C'est l'interdiction qui est faite au Grand Sanhédrin ou [depuis la destruction du Temple] à l'Exilarque de nommer un juge ne connaissant pas à fond les lois de la Torah, quelles que soient par ailleurs ses autres qualités éminentes. Cela leur est prohibé ; en effet, il faut uniquement prendre en considération les connaissances de la personne à nommer, s'agissant des lois et des interdictions de la Torah, ainsi que le haut niveau de son comportement moral. La défense de nommer [à une telle fonction] une personne uniquement sur la base d'autres qualités éminentes est tirée du verset suivant : "Ne faites point en justice acception de personnes..." Le Sifri s'exprime ainsi : "Ne faites point en justice acception de personnes : cela s'adresse à celui qui est préposé pour désigner les juges". En d'autres termes, cette interdiction concerne directement celui qui a le droit de nommer les juges pour Israël, et lui défend de les choisir sur la base de l'un des critères précités. Nos Sages ont encore déclaré : "Tu ne diras pas : un tel est beau, je le désignerai comme juge ou un tel est fort, je le désignerai comme juge, ou un tel est mon parent, je le désignerai comme juge, ou un tel m'a prêté de l'argent, je le désignerai comme juge, ou un tel connaît plusieurs langues, je le désignerai comme juge, car il pourra se faire qu'il condamne l'innocent et acquitte le coupable, non pas parce que le juge ainsi désigné serait méchant, mais à cause de son ignorance [de la Torah]. C'est pourquoi il est dit : "Ne faites point en justice acception de personnes".