Les explications 'Hassidiques des quatre degrés du PaRDeS du Modé Ani sont liées entre elles.

Réaliser que la création de « quelque chose à partir de rien », provient de l'Essence du Or Ein-Sof qui transcende tous les mondes – selon l'explication de l'interprétation « ésotérique » du Modé Ani –, accentue la conscience de ce que tous les mondes sont perpétuellement créés de l'absolu néant1, ce qui est l'interprétation du degré de Rémez du Modé Ani. Car si les mondes avaient été portés à l'existence par l'attribut de Mal'houth [et non par l'Essence du Or Ein-Sof], du fait qu'ils revêtent un sens au regard de Mal'houth de par sa nature même, il ne se serait alors pas agi d'une création à partir de leur néant.2 (La vitalité des mondes – si Mal'houth avait été à l'origine de leur existence –, eut été analogue à la vie dont l'âme anime le corps, lequel possède une existence propre en dehors même de la force de vie que lui insuffle l'âme.)3

Cependant, du fait que la Création émane de l'Essence du Or Ein-Sof – au regard de laquelle les Mondes n'ont pas le moindre sens –, ceux-ci n'ont alors pas la moindre raison d'être,4 et leur existence fondamentale doit être constamment renouvelée à partir de la Lumière du Ein-Sof.

On en vient ainsi à réaliser l'Unité par laquelle « il n'est rien en dehors de Lui », et que tous les Mondes « sont absolu néant au regard du Saint béni soit-Il, et ne sont appelés d'aucun nom, pas même de celui de " Od " (en dehors de) qui indiquerait une subordination ».5 Il devient alors intuitif et évident que la vie charnelle n'a pas de réelle existence (pas même d'existence de second ordre), et que la seule véritable existence est celle qui procède de l'attachement au divin, comme il a été expliqué en présentant le sens du Pchatt du Modé Ani.

A travers la conscience de ce qu' « il n'est rien en dehors de Lui » il apparaît évident que l'observance des commandements ne saurait s'accommoder d'une intention annexe (même secondaire) ; l'entière observance des commandements doit avoir pour seule raison la volonté du Créateur, ce qui, est comme on l'a vu plus haut, le sens homilétique (Drouch) du Modé Ani.