Au terme de la précédente explication (début du chap. XVII) nous pouvons comprendre les mots de nos Rabbis et Maîtres1, lorsqu'ils disaient de certaines qualités de la 'Hassidouth qu'elles en constituaient l'idée essentielle (comme on l'a évoqué au début de cet exposé). Car bien que ces aspects ne soient que des ramifications de la 'Hassidouth, ils n'en véhiculent pas moins, a eux seuls, l'essence même de sa nature. Ce qui caractérise en effet l'essence, c'est le fait de pénétrer, d'imprégner tout ce qui émane d'elle, jusqu'au moindre de ses dérivés, et d'y être constamment présente (comme on l'a vu lors de l'évocation de la différence entre « manifestation » et « essence ».)

Et selon le principe général d'après lequel « Le début est ancré dans la fin »2 il apparaît que plus la 'Hassidouth est diffusée jusqu'aux aspects les plus triviaux de la Création – pour transformer jusqu'à la nature de l'âme « animale » laquelle constitue un « extérieur » ('Houtsah) au sein même de l'individu, au point même que l'individu parvienne à sublimer la part du monde qui lui a été assignée à cet effet, et qui caractérise son « extérieur » véritable –,3 et plus la nature de la 'Hassidouth se trouve intensément exprimée.

C'est pourquoi, mon saint beau-père [Rabbi Yossef Its'hak Schneerson] soulignait tant, lors de ses interventions, le fait que chaque concept étudié en 'Hassidouth doit être cristallisé par les actes, car c'est seulement dans sa concrétisation qu'est appréhendée la nature essentielle de la 'Hassidouth.