Béréchit
Reprendre la route
Sim’hat Torah s’est achevée, et la vie quotidienne reprend son rythme. Nous retrouvons le travail, les trajets, les courses, les rendez-vous. Après tant de prières et de joie partagée, ce retour peut laisser un léger pincement au cœur. Comment garder vivant ce que les fêtes ont éveillé en nous ?
Dans la tradition ’hassidique, on annonce à l’issue de Sim’hat Torah : « Et Jacob s’en fut sur son chemin. » Cette formule ouvre une nouvelle étape de notre service de D.ieu. Les fêtes nous ont donné des forces ; voici venu le moment de les engager dans les occupations de chaque jour.
« Jacob » représente ici chaque Juif et chaque Juive. Chacun, chacune reprend son chemin, avec ses responsabilités et ses préoccupations. Mais ce chemin peut devenir celui de D.ieu : un parcours guidé par la Torah, nourri de mitsvot, où nos activités elles-mêmes contribuent à faire du monde une demeure pour Sa présence.
Cette continuité se construit dans les gestes les plus habituels. Travailler pour subvenir aux besoins de sa famille et pouvoir aider autrui, prendre un repas pour retrouver les forces nécessaires à une mitsva, élever un enfant avec patience : autant de façons de servir D.ieu au milieu de nos occupations. La sainteté peut ainsi habiter les heures de travail, la table familiale, les échanges de chaque jour. C’est dans cette vie concrète que l’élan des fêtes doit porter ses fruits.
Nous savons pourtant combien cet élan peut être fragile. Les urgences s’accumulent, l’attention se disperse, une bonne résolution attend « un moment plus propice »... Mais nous pouvons déjà lui donner une place : quelques minutes d’étude à une heure fixée, une prière dite avec attention, un appel à quelqu’un qui se sent seul. La joie de Soukkot peut devenir une patience plus généreuse ; l’élan de Yom Kippour, une démarche de réconciliation. Dans notre travail aussi, une parole honnête ou le respect d’un engagement font entrer les exigences de la Torah dans le concret.
Le « Chabbat Béréchit » que nous célébrons cette semaine accompagne précisément ce passage. Le Rabbi souligne qu’il relie les forces spirituelles de Tichri à la vie de toute l’année. Nous recommençons la lecture de la Torah avec la création du monde ; nous pouvons, nous aussi, commencer à renouveler le « petit monde » qui nous est confié.
Chaque mitsva, chaque acte de bonté nous rapproche ainsi de la délivrance, lorsque Machia’h révélera pleinement la présence divine dans le monde. Les fêtes nous ont permis d’en pressentir la lumière. À nous de lui donner désormais une place dans nos journées.
Reprenons la route, avec les forces reçues et une résolution à faire vivre dès aujourd’hui.
Chabbat Chalom !
De vos amis @ Fr.Chabad.org
Nos Sages nous disent que D.ieu a créé le monde parce qu’Il voulait une demeure, un foyer. Mais qu’est-ce que cela signifie?
L’une des croyances fondamentales du judaïsme est que la vie ne commence pas à la naissance et ne s’achève pas à la mort.
La Torah ne le mentionne que très peu, et l’essentiel de ce que nous savons de lui et de son époque provient des sources midrashiques et talmudiques.
Avec certaines mitsvot, la lumière que nous générons peut être perçue et appréciée matériellement. Ces bougies qui confèrent une douce et paisible atmosphère au saint jour du repos sont l’une de ces mitsvot...
Le premier homme, le premier sommeil, le premier mariage, le premier péché, le premier costume, le premier accouchement, la première guerre... Si tout cela figure dans l'Histoire humaine, c'est dans la première Paracha du livre de la Genèse qu'on le trouve
Ève n’avait qu’un seul commandement à respecter: ne pas manger du fruit de l’Arbre de la Connaissance. Pourtant, elle en mangea et invita Adam à en faire autant. Les commentateurs classiques s’interrogent sur ce qui l’amena à écouter le serpent.