Ce qui a été précédemment exposé et qui est basé sur les quatre degrés du PaRDeS – les Néfèche, Roua'h, Nechamah, et 'Hayah de la Torah – présentent divers aspects particuliers [lesquels sont autant d'émanations d'une réalité plus générale] du Modé Ani La 'Hassidouth, la Yé'hidah de la Torah, définit le concept fondamental et le point quintessentiel du Modé Ani, qui émane de la Yé'hidah de l'être.

La 'Hassidouth exprime ainsi le sens du Modé Ani : la journée commence avec la récitation du Modé Ani, qui est récité avant même que Ton se lave les mains pour en retirer l'im­pureté, et ce, pour montrer que toutes les impuretés du monde n'entacheront pas le Modé Ani [la reconnaissance à D.ieu] du juif.1 Autrement dit, le juif peut faillir en un quelconque domaine, mais sa conviction – son Modé Ani –, reste entière.2

Cette pureté et cette perfection n'appartiennent qu'à la Yé'hidah : les quatre catégories de NRNH permettent l'imperfec­tion ou l'impureté, mais la Yé'hidah de l'âme, qui demeure constamment unie à l'essence de D.ieu, ne saurait avoir le moindre rapport avec une quelconque défaillance ou impureté, à D.ieu ne plaise. Elle demeure parfaite et intègre.

(C'est la raison profonde pour laquelle le Modé Ani ne comporte aucune mention d'aucun des « sept Noms qu'il est interdit d'effacer ou de détruire » : le Modé Ani émane en effet du degré de Yé'hidah, l'essence de l'âme, et la reconnaissance exprimée par l'essence de l'âme s'adresse à l'essence de D.ieu « qui n'est incarnée par aucun3 nom »).4

Aussi cette explication n'est-elle livrée que par la 'Hassidouth, car du fait que les quatre degrés du PaRDeS n'embrassent que les NRNH (de la Torah), ils ne peuvent ni expliquer ni définir5le concept de Yé'hidah. Au point même, que le Zohar6' qui constitue la partie « ésotérique » (Sod) de la Torah, en énumérant les degrés de l'âme : « Néfèche, Roua h, Nechamah, Nechamah de la Nechamah », ne fait pas même mention de la Yé'hidah. Celle-ci y est incluse dans la « Nechamah de la Nechamah » qui est le degré de 'Hayah. En 'Hassidouth en revanche, qui est la Yé'hidah de la Torah, le concept de Yé'hidah est appréhendé et abondamment expliqué.7

Et du fait que la Yé'hidah est la catégorie d'essence de l'âme, dont dérivent les quatre degrés de NRNH, l'explication de la 'Hassidouth [en révélant le point quintessentiel émanant de la Yé'hidah] vivifie et illumine puissamment les quatre explications du PaRDeS précédemment présentées, – lesquelles mettent déjà en évidence les particularités du Modé Ani –, comme on va à présent le voir.