Si l’on te dit qu’il y a de la sagesse chez les autres peuples, crois-le.

Si l’on te dit qu’il y a de la Torah chez les autres peuples, ne le crois pas.1

La Torah, semble-t-il, se distingue de ce que nous appelons généralement la sagesse. Même le terme « sagesse divine » est insuffisant pour la décrire.

Notre univers est certes composé de sagesse divine, mais la Torah est plus que l’univers. Notre environnement, notre corps, et même la psyché avec laquelle nous observons tout cela, tous sont d’une conception insondable. « Que Tes œuvres sont merveilleuses, ô D.ieu », dit le psalmiste. « Tu les as tous faites avec sagesse ! »2 Les premiers mots de la Torah, « Au commencement, D.ieu créa... »3 sont rendus dans le Targoum de Jérusalem par « C’est avec sagesse que D.ieu créa ».

Les rabbins du Talmud nous ont même appris que la Torah est le plan de l’univers :

Selon le fonctionnement habituel du monde, quand un roi mortel se construit un palais, il ne le construit pas de son propre chef, mais en suivant les conseils d’un architecte. Et l’architecte lui-même ne se fie pas non plus à son seul esprit, mais il dispose d’esquisses et de plans pour savoir comment construire les pièces et comment construire les portes. De même, le Saint, béni soit-Il, a regardé dans la Torah et a créé le monde.4

Pourtant, les lois de la Torah sont quelque chose de plus que les lois de la nature.

La sagesse vous dit tout ce que le Créateur a créé et tout ce qui pourrait en découler. La Torah vous dit ce que le Créateur désire.

Quelle est donc la différence entre la sagesse et la Torah ? Elle est simple, c’est la distinction entre ce qui est et ce qui devrait être : la sagesse vous dit tout ce que le Créateur a créé et tout ce qui pourrait en découler ; la Torah vous dit ce que le Créateur désire de Sa création, et comment y parvenir.

Par exemple, la sagesse vous dit que la façon dont vous traitez les autres ne peut que vous retomber dessus. C’est à vous de décider si vous voulez que cela vous retombe dessus ou non.

La sagesse vous dit que conserver des biens qui ne vous appartiennent pas n’est peut-être pas une bonne idée, ni pour vous ni pour les personnes qui vous entourent. Mais c’est à vous de décider si vous voulez ou non subir ces conséquences pour profiter des avantages immédiats.

La Torah, en revanche, ne se contente pas d’informer, elle instruit. La Torah, c’est D.ieu, qui crée l’univers et soutient son existence à chaque instant, qui dit : « Que tu le comprennes ou non, que tu puisses te justifier ou non, ne vole pas. » C’est faire un pas au-delà de la sagesse.5

En effet, dans de nombreux cas, la Torah vous donnera l’instruction de faire quelque chose qui dépasse votre compréhension. Là encore, vous écoutez, non pas seulement parce que vous êtes assez sage pour savoir que les instructions de Celui qui a créé le ciel et la terre ne vont pas toujours correspondre à votre compréhension, mais aussi parce que ce sont des instructions, après tout, du Créateur du ciel et de la terre.

C’est également ce que Rabbi Shimon ben Lakish a voulu dire lorsqu’il a enseigné que « la Torah a précédé la création du monde de deux mille ans ».6 Il ne pouvait évidemment pas parler du temps chronologique, puisque le temps est également une création. Le sens est plutôt ontologique. La Torah fournit un contexte supérieur qui ne peut être connu à partir du monde lui-même, un contexte de sens et de but.7