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ב"ה

Rambam - 3 chapitres par jour

Chapitre Premier, Chapitre Deux, Chapitre Trois

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Au nom du Seigneur, le D.ieu éternel

« Étends Ta bonté sur ceux qui Te connaissent, et Ta bienveillance sur les cœurs droits. »
(Psaumes 36,11)

Premier Livre, le livre de la Connaissance

Ses [ensembles de] lois sont au nombre de cinq, dont voici l’ordre :

Lois relatives aux fondements de la Torah.
Lois relatives aux traits de caractère.
Lois relatives à l’étude de la Torah.
Lois relatives au paganisme et aux traditions des païens.
Lois relatives au repentir.

Lois relatives aux fondements de la Torah

Elles comprennent dix commandements, six commandements positifs, et quatre commandements négatifs, dont voici le détail :
1. Savoir qu’il y a une existence première.
2. Ne pas imaginer qu’il existe un autre dieu hormis D.ieu.
3. Reconnaître Son unité,
4. L’aimer.
5. Le craindre.
6. Sanctifier Son Nom.
7. Ne pas profaner Son Nom.
8. Ne pas détruire les choses associées à Son Nom.
9. Écouter le prophète qui parle en Son Nom.
10. Ne pas Le mettre à l’épreuve.

L’explication de ces lois se trouve dans les chapitres que voici :

Chapitre Premier

1. Le fondement de tous les fondements et le pilier de toutes les sciences est d’être conscient qu’il est une Existence Première qui fait venir toute chose à l’existence. Toute chose existante du Ciel et de la Terre, ou intermédiaire, n’est venue à l’existence qu’en vertu de la réalité de Son existence.

2. Si l’on considérait qu’Il n’existe pas, rien d’autre ne pourrait exister.

3. Si l’on supposait que tous les autres êtres sont inexistants, Lui seul continuerait d’exister ; leur non-existence n’impliquerait pas Sa non-existence. Car tous les êtres ont besoin de Lui, mais Lui, béni soit-Il n’a pas besoin d’eux, ni d’aucun eux. C’est pourquoi, Sa réalité est différente de celle de chacun d’eux.

4. C’est ce que le prophète entend quand il dit : « L’Eternel D.ieu est vrai » ; Lui seul est réel, et aucun autre n’a une réalité semblable à la Sienne. C’est [cette idée] que la Torah exprime [dans le verset] : « Il n’est rien d’autre que Lui », c'est-à-dire « il n’est pas d’existence autre que Lui qui est réelle comme Lui ».

5. Cette existence est le D.ieu du monde, et maître de la Terre entière ; Il dirige la sphère avec une force infinie et illimité, force qui est ininterrompue. En effet, la sphère tourne sans cesse, et il est impossible qu’elle tourne sans cause qui la fasse tourner ; c’est Lui, béni soit-Il, qui la fait tourner, sans main, et sans corps.

6. Reconnaître cela est un commandement positif, comme il est dit : « Je suis l’Eternel ton D.ieu ». Qui imagine qu’il existe un autre dieu hormis Lui transgresse un commandement négatif, comme il est dit : « Tu n’auras point d’autre dieu devant Moi », et nie [le principe] essentiel [du judaïsme], car [cette doctrine] est le principe de base dont tout dépend.

7. Ce D.ieu est Un. Il n’est pas deux ou plus, mais Un ; Son unité est différente de toute unité existante en le monde, c'est-à-dire qu’il n’est pas Un comme une catégorie générale qui inclus plusieurs entité, ni Un à la manière d’un corps qui est divisé en différentes parties et dimensions. [Son] Unité ne trouve pas d’exemple dans le monde. S’il y avait une pluralité de dieux, ils auraient un corps et une forme, car toutes les entités semblables ne se distinguent que par les attributs liés au corps et aux formes. Et si le Créateur avait un corps et une forme, il aurait une fin et une limite, car il est impossible qu’un corps soit infini. Et tout [être] dont le corps est fini et limité, sa force est également finie et limitée. Or, notre D.ieu, béni soit Son Nom, possède une force infinie et incessante, puisque la sphère continue de tourner, Sa force n’est pas une force corporelle. Et étant donné qu’Il n’est pas un corps, les propriétés du corps qui créent la division et la séparation ne Lui sont pas associées. Par conséquent, il est impossible qu’Il soit autre qu’Un. La connaissance de ce concept est un commandement positif, comme il est dit : « l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est Un ».

8. [Cette doctrine, à savoir] que le Saint béni soit-Il n’a pas de corps, ni de forme, est exprimée dans la Torah et les prophètes, comme il est dit : « que l’Eternel est D.ieu, dans les Cieux en haut et ici-bas sur Terre » ; or, un corps ne peut se trouver en deux endroits en même temps. Et il est dit : « car vous n’avez vu aucune image », et il est dit : « À qui m’assimileriez-vous, à qui ressemblerai-Je ? » ; or, s’il avait un corps, il ressemblerait aux autres corps.

9. Puisqu’il en est ainsi, quel est donc le sens des expressions mentionnées dans la Torah : « Sous ses pieds », « écrites du doigt de D.ieu », « la main de l’Eternel », « yeux de l’Eternel », « oreilles de l’Eternel », et [expressions] semblables ? Toutes [ces expressions] sont adaptées à [la sagacité de] l’esprit humain, qui ne perçoit que le corporel. La Torah s’est exprimée dans la langage de l’homme, et toutes [ces expressions] sont des métaphores, comme il est dit : « J’aiguiserai l’éclair de Mon glaive » ; Porte-t-Il un glaive et tue-t-Il avec un glaive ? [Ce terme] est donc employé allégoriquement, et ainsi, toutes [ces phrases sont à comprendre] dans le même esprit. La preuve en est qu’un prophète dit avoir aperçu le Saint Béni soit-Il ayant « un vêtement blanc comme la neige », et un autre [dit L’avoir vu avec] « des vêtements teints de rouge de Boçra ». Moïse lui-même Le vit sur la mer comme un vaillant faisant la guerre, et au Sinaï, comme un ministre officiant enveloppé [de son châle de prière] ; [tout cela] indique qu’il n’a pas ni silhouette, ni forme. Ces [images ne] sont [que] des visions prophétiques. Mais l’[existence de D.ieu tel qu’Il est] véritablement, l’esprit humain n’est pas à même de la saisir et de la rechercher. Tel est le sens du verset : « Peux-tu, en cherchant, trouver D.ieu, trouver la perfection du Tout-Puissant ? »

10. Que Moïse voulut-il donc percevoir, quand il dit : « Monte-moi, de grâce, Ta gloire » ? Il voulut appréhender la réalité de l’existence du Saint béni soit-Il, de manière à l’intérioriser dans son esprit ; comme l’on connaît un homme, dont on a vu le visage et dont on a l’image gravée dans l’esprit, ce qui fait qu’on le distingue des autres personnes, ainsi, Moïse voulu [connaître l’existence de D.ieu] de manière à ce que Son existence soit distinct en son esprit des autres [formes d’]existence, au point de connaître la réalité de Son existence, telle qu’elle est. [D.ieu,] Béni soit-Il, lui répondit qu’il n’est pas dans le pouvoir de l’être humain vivant, fait d’un corps et d’une âme, de saisir pleinement cette réalité. [Néanmoins,] le Saint béni soit-Il lui révéla ce auquel personne n’avait eu accès auparavant – et n’aura jamais accès par la suite – jusqu’à ce qu’il perçut un tant soit peu la réalité de Son existence. Dans son esprit, le Saint béni soit-Il fut distinct des autres êtres, comme l’on pourrait distinguer un homme que l’on a vu de dos – et dont on a embrassé [du regard] tout le corps et les vêtements – d’un autre homme. C’est à cela que l’Ecriture fait allusion, dans le verset : « Tu Me verras par derrière, mais Ma face ne peut être vue ».

11. Attendu qu’il est évident qu’Il n’a pas de corps et de forme, il est également clair qu’aucun attribut propre au corps ne lui est approprié : ni lien ni séparation, ni lieu ni mesure, ni montée ni descente, ni gauche, ni droite, ni devant ni derrière, ni position assise ou debout. Il n’est pas [non] sur un plan temporel pour avoir un début et une fin, et un nombre d’années. Il n’est sujet à aucun changement, car il n’est aucun facteur qui ne lui cause de changement. Il n’est sujet ni à la mort, ni à la vie semblable à la vie du corps. Il n’est pas [définissable en termes d’]ineptie ou de sagesse semblable à la sagesse humaine. [Il n’a] ni sommeil ni lever, ni colère ni rire, ni joie ni tristesse, ni silence ni parole semblable à l’expression humaine. Telle est la sentence des sages : « il n’y a en haut ni position assise ou debout, ni séparation ni lien ».

12. Ceci étant, les expressions [susmentionnées] du pentateuque et des livres des prophètes sont toutes métaphoriques et rhétoriques. Par exemple, « Celui qui siège dans les cieux rira », « Ils m’ont mis en colère avec leurs vanités », « comme l’Eternel s’était plu », et [expressions] semblables. À ce propos, les sages ont dit : « La Torah s’exprime dans le langage de l’homme ». Et de même, il est dit : « Est-ce Moi qu’ils mettent en colère », et il est dit : « Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé » ; or, s’Il était parfois en colère et parfois allègre, ce serait un changement. Tous ces états n’existent que chez les êtres physiques obscurs et bas, qui résident dans les maisons d’argiles, et ont leurs fondements dans la poussière. Mais Lui, béni soit-Il est élevé et exalté au-dessus de tout ceci.

Lois des fondements de la Torah : Chapitre Deux

1. Ce D.ieu, honoré et révéré, il nous incombe de L’aimer et de Le craindre, comme il est dit : « Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu », et il est dit : « tu craindras l’Eternel ton D.ieu ».

2. Quel est le chemin [conduisant à] l’amour et à la crainte [de D.ieu] ? Quand une personne médite sur Ses actions et Ses créatures grandes et merveilleuses, et y voit Sa sagesse incomparable et infinie, immédiatement, elle aime, loue, et glorifie [D.ieu] et aspire d’un immense désir à connaître le Grand Nom, comme dit David : « Mon âme a soif de D.ieu, du D.ieu vivant ». Se recueillant sur ces idées, il reculera immédiatement, effrayé, et prendra conscience qu’il [n’]est [qu’]une petite créature, basse et obscure, dotée d’une frêle et maigre intelligence, se tenant devant Celui dont la connaissance est parfaite, comme le dit David : « Lorsque je contemple tes cieux, œuvre de Tes doigts […] qu’est donc l’homme, que Tu penses à lui ». En harmonie avec ces principes, je vais exposer certains aspects généraux de l’œuvre du Maître du monde qui, pour la personne dotée d’intelligence, serviront de porte d’accès à l’amour de D.ieu, comme l’ont dit les sages, à propos de l’amour [de D.ieu] : « De cette manière, tu prendras conscience de Celui Qui dit et le monde fut ».

3. Tout ce que D.ieu a créé dans son monde est divisé en trois catégories : certaines créatures sont combinées de matière [corps] et de forme [âme]. Invariablement, ils viennent à l’existence, puis, se décomposent [pour rejoindre l’état initial]. Ce sont par exemple les corps des hommes, des animaux, des végétaux et des métaux. Certaines créatures sont combinées de matière [un corps] et de forme [l’âme], mais ne change d’un corps à un autre, et d’une forme [d’une âme] à une autre, comme les premiers. Plutôt, leur forme [l’âme] est fixée pour toujours dans leur matière, et ils ne subissent pas de changement comme [les premiers] ; ce sont les sphères et les étoiles. Leurs corps n’est pas semblable aux autres corps, et leur forme [âme] n’est pas semblable aux autres. Certaines créatures ont une forme [une âme] sans corps, ce sont les anges. Les anges n’ont pas corps ni de matière ; ce sont des formes sont séparées l’une de l’autre.

4. Qu’entendent donc les prophètes, quand ils disent avoir vu un ange en feu, pourvu d’ailes ? Toutes [ces images] sont des visions prophétiques et des allégories, pour exprimer [l’idée] qu’il [un ange] n’est pas un corps, et n’a pas de masse comme un corps. [Cette idée est également exprimée dans le verset] « Car l’Eternel ton D.ieu est un feu dévorant », bien qu’Il ne soit pas feu [une telle description] est donc seulement métaphorique. De même, il est dit : « Il fait ses anges comme des vents ».

5. Comment est-ce que les formes [des anges] sont-elles séparées l’une de l’autre, puisqu’elles ne sont pas des corps ? Parce que leurs êtres sont différents ; chacun est en dessous du niveau de l’autre et existe en vertu de l’influence de ce dernier, et tous existent en vertu de l’influence du Saint béni soit-Il et de Sa bonté. Telle est l’allusion que fit Salomon, dans sa sagesse, quand il dit : « c’est que celui qui est élevé est contrôlé par un supérieur ».

6. L’expression susmentionnée « en dessous du niveau de l’autre » n’a aucune connotation spatiale, comme l’on dirait d’un homme qui siège plus haut qu’un autre. [Au contraire, son sens est purement spirituel,] comme l’on dirait de deux sages, dont l’un dépasse l’autre en sagesse, qu’il est « au-dessus du niveau de l’autre », ou comme l’on dirait d’une cause, qu’elle est supérieure à son effet.

7. Les différents noms des anges reflètent leurs niveaux. Ainsi, ils sont appelés : a) les saints ‘hayot, b) les ofanim, les erelim, les ‘hachmalim, les serafim, les mala’him, les élokim, les fils des élokim, les krouvim et les ichim. Ces dix noms qui désignent les anges reflètent leurs dix niveaux [spirituels différents]. Le plus haut niveau, qui n’a de supérieur que le niveau de D.ieu, béni soit-Il, est celui de la forme appelée ‘hayot. C’est pourquoi, il est dit dans la vision prophétique qu’ils [ces anges] sont en dessous du Trône de gloire. Le dixième niveau, est le niveau de la forme appelée ichim ; ce sont les anges qui parlent avec les prophètes et apparaissent dans leurs visions prophétiques. Aussi sont-ils appelés ichim, car leur niveau est proche du niveau de l’esprit humain.

8. Toutes ces formes vivent, perçoivent le Créateur, et Le connaissent de manière très avancée, chaque forme selon son propre niveau, non selon Sa [véritable] grandeur . Même la forme la plus élevée ne peut pas appréhender la réalité du Créateur telle qu’Il est, son esprit étant trop limiter pour percevoir et saisir cela. Néanmoins, sa perception et sa connaissance sont supérieures à celles de la forme inférieure. Et de même pour chaque forme, jusqu’à la dixième ; cette dernière également connaît le Créateur d’une manière non accessible par les êtres humains faits de matière et de forme. Aucune [de ces formes] ne connaît le Créateur tel qu’Il Se connaît Lui-même.

9. Tout être, à l’exception du Créateur, de la forme la plus élevée jusqu’au petit moustique sur la terre, est venu à l’existence par le pouvoir de Sa réalité. Et puisqu’Il se connaît Lui-même, et est conscient de Sa grandeur, Sa splendeur et Sa réalité, Il connaît tout, et rien ne Lui est caché.

10. Le Saint, béni soit-Il, est conscient de Sa réalité et connaît celle-ci telle qu’elle est, non par une connaissance qui Lui est extérieure, comme notre connaissance. En effet, notre connaissance est distincte de nous-même. Mais le Créateur, béni soit-Il, Lui, Sa connaissance, et Sa vie sont Un, sous tous les aspects et tous les angles, quelle que soit la façon de concevoir Son unité. S’il vivait une vie [telle celle des autres êtres], et que Sa connaissance était extérieure à Lui, il y aurait une pluralité de dieux : Lui, Sa vie, Sa connaissance. On doit donc conclure qu’Il est Celui qui connait, Il est ce qui est connu et Il est la connaissance elle-même, tout cela ne faisant qu’un. Cette notion, il n’est pas la bouche n’a pas le pouvoir de l’exprimer, l’oreille de l’entendre, et l’esprit de l’appréhender pleinement. C’est pourquoi, [l’Ecriture] dit : « Par la vie de Pharaon », « Par la vie de ton âme », mais non « Par la vie de l’Eternel » ; [la phrase employée est] « comme D.ieu vit », car le Créateur et Sa vie ne sont pas deux [entités distinctes], comme la vie des corps vivants ou comme la vie des anges. C’est pourquoi, Sa conscience et Sa connaissance des créatures ne sont pas dues à celles-ci, comme nous les connaissons ; Il les connaît du fait de Lui-même. Aussi, Se connaissant, Il connaît tout, car l’existence de tout dépend de Lui.

11. Ce qui a été exposé sur ce thème dans ces deux chapitres n’est qu’une goutte dans l’océan comparé à ce qu’il est nécessaire de préciser sur ce sujet. L’explication de tous les principes fondamentaux abordés dans ces deux chapitres est appelé Maasei Merkava.

12. Les sages d’antan ont enjoint de n’exposer ces notions qu’[en privé,] à une seule personne, et ce, à condition qu’elle soit sage, et soit capable de raisonner indépendamment. Dans ce cas [seulement], les intitulés des chapitres lui sont communiqués et le sujet lui est exposé un tant soit peu. Il lui appartient alors d’en développer les conclusions et de pénétrer les profondeurs du sujet. Ces notions sont extrêmement profondes et l’esprit de tout un chacun n’est pas à même d’y accéder. À ce propos, [le roi] Salomon dit, par allégorie : « et tu auras des brebis pour te vêtir », allégorie que les sages ont ainsi expliquée : « des choses qui traitent du mystère de l’univers seront des vêtements pour toi, c'est-à-dire pour toi uniquement, tu ne devras pas les exposer publiquement ». À ce sujet, il [le roi Salomon] dit [également] : « Réserve-les à toi seul, et non pour l’étranger avec toi ». Il dit encore : « Du miel et du lait sont sous ta langue », [texte que] les sages d’antan ont expliqué de la manière suivante : « les choses qui sont comme le lait et le miel devront être [cachées] sous ta langue ».

Lois des fondements de la Torah : Chapitre Trois

1. Les sphères sont appelées cieux, firmament, Zvoul, et Ararot. Ces sphères sont au nombre de neuf. La sphère la plus proche est la sphère de la lune. La seconde qui est au-dessus est la sphère dans laquelle se trouve la planète Kokhav (Mercure). La troisième sphère au-dessus [est la sphère] dans laquelle se trouve [la planète] Noga (Vénus). La quatrième sphère [est la sphère dans laquelle] se trouve le soleil. La cinquième sphère [est la sphère] dans laquelle se trouve [la planète] Madim (Mars). La sixième sphère [est la sphère] dans laquelle se trouve la planète Tsedek (Jupiter), la septième sphère [est la sphère] dans laquelle se trouve [la planète] Chabtaï (Saturne). La huitième sphère englobe toutes les autres étoiles visibles dans le firmament. La neuvième sphère est une sphère qui fait une révolution quotidienne d’Est en Ouest ; elle entoure et fait tourner toutes [les autres]. La raison pour laquelle toutes les étoiles et planètes semblent appartenir à la même sphère, bien que l’une soit plus haute que l’autre, est que les sphères sont pures et limpides comme le verre et le diamant. Ainsi, toutes les étoiles de la huitième sphère paraissent se trouver en dessous de la première sphère.

2. Chacune des huit sphères qui englobent les étoiles et les planètes est divisée en plusieurs sphères, l’une au-dessus de l’autre à l’instar des couches d’un oignon ; certaines sphères tournent d’Ouest en Est, et d’autres d’Est en Ouest, comme la neuvième sphère. Il n’y a aucun espace vide entre toutes [ces sphères].

3. Les sphères ne sont ni légères, ni lourdes. Elles n’ont ni teinte rougeâtre, ni teinte noirâtre, ni une autre teinte. Cette couleur azur que nous voyons est une impression due à la hauteur du ciel. De même, elles n’ont ni goût, ni odeur, car ces propriétés n’existent que chez les corps inférieurs [à la sphère de la lune].

4. Toutes ces sphères qui enveloppent le monde sont sphériques comme un ballon, et la Terre est suspendue au centre. Certaines étoiles ont de petites sphères auxquelles elles sont fixées, mais ces sphères n’enveloppent pas la Terre ; plutôt, une petite sphère qui n’enveloppe pas [la Terre] est fixée à une grande sphère qui enveloppe [la terre].

5. Les sphères qui enveloppent le monde sont au nombre de dix-huit. Les petites sphères qui n’enveloppent pas [le monde] sont au nombre de huit. Connaissant le mouvement des planètes et des étoiles, la mesure de leur rotation quotidienne et horaire, leur inclinaison vers le Nord ou vers le Sud, et leur distance par rapport à la terre, il est possible de déterminer le nombre de sphères, leur mouvement et leur révolution. Ceci est la science de l’astrométrie. Les sages grecs ont rédigé de nombreux ouvrages sur le sujet.

6. La neuvième sphère, qui enveloppe toutes [les autres], les sages d’antan l’ont partagée en douze zones, donnant à chaque zone un nom suivant la forme représentée par les étoiles en dessous ; ce sont les constellations, qui portent les noms : Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau, Poissons.

7. La neuvième sphère en soi n’a aucune division, ni aucune de ces formes, ni étoile ; ce sont les grandes étoiles de la huitième sphère qui, regroupées ensemble, dessinent ces formes-là, ou [des formes] à peu près équivalentes. Ces douze formes correspondaient à ces douze zones à l’époque du déluge, et c’est alors qu’elles reçurent leurs noms. Néanmoins, elles se sont maintenant légèrement déplacées, car toutes les étoiles de la huitième sphère tournent, comme le soleil et la lune, si ce n’est qu’elles tournent plus lentement. [L’angle] parcouru par le soleil en un jour est parcouru par les autres étoiles en 70 ans environ.

8. Parmi toutes les planètes et étoiles visibles, certaines sont petites, plus petites même que la Terre, et certaines sont immenses, et font plusieurs fois la taille de la terre. La terre est environ quarante plus grande que la lune. Le soleil est environ 170 fois plus grand que la terre. Ainsi, la lune représente environ 1/6800 du soleil. Il n’est parmi toutes ces planètes et étoiles de plus grande que le soleil, ni de plus petite que Mercure qui se trouve dans la seconde sphère.

9. Toutes les étoiles, planètes, et les sphères sont dotées d’une âme, de connaissance, et d’intelligence. Elles vivent et perçoivent Celui Qui a dit et le monde fut ; chacune, selon sa grandeur et selon son niveau, loue et exalte son Créateur comme les anges. Et de la même manière qu’elles perçoivent le Saint béni soit-Il, ainsi, elles se ressentent elles-mêmes, ainsi que les anges qui leur sont supérieurs. La perception des étoiles et des sphères est inférieure à celle des anges, mais est supérieure à celle des hommes.

10. D.ieu créa en dessous de la sphère de la lune une matière différente de celle des sphères. Il créa quatre formes à cette matière, elles-mêmes différentes de la forme des sphères. Chaque forme fut associée à une partie de cette matière : la première forme, la forme du feu, fut combinée à une partie de cette matière, et elles formèrent ensemble le corps du feu. La seconde forme, la forme du vent, fut combinée à une partie [de cette matière], et toutes deux formèrent ensemble le corps du vent. La troisième forme, la forme de l’eau, fut combinée à une partie [de cette matière] et les deux formèrent ensemble le corps de l’eau. La quatrième forme, la forme de la terre, fut combinée à une partie [de cette matière] et les deux formèrent ensemble le corps de la terre. Il y a donc, en dessous du firmament, quatre corps distincts, l’un au-dessus de l’autre, et chacun enveloppe celui qui lui est inférieur de tous les côtés, comme une sphère. Le premier corps, le plus proche de la sphère de la lune, est le corps du feu. [Celui] qui est en dessous est le corps du vent. [Celui] qui est en dessous est le corps de l’eau. [Celui] qui est en dessous est le corps de la terre. Il n’est entre eux aucun espace vide, sans corps.

11. Ces quatre corps n’ont pas d’âme, et n’ont ni connaissance, ni conscience, mais sont comme des corps morts. Chacun d’eux a des propriétés qu’il ne connaît, ni ne saisit, et qu’il ne peut changer. Ce que dit David : « Louez l’Eternel sur toute l’étendue de la terre : monstres marins et profondeurs ; feu et grêle, neige et vapeur » [doit être ainsi compris] : « Louez-Le, hommes, en voyant Sa puissance à travers le feu, la grêle, et les autres créatures que vous voyez en dessous du firmament, car Sa puissance est manifeste pour le petit comme pour le grand.

La Paracha
Parachat ‘Houkat
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