Dès l’instant où vous commencez à respirer, une guerre fait rage en votre for intérieur.

Dès l’instant où vous acquérez votre place dans ce monde, vous devez affronter vos propres fragilités pour vous tenir debout, comme un être humain est censé se tenir.

Dès l’instant où vous aspirez à vous élever, vous devez affronter l’animal qui se drape de cette chair et de ces os, pour l’élever avec vous. Vous devez jouer son jeu sur son terrain, lui parler dans sa langue, méditer sur ce qui pourrait l’inspirer, patienter jusqu’à pouvoir l’amener à la paix.

Vous devez descendre dans un lieu de chaos et de folie pour vous en délivrer.

Ainsi, cette bataille se livre non seulement dans l’arène spirituelle de la méditation et de la prière, mais aussi dans le monde très concret du repas que l’on prend, de la famille que l’on élève, des activités du quotidien, en infiltrant ce monde afin de le conquérir, d’en lever le voile et d’y révéler les étincelles divines qui s’y trouvent – comme Jacob, revêtu des habits d’Ésaü, luttant avec son ange sur la terre froide et détrempée d’une nuit qui n’était pas la sienne.

Pourtant, en tout temps, en toute circonstance, vous avez accès à un point d’unité parfaite en votre for intérieur, un lieu où il n’y a ni opposition à affronter, ni choix à faire, aucune existence même : rien d’autre que « le Créateur de toutes choses auquel je suis lié au point de ne faire qu’un avec Lui ».

Ce n’est pas la bataille qui vous définit, ni le rôle dans lequel vous devez vous investir, ni l’adversaire que vous affrontez. Vous n’êtes rien de tout cela. Vous êtes ce point de paix en votre for intérieur.

Ainsi, même votre bataille se déroule dans la paix.

– d’après le discours du Rabbi sur le verset « Il a délivré mon âme dans la paix », 5739