Êtes-vous plutôt Moïse ou plutôt Aharon ?

Chers amis,

Ce Chabbat, nous sortirons un second rouleau de la Torah dans les synagogues pour lire la dernière des Quatre Parachioth, la « Parachat Ha’hodech ». Dans celle-ci, l’ordre fut donné à nos ancêtres de prendre l’agneau le 10 du mois de Nissan et de l’attacher au pied du lit, puis de l’abattre le 14 dans l’après-midi, de badigeonner de son sang les montants et le linteau de la porte pour échapper à la Plaie de la mort des Premiers-Nés puis de le consommer ce soir-là avec des Matsot et des herbes amères.

Mais pour désigner les dates du 10 et du 14, il était nécessaire de définir ce qu’est le premier du mois, et donc la Torah commence par donner le commandement de la sanctification du Nouveau Mois, lorsque la nouvelle lune est constatée.

Cette mitsva est ainsi la toute première qui fut donnée au peuple juif, lorsqu’il « naquit » lors de la sortie d’Égypte. Fait intéressant, la Torah relate que D.ieu transmis celle-ci au peuple par l’intermédiaire de Moïse et d’Aharon réunis, et non de Moïse seul comme ce sera le cas de la plupart des commandements ultérieurs.

Le Rabbi de Loubavitch en explique la raison : ce tout premier commandement est l’archétype de tous ceux qui suivront, et il comporte de ce fait deux dimensions essentielles que l’on retrouvera dans toutes les mitsvot, liées respectivement aux rôles de ces deux personnages :

Moïse est celui qui nous transmit la Torah de D.ieu, faisant ainsi descendre la Présence divine au sein de notre monde. Il représente la foi transcendante de notre âme qui nous met en contact avec la dimension divine qui dépasse notre réalité.

Aharon est celui qui « faisait monter les flammes » de la Ménorah, flammes qui symbolisaient également les âmes juives. Ainsi, il éduquait le peuple et l’aidait à s’élever moralement et spirituellement pour être capable de vivre en harmonie. Il représente le travail « d’en bas », effectué par nos facultés humaines.

Nous retrouvons ces deux dimensions dans la mitsva de sanctifier le mois :

Les juges du Sanhédrine devaient interroger les témoins qui avaient vu la nouvelle lune, et, si leur discours était cohérent, les croire sur parole. Cette démarche de croyance est à l’image de l’œuvre de Moïse.

Mais les juges devaient également se livrer à un savant calcul astronomique pour déterminer l’endroit du ciel où la nouvelle lune devait apparaître. Cette démarche intellectuelle rappelle l’œuvre d’Aharon.

La conjonction de ces deux actions résulte dans l’accomplissement du but de la création : faire de ce bas monde une demeure pour D.ieu, et donner à notre existence humaine un sens divin.

Nous aussi avons tous un Moïse et un Aharon intérieurs, une âme transcendante et une personnalité faite de cœur et d’esprit. Étudier la Torah et accomplir les mitsvot nous permet de les réunir, et ainsi d’avancer vers le véritable « renouvellement » et vers la « sortie d’Égypte » ultime, lors de la venue de Machia’h très prochainement.

Chabbat Chalom !


Emmanuel Mergui
au nom de l’équipe éditoriale de Chabad.org