Tazria-Metsora
Amener le saint dans le profane
Dans la lecture des Pirkei Avot de cette semaine, nous trouvons ce conseil de Rabban Gamliel :
« Il est bon de combiner l’étude de la Torah avec une occupation, car l’effort que requièrent les deux fait oublier la faute. Et toute Torah sans travail finit par disparaître et entraîne la faute. »
Un tel propos semble presque surprenant. La Torah, seule, ne suffirait-elle pas à garantir la droiture d’un individu ? Pourquoi cette insistance à l’associer à une activité, à un métier, à ce que nous appelons tout simplement « le travail » ?
Le Rabbi soulignait souvent la précision du langage des Sages. Rabban Gamliel ne dit pas seulement qu’il faut avoir une profession, ce que la vie impose naturellement à chacun. Il dit qu’il faut combiner l’étude avec le travail. Les unir. Ne pas vivre une double vie où la prière s’arrête à la porte de la synagogue, et l’intégrité à celle du bureau.
Trop souvent, nous avons pris l’habitude de dissocier le spirituel du quotidien, comme si la sainteté ne pouvait se révéler que dans le silence d’une étude, ou entre les murs d’un lieu consacré. Mais la Torah n’est pas un sanctuaire isolé du monde. Elle aspire à descendre dans nos emplois du temps, dans nos factures, dans nos transactions, dans nos responsabilités. Elle ne veut pas seulement inspirer nos pensées ; elle veut guider nos actes.
Le Rabbi allait plus loin : il conseillait d’avoir un livre de Torah à portée de main dans nos lieux de travail. Il suggérait de placer une boîte de tsédaka près de la caisse d’un commerce. Pourquoi ? Pour rappeler que même dans les moments les plus « matériels » de notre vie, nous sommes porteurs d’une mission. Chaque acte peut être élevé. Chaque instant peut devenir un pont entre le monde et la Présence divine.
En intégrant la Torah dans notre quotidien, nous faisons bien plus que « vivre selon ses valeurs » : nous devenons des canaux par lesquels elle se réalise concrètement. C’est ainsi que la Torah devient durable. C’est ainsi qu’elle transforme.
Et c’est ainsi que se prépare le monde à la venue de Machia’h. Car dans cette époque promise, ce ne seront pas seulement les synagogues qui chanteront la vérité divine, mais le monde entier. Chaque boutique, chaque atelier, chaque bureau deviendra un lieu où rayonne la lumière du divin. Et ce travail commence aujourd’hui, dans la façon dont nous mêlons nos engagements spirituels à nos activités les plus ordinaires.
Chabbat Chalom !
Vos amis @ Fr.Chabad.org
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