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Voir Odessa et vivre
La vie est un amoncellement de problèmes, de difficultés et de malheurs petits ou grands. Du matin jusqu’au soir, nous affrontons chaque nouvelle situation en trainant le boulet créé par les situations précédentes avec l’angoisse que celle-ci ne crée un nouvel échec qui viendra alourdir ce boulet.
Certains qualifieront cette vision de « pessimiste », mais qui peut nier qu’elle s’appuie sur la réalité ? Les maladies, les souffrances morales, la détresse économique, les haines de toutes sortes ne sont-elles pas omniprésentes ? Ce n’est, hélas, pas l’actualité qui va démentir cela...
On raconte que deux ‘hassidim originaires d’Odessa furent un jour reçus, chacun son tour, par le 5ème Rabbi de Loubavitch, Rabbi Chalom DovBer Schneerson, de mémoire bénie.
Lorsque le Rabbi demanda au premier quelle était la situation de la communauté juive à Odessa, celui-ci répondit que les Juifs priaient comme il se doit, qu’ils étudiaient la Torah et qu’ils se livraient à toutes sortes de bonnes actions.
Lorsqu’il sortit de l’entrevue, l’autre ‘hassid lui demanda, avant de rentrer à son tour, quelle avait été la teneur de leur conversation. Quand il fut devant le Rabbi et qu’il s’entendit poser la même question, il répondit : « Rabbi, moi je ne vous mentirai pas ! Je ne comprends pas comment votre interlocuteur précédent a pu passer sous silence le fait que la communauté d’Odessa est minée par les dissensions. Comment a-t-il pu occulter le fait que les gens ne se réunissent que pour parler politique et médire les uns des autres ? »
Ce à quoi Rabbi Chalom DovBer répondit : « Je connais bien la réalité d’Odessa. Quand je vous ai interrogé, c’était pour savoir dans quelle Odessa vous vivez. »
Aujourd’hui nous entamons un nouveau mois dans le calendrier hébraïque : le mois de Chevat. Selon une vieille tradition, les trois lettres de ce nom sont l’acronyme de la phrase « Chénichma Bessorot Tovot », « Puissions-nous entendre de bonnes nouvelles ».
Oui, le monde est rempli de bonnes nouvelles, bien plus que de mauvaises nouvelles. Cette semaine nous lisons dans la Torah le récit de la sortie d’Égypte et la libération de l’esclavage de nos ancêtres. Nous aussi, sachons sortir de la servitude du négativisme et du pessimisme. Apprenons à reconnaître le bien, le beau, le divin dans le monde, chez notre prochain et en nous-mêmes, et nous atteindrons ainsi la vraie liberté.
Emmanuel Mergui
au nom de l’équipe éditoriale de Chabad.org
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