Parce que nous ne faisons qu’un

Dans la lecture de la Torah de cette semaine, nous lisons : « Vous vous tenez aujourd’hui, vous tous, devant l’Éternel, votre D.ieu : vos chefs de tribus, vos anciens, vos officiers, tous les hommes d’Israël… »

Avant de nommer les fonctions, les situations et les degrés spirituels qui les distinguent, Moïse les réunit en deux mots : « vous tous ». La Torah affirme ainsi leur unité avant leurs différences. Au seuil de l’alliance, Israël se tient devant D.ieu comme une seule réalité.

Le Rabbi enseigne que le peuple juif n’est pas seulement un ensemble d’individus réunis par une religion, une culture ou une mémoire commune. Une âme unique rayonne à travers la diversité des personnes. Chacun en exprime la lumière selon sa capacité, remplit une mission irremplaçable et demeure lié à tous les autres.

Cette idée change profondément notre regard sur autrui. Nous sommes facilement tentés de classer : plus pratiquant ou moins pratiquant, proche de la communauté ou éloigné, semblable à nous ou difficile à saisir. Pourtant, même si le lien d’un Juif à cette unité profonde paraît voilé, il n’en est pas moins juif. Lorsqu’il accomplit une mitsva, c’est tout le peuple d’Israël qui s’en trouve éclairé. Et lorsqu’il trébuche, nous en sommes tous atteints.

L’amour du prochain ne signifie donc ni approuver chaque choix ni effacer les désaccords. Il signifie ne jamais regarder l’autre comme un étranger. Dans un corps vivant, la main droite ne garde pas rancune à la gauche si celle-ci l’a heurtée par maladresse, puisqu’elles appartiennent au même corps. De même, lorsqu’un Juif traverse une épreuve, nous lui tendons la main. Lorsqu’il connaît une joie, nous nous en réjouissons avec lui. Et si l’un a blessé l’autre, nous cherchons à nous expliquer avec mesure – ou simplement à passer outre.

Cet amour se vérifie dans des gestes simples : dire du bien d’un autre Juif et refuser d’entendre du mal de lui – sauf si la discussion peut lui être réellement utile. Il consiste aussi à saisir l’occasion de lui rendre service, à rapprocher ceux que séparent l’âge, l’origine ou l’étiquette, et à partager avec eux ce que nous avons de plus précieux : la Torah et les mitsvot.

Cette priorité accordée à notre famille juive ne nous enferme pas. Elle nous ouvre au contraire à toute l’humanité : c’est auprès de ceux dont nous partageons l’histoire que nous apprenons à prendre réellement soin d’autrui.

À l’approche de Roch Hachana, nous pouvons commencer chaque journée en prenant sur nous la mitsva d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, puis lui donner une forme concrète avant la fin du jour. Lorsque l’unité d’Israël ne surgit plus seulement face au danger, mais devient notre manière ordinaire de vivre, l’âme collective du peuple commence à apparaître au grand jour. Nous hâtons ainsi la délivrance par Machia’h : le monde reconnaîtra alors pleinement D.ieu, et les différences auront perdu leur pouvoir de nous séparer.

Chabbat Chalom !

De vos amis @ Fr.Chabad.org