Noa’h
Portés par les eaux
Dans la lecture de la Torah de cette semaine, nous lisons : « Les eaux grossirent et soulevèrent l’arche, et celle-ci s’éleva au-dessus de la terre. » (Genèse 7,17)
Au milieu du Déluge, alors que tout est emporté, Noé et les siens sont portés par les eaux. Cette image éclaire aussi nos propres « tempêtes ».
Nos journées prennent parfois l’allure d’un déluge. Les obligations s’accumulent, les nouvelles inquiètent, une décision en appelle une autre. À peine avons-nous retrouvé un peu d’assurance qu’un doute nous ramène en arrière. Où aller ? Sur quoi nous appuyer ? Ces vagues viennent aussi de notre propre cœur. Elles finissent par épuiser les forces dont nous aurions besoin pour avancer.
Le Rabbi de Loubavitch enseigne que nous pouvons orienter la puissance de ces eaux vers une sérénité plus profonde. Il éclaire ainsi l’expression « les eaux de Noé » : Noa’h, le nom hébreu de Noé, évoque le repos. Au sein même de cette agitation se trouve une force capable de nous élever. Encore faut-il lui donner une direction.
Pour cela, il nous faut construire une arche. En hébreu, téva signifie à la fois « arche » et « mot ». Les mots de Torah et de prière deviennent un refuge où nous retrouvons notre lien avec D.ieu. Nous y entrons avec nos questions, nos hésitations, toute la vie qui remue en nous. Nous donnons toute notre attention à ces mots.
Prenons quelques minutes pour étudier un passage, puis prononçons une prière en nous attachant au sens de ses mots. La crainte du lendemain peut donner plus de ferveur à notre prière ; le besoin de trouver un appui peut nous pousser à chercher plus profondément dans la Torah. La force qui nous dispersait nourrit ainsi notre attachement à D.ieu. Comme les eaux qui soulevèrent l’arche, cette énergie nous porte vers une confiance que nous n’aurions pas connue sans ces vagues.
Cette confiance nous accompagne ensuite dans nos responsabilités. Elle nous aide à prendre une décision, à accomplir ce qui nous incombe, sans laisser l’incertitude occuper toute la place.
Les mots de Torah et de prière nous conduisent aussi à agir. Accomplir une mitsva, consacrer du temps à quelqu’un, apporter une aide concrète : autant de façons d’engager notre énergie au service du bien. Quand nous aidons une autre personne à traverser sa tempête, la paix trouvée dans la Torah et la prière commence à se répandre autour de nous.
En orientant les forces qui nous agitent vers l’étude, la prière et la bonté, nous préparons le monde à la paix que révélera Machia’h. Cette transformation commence dans nos journées ordinaires, avec les mots que nous choisissons d’habiter et le bien que nous décidons d’accomplir. Même lorsque les eaux montent, même au milieu du déluge, notre arche peut s’élever.
Chabbat Chalom !
Vos amis @ Fr.Chabad.org
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