Les lois de la Pureté Familiale sont une injonction divine. Il n’y a pas de meilleure raison, plus légitime, plus logique, plus essentielle pour les observer. C’est un commandement difficile, une discipline qui nécessite du temps, un investissement psychique et émotionnel. C’est une force qui s’oppose à l’appel de la chair, un mode de vie que la plupart des gens ne choisiraient pas ou ne concevraient pas. Il implique une suspension volontaire du libre arbitre, l’assujettissement de nos désirs les plus intimes à une volonté supérieure.

Et c’est là que réside la force de cette mitsva. La conscience qu’elle trouve sa source à un niveau plus élevé que l’ego – qu’elle n’est pas basée sur les émotions ou sur une décision subjective de l’un ou l’autre des époux – permet à la Pureté Familiale de contribuer au bien commun de la femme et du mari. Ironiquement, cette mitsva « insaisissable », bien plus que la plupart des autres mitsvot, nous révèle au quotidien sa bénédiction d’une façon tout à fait concrète. Sa récompense est à la hauteur du challenge que constitue son respect.

La relation homme-femme s’épanouit sur un mode de séparation et de retrouvaillesDe prime abord, le processus du Mikvé implique des limitations, des contraintes – une perte de liberté. En réalité, la liberté vient justement des restrictions. Des enfants (et des adultes) qui se sentent en sécurité, en confiance, à l’aise, sont disciplinés ; ils comprennent les contraintes et apprennent à se contrôler. Les pays stables où l’on se sent en sécurité, sont les territoires qui sont entourés de frontières bien définies, bien surveillées. En posant des limites, on crée la stabilité au milieu du chaos et de la confusion et cela nous permet de traverser ce long fleuve appelé « la vie » d’une façon progressive et productive. Et il n’est pas de domaine de la vie où cette chose est plus nécessaire que dans nos relations les plus intimes.

« De tous les arbres du Jardin tu peux manger, mais de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, tu ne peux pas manger... » C’est ce que D.ieu ordonna à Adam et Ève le jour de leur création. Mais ils succombèrent à la tentation ce fatal vendredi après-midi, et aussitôt l’histoire de l’humanité suivit un autre cours.

La nature complexe de la sexualité humaine trouve ses origines dans cette histoire. Car l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal contenait un mélange de bien et de mal et le comportement du premier homme vis-à-vis de cette « connaissance » a établi un nouvel ordre mondial : un monde où le bien et le mal sont entremêlés, un monde de confusion et de challenge, de choix multiples et de potentiels infinis.

Les relations intimes – l’une des multiples fonctions biologiques de l’être humain – n’étaient plus considérées comme aussi naturelles, aussi simples que les autres. Le renvoi du Jardin d’Éden signifiait une nouvelle approche de la sexualité : plus riche de sens, mais présentant aussi de nombreux risques de tensions. Elle portait la promesse de la plus grande satisfaction comme de terribles souffrances, de l’accomplissement le plus prometteur comme du sentiment dévastateur du vide absolu. Une union porteuse de sens nécessiterait désormais un engagement clair et constant, entretenu constamment par l’homme et par la femme. Mais même les plus grands efforts de la part de l’homme devraient être complétés par une aide d’En-Haut. Cette bénédiction proviendrait d’un réservoir appelé Mikvé, et l’Éden tel qu’il était avant la faute serait désormais inaccessible.

Même si cela peut sembler banal, le Mikvé offre aux couples la possibilité de revivre des « lunes de miel » régulières pendant toute la durée du mariage. En effet, une certaine monotonie, bien qu’apparemment inoffensive, peut infiltrer toute relation et saper ses fondations. L’injonction de la séparation mensuelle régulière entretient un sentiment de nostalgie et de désir – ou au moins un sentiment d’appréciation – qui précède l’émotion des retrouvailles.

Au cours de la vie, une sexualité continue peut conduire au déclin du désir et même de l’intérêt. La coupure mensuelle apprend au couple à apprécier le temps qu’il passe ensemble et lui donne matière à languir lorsqu’il est séparé. Chaque mois, le couple se sépare. Certes ce n’est pas toujours à sa convenance, ni facile à gérer, mais les époux ressentent un manque l’un pour l’autre. Ils comptent les jours jusqu’au moment où ils se retrouvent et, à chaque fois, ils perçoivent cette rencontre sous un jour nouveau. À ce propos, le Talmud déclare : « Afin qu’il la chérisse autant que le jour de son mariage. »

Le Mikvé 'Haya Mouchka de la Nouvelle Orléans
Le Mikvé 'Haya Mouchka de la Nouvelle Orléans

La relation homme-femme s’épanouit sur un mode de séparation et de retrouvailles. La Torah enseigne qu’à l’origine Adam et Ève furent créés comme un être unique, androgyne. Par la suite, D.ieu les sépara, leur garantissant ainsi d’une part l’indépendance et d’autre part la possibilité de choisir leur union. Depuis lors, les hommes et les femmes se séparent et se retrouvent. Le processus du Mikvé permet au couple marié de maintenir cette nécessaire dynamique. Au sein de leur engagement de vie commune et de fidélité, au sein de leur monogamie et de leur sécurité, ce mécanisme de vie est toujours en marche.

D.ieu a voulu que l’homme et la femme se trouvent par leurs propres efforts et qu’ils participent activement à cette recherche – pas seulement une fois, mais sans cesse – dans un processus continu afin de devenir « une seule chair ».

L’être humain a un penchant presque universel pour l’interdit. Le roi Salomon, le plus sage de tous les hommes, évoque « les eaux volées qui sont plus douces ». Combien d’hommes intelligents, de personnes sensées ont compromis leur vie de couple et leur famille en poursuivant des interdits à cause d’une promesse imaginaire de romantisme et de nouveauté. Le Mikvé introduit une nouvelle donne : l’épouse – la partenaire pour la vie, pour le meilleur et pour le pire – devient temporairement inaccessible, interdite, hors de portée. Cela donne souvent au couple l’opportunité, l’occasion de se considérer sous un angle nouveau. Durant ce moment de « retrait », de ce nouveau point de vue, les époux s’apprécieront avec un intérêt renouvelé.

La discipline imposée par la Taharat HaMichpa’ha est d’une aide précieuse dans d’autres domaines également : les fluctuations et la disparité dans le domaine du désir sexuel ne peuvent pas être complètement écartées. Mais la régularité du système du Mikvé permet d’apaiser les tensions qui naissent de ces problèmes. En effet, lorsqu’un couple est obligé de s’abstenir pendant au moins douze jours par mois, le temps de réunion dont il dispose est un temps privilégié, dont il va apprécier et savourer chaque moment.

Accueil du Mikvé-Spa de Seine et Marne à Pontault-Combault
Accueil du Mikvé-Spa de Seine et Marne à Pontault-Combault

Leur période de Niddah est, pour de nombreuses femmes, l’occasion de se retrouver, de réfléchir. De plus, elles ont pendant cette période un sentiment d’autonomie et de maîtrise de leur corps, y compris sur les relations qu’elles entretiennent avec leur époux. En effet, tout être humain se sent réconforté et rassuré à l’idée que nul ne peut agir à sa guise et selon ses fantaisies avec autrui.

Le bénéfice que la pratique de la Pureté Familiale apporte à la famille a été reconnu par de nombreux experts, Juifs comme non-juifs. Bien entendu ce type d’analyse, comme tout autre, peut être sujet à critique. Cependant, l’effet du Mikvé sur le peuple juif – la promesse d’espoir et de rédemption qu’il renferme – est enraciné dans la Torah et découle de la foi en D.ieu et en sa sagesse parfaite.