérieuse mais réelle, à ce retour. Et c’est bien là le miracle : qu’un simple acte de fidélité spirituelle puisse ouvrir les portes de la délivrance.

Aujourd’hui, le mouvement continue. L’initiative « Les téfiline pour chaque otage » invite à prolonger cette chaîne vivante : pour chaque Juif empêché d’agir, un autre se lève et agit à sa place.

Ainsi se tisse la trame du peuple d’Israël : un cœur qui bat dans d’innombrables corps. Et lorsque ces battements s’accordent, rien ne peut les arrêter. C’est dans cette unité, forgée par des lanières de foi et de courage, que s’annonce déjà la délivrance ultime, celle de Machia’h.

Chabbat Chalom !

De vos amis @ Fr.Chabad.org