On raconte l’histoire d’un homme dans un camp de concentration qui avait récupéré un petit morceau de beurre de la cuisine dans le but de se rassasier avec quelques calories supplémentaires. Il s’apprêtait à étaler ce mince morceau de beurre sur une tranche de pain et à le partager avec son fils lorsqu’un autre Juif émacié – semblant être sur le point de mourir de faim – vint mendier ce bout de beurre. Sans hésitation, l’homme le lui donna. Lorsque son fils protesta, il le rassura : « Mon fils, ne t’inquiète pas. Nous pouvons vivre trois jours sans nourriture. Mais nous ne pouvons pas vivre un seul jour sans que notre vie ait un sens. »

Quel est le besoin le plus profond d’une personne ? Avoir une vie pleine de sens. Accomplir ce pour quoi nous avons été mis sur cette terre. Quelle est notre mission ? Remplir ce monde de lumière divine et en faire une demeure digne de D.ieu.

Ainsi, si vous avez l’occasion de demander à D.ieu de pourvoir à vos besoins, puisque c’est en cela que consiste la prière, cela signifie que la prière est une demande à D.ieu de vous aider à accomplir votre mission sur terre.

Même si cela semble spirituellement élevé, ce que nous demandons à D.ieu pendant les prières de la Amida sont des choses tout-à-fait terre-à-terre, telles que guérir les malades et nous fournir une subsistance abondante. Si notre besoin le plus profond est d’avoir un sens et de faire descendre la lumière de D.ieu, pourquoi nos demandes concernent-elles des besoins matériels ?

Mais c’est exactement de cela qu’il s’agit. La lumière divine, étant spirituelle, requiert des vecteurs physiques pour se manifester.

Vous souvenez-vous de la métaphore qui compare la prière à la moelle épinière ? Les sages enrichissent cette métaphore en expliquant que la moelle épinière envoie des signaux nerveux du cerveau aux vertèbres, d’où elle s’étend au reste du corps, et les vertèbres sont en réalité un contenant pour la moelle épinière.

De même, la prière est comme une moelle épinière spirituelle à travers laquelle la lumière divine se propage depuis l’essence de D.ieu, et elle a besoin d’un contenant spirituel. Les contenants spirituels sont les bénédictions de la Amida. Les différentes demandes de la Amida sont différentes manières dont la lumière infinie de D.ieu descend dans ce monde. La lumière divine s’exprime dans des choses matérielles, telles que la santé, les moyens de subsistance et tous nos besoins physiques. Tout comme les vertèbres sont les récipients qui reçoivent les signaux nerveux de la moelle épinière, les bénédictions de la Amida sont les récipients qui reçoivent la grande lumière de D.ieu.

(Pour ceux qui aiment les chiffres : la Amida est également appelée chemoné esrei, qui signifie littéralement « 18 », car elle était à l’origine composée de 18 bénédictions. Cela fait écho aux 18 vertèbres qui soutiennent notre corps : les 12 vertèbres thoraciques, les cinq vertèbres lombaires et le sacrum. Les vertèbres cervicales ne font pas partie de ce décompte.)

Bien que plusieurs demandes soit consacrées à faire descendre la lumière divine dans des aspects spécifiques de nos vies, l’intention sous-jacente générale de la prière est de demander que le Or Eïn Sof, cette grande lumière spirituelle, descende dans ce monde physique. À cet effet, nous répétons le mot baroukh, qui signifie « faire descendre », de nombreuses fois dans la Amida.

Et que cherchons-nous à faire descendre ? Atah – « Tu », l’essence de D.ieu et Sa grande lumière. Dans quoi ? Dans ce monde matériel.

Et là est vraiment notre besoin le plus profond.

Réflexion spirituelle : Même en vous concentrant sur vos besoins personnels pendant la prière, gardez à l’esprit le besoin profond de révéler la lumière sacrée de D.ieu au sein du monde tangible.

Source : Maamar lo hibit avone biyakov dans Likoutei Torah, tel qu’expliqué dans ‘Hassidout Mevouéret, chapitre 2.