Avant de communiquer à Moïse les lois relatives aux sacrifices, D.ieu l’appela. Nos Sages expliquent que cet appel n’était pas directement lié à la transmission d’un message. C’était une marque de proximité et d’amour : D.ieu voulait montrer combien le peuple juif Lui est cher.

Ce thème se retrouve dans la Haftara, qui s’ouvre sur ce verset : « J’ai créé ce peuple pour Moi, afin qu’il proclame Ma louange. » Chaque Juif, quelle que soit son origine ou sa manière de vivre, a pour vocation d’exprimer la louange de D.ieu – et, de fait, l’exprime.

Dans nos relations avec autrui, nous devrions refléter ces voies divines. Nous efforcer de percevoir comment chacun de nos semblables « proclame la louange de D.ieu », et travailler, sur nous-mêmes comme auprès des autres, à accentuer et amplifier cette louange.

La lecture de la Torah elle-même porte sur les sacrifices offerts dans le Sanctuaire du désert, puis dans le Temple de Jérusalem. Le terme hébreu pour « sacrifice » est korbane, mot qui partage la racine de karov, « proche ». Par les sacrifices s’établissaient proximité et intimité entre D.ieu et l’homme et, plus largement, entre Lui et chaque aspect de ce monde.

Lorsqu’une personne apportait un sacrifice, elle s’efforçait de se rapprocher de D.ieu. Chaque être humain porte en lui une étincelle de D.ieu, un potentiel spirituel infini et sans bornes, comme D.ieu Lui-même. Mais chacun possède aussi une nature animale : une part de sa personnalité soucieuse de ses besoins physiques – manger, boire, dormir, et faire tout ce qui peut lui procurer satisfaction.

Est-ce un mal ? Ou même un défaut ? Non. Mais il serait regrettable que ce soit là l’unique occupation d’une personne tout au long de sa vie. Ce serait un terrible gâchis si, au lieu d’apporter quelque chose au monde et de l’améliorer, un individu ne faisait rien d’autre que satisfaire ses propres envies et désirs.

Il faut qu’un dialogue s’instaure entre les deux. Nous avons besoin d’un point de rencontre, d’un entrecroisement des chemins qui garantisse que notre expérience spirituelle ne soit pas coupée du réel, et que notre expérience physique soit imprégnée du sens et de la profondeur qu’apporte la conscience spirituelle.

Tel était le but du sacrifice. C’était un processus de croissance intérieure, par lequel l’homme élevait l’animal en lui-même et lui apprenait à lever les yeux, à percevoir un but plus élevé.

Sur l’autel brûlait un feu divin, des flammes descendues miraculeusement du ciel. Il en va de même du feu divin que chacun de nous porte dans son cœur. Offrir un animal sur cet autel et le voir consumé par ce feu divin fait écho à nos efforts pour introduire le feu de la spiritualité dans notre expérience matérielle quotidienne.