Il baignera toute sa chair dans l’eau. (Lévitique 15,16)

Le Talmud (Erouvine 4b) explique que cela fait référence à un mikvé (bassin rituel) contenant au moins quarante séa d’eau (environ 450 litres). Quelle explication peut-on donner à la purification par le mikvé ?

Un jour, une femme qui envisageait de se convertir au judaïsme contacta un rabbin. Il lui exposa les différentes exigences, dont l’immersion dans un mikvé. Elle était prête à tout accepter, sauf ce rituel, qu’elle avait du mal à comprendre. Le rabbin lui conseilla d’écrire au Rabbi de Loubavitch pour lui exposer son dilemme.

Elle reçut la réponse suivante : selon le Talmud1 , une personne qui passe par la conversion est considérée comme un nouveau-né. Lorsqu’un embryon se forme dans le ventre de la mère, il se trouve dans un placenta entouré d’eau de toutes parts. De la même manière, le converti s’immerge entièrement dans les eaux du mikvé, et en émerge comme un nouveau-né.

Cette réponse éclaire la purification par le mikvé en général. Chacun possède une âme pure à la naissance. Par la suite, il peut commettre des actes qui souillent son âme. L’immersion dans le mikvé est alors une forme de renaissance par laquelle on retrouve son état de pureté originel.

Le célèbre commentateur le Chlah écrit : « Lorsqu’on s’immerge dans le mikvé, il convient de réciter le verset : “Un cœur pur crée pour moi, ô D.ieu”2 , car par l’immersion, on devient une personne nouvellement créée. »

Les premières lettres des mots hébreux « pur crée pour moi » (טהור ברא לי) forment le mot « immerger » en hébreu (טבל).

Selon une interprétation donnée dans le Kessef Michné3 , une personne qui s’immerge dans un mikvé ne devient pure qu’au moment où elle émerge de l’eau – non pendant qu’elle y est plongée. On peut y voir un écho de la correspondance entre l’immersion dans le mikvé et la naissance : un enfant est considéré comme né lorsque son front émerge du ventre de sa mère.