ב"ה

Rambam - 1 chapitre par jour

Lois des Serments : Chapitre Premier

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« Les vœux de ma bouche, de grâce, agréée, D.ieu, et enseigne moi Tes lois »
(Psaumes 119,108)

Sixième Livre, le Livre des Propos

qui comprend quatre [ensembles de] lois dont voici le détail :

Lois des serments
Lois des vœux
Lois du naziréat
Lois des évaluations et des biens consacrés

Lois des Serments

elles comprennent cinq commandements, un commandement positif et quatre commandements négatifs, dont voici le détail :

1. ne pas prêter serment sur Son nom pour mentir
2. ne pas de prêter serment sur Son nom en vain
3. ne pas nier [que l’on a encore en sa possession] un objet qui nous a été confié
4. ne pas prêter serment pour contester le fait que l’on doit de l’argent
5. ne pas prêter serment sur Son nom pour dire la vérité

Et l’explication de ces commandements est présentée dans les chapitres qui suivent.

Chapitre Premier

1. Il y a quatre catégories de serments. Le serment sur une déclaration, le serment vain, le serment lié à un dépôt, et le serment lié à un témoignage. Le serment sur une déclaration est celui évoqué dans la Torah [dans le verset] : « ou une personne qui prêterait serment exprimant par les lèvres, pour faire du mal ou pour faire du bien ». Elle se subdivise en quatre catégorie : deux pour [lesquelles on décrit un événement qui se produira dans] le futur et deux pour [lesquelles on décrit un événement qui s’est produit dans] le passé. Par exemple, on prête serment qu’un événement, dans le passé, s’est produit ou ne s’est pas produit, ou [on prête serment] qu’un événement futur se produira ou ne se produira pas.

2. Et le serment sur une déclaration ne concerne que les choses qu’il [celui qui prête serment] peut faire, pour le [un événement] futur comme pour le [un événement] passé. Comment cela s’applique-t-il pour le [un événement] passé ? [Une personne prête serment en disant : « Je prête serment] que j’ai mangé » ou bien « que j’ai jeté une pierre dans la mer », ou « qu’untel a parlé avec untel », ou « que je n’ai pas mangé », ou [il prête serment] qu’il n’a pas jeté une pierre dans la mer, ou qu’untel n’a pas parlé avec untel. Comment cela s’applique-t-il pour le [un événement] futur ? [Une personne prête serment en disant : « Je prête serment] que je mangerai » ou « que je ne mangerai pas », « que je jetterai » ou « que je ne jetterai pas une pierre dans la mer ». Il y a là deux [catégories de serments] pour [les événements qui se sont produit dans] le passé et deux [catégories de serments] pour [les événements qui se produiront dans] le futur.

3. Si quelqu’un a prêté l’un de ces [types de] serments et qu’il l’a infirmé, par exemple s’il a prêté serment qu’il ne mangera pas et a mangé ou [s’il a prêté serment] qu’il mangera et n’a pas mangé, ou [s’il a prêté serment en disant : « Je prête serment] que j’ai mangé » alors qu’il n’a pas mangé ou [s’il a prêté serment en disant : « Je prête serment] que je n’ai pas mangé » alors qu’il a mangé, il y a là un serment mensonger. Et c’est concernant cela et ce qui est semblable qu’il est dit « Ne prêtez pas serment sur Mon nom pour le mensonge ». Et s’il a prêté un serment mensonger de manière consciente, il se voit infliger la flagellation [d’ordre Torahnique]. [S’il a prêté un serment mensonger] de manière inconsciente, il offre un sacrifice [dont la nature est] variable [et dépend de sa situation financière], comme il est dit [à propos du sacrifice de nature variable] : « Si cela [le fait qu’il est en train de prêter un serment mensonger] lui a échappé et qu’il en a eu connaissance et est devenu coupable, etc. »

4. Le serment vain se subdivise en quatre catégories. Dans la première, on prête serment à propos d’une chose dont on sait qu’elle n’est pas vraie. Comment cela s’applique-t-il ? Par exemple, si quelqu’un prête serment qu’un homme est une femme ou qu’une femme est un homme, ou qu’une colonne de marbre est en or, et de même pour tous les cas semblables.

5. Dans la deuxième [catégorie de serments vains], on prête serment à propos d’une chose connue pour laquelle l’homme n’a aucun doute qu’elle est vraie. Par exemple, si quelqu’un prête serment en montrant les cieux que ce sont les cieux, ou sur [il prête serment en montrant] une pierre que c’est une pierre, ou sur [il prête serment en montrant] deux [choses] qu’elles sont deux, et de même pour tous les cas semblables. Car un homme normal n’a pas de doute qu’une telle chose est vraie pour qu’il soit nécessaire de valider la chose par un serment.

6. Dans la troisième [catégorie de serments vains], on prête serment de ne pas observer un commandement. Comment cela s’applique-t-il ? Par exemple, quelqu’un prête serment de ne pas s’envelopper des tsitsit, ou de ne pas revêtir les phylactères, ou de ne pas résider dans la cabane lors de la fête des cabanes, ou de ne pas consommer de pain azyme le soir de Pessa’h, ou [il prête serment] de jeûner les Chabbat et les jours de fête, et de même pour tous les cas semblables.

7. Dans la quatrième [catégorie de serments vains], on prête serment de faire quelque chose que l’on n’a pas la force de faire. Comment cela s’applique-t-il ? Par exemple, quelqu’un prête serment de ne pas dormir trois jours et trois nuits de suite, ou bien [il prête serment] de ne rien goûter sept jours successifs, et de même pour tous les cas semblables. Toute personne qui prête un de ces quatre types de serments vains transgresse une interdiction [d’ordre Torahnique] comme il est dit « Tu ne prononcera pas le nom de l’Eternel ton D.ieu en vain ». Et s’il était conscient [de l’interdiction], il se voit infliger la flagellation [d’ordre Torahnique] et s’il était inconscient [de l’interdiction], il est exempt de toute [sanction].

8. Quelle est la définition du serment lié à un dépôt ? Toute personne qui a la garde du bien de son prochain, qu’il s’agisse d’un objet confié ou d’un prêt d’argent, ou qui l’a volé [son prochain] ou lui a refuser le paiement de son salaire, ou qui a trouvé un objet perdu lui appartenant et qu’il ne le lui a pas rendu, ou toute situation semblable, puis il [la personne lésée] lui a exigé l’argent qu’il détient et ce dernier a nié [devoir cet objet ou cette somme d’argent], il [celui qui nie] transgresse une interdiction, comme il est dit « Vous ne nierez pas ». Ceci constitue l’interdiction de nier [devoir] de l’argent [d’autrui alors qu’on le doit], et on ne se voit pas infliger la flagellation pour [la transgression de] cette interdiction [car il donne lieu à un remboursement]. Et s’il [celui qui nie devoir un bien alors qu’il le doit] lui a prêté [à celui qui demande la restitution de son bien] un serment mensonger [en jurant qu’il ne le doit pas], il transgresse une autre [deuxième] interdiction, et à ce propos, il a été dit « Et vous ne mentirez point l’un à l’autre » : ceci est l’interdiction concernant celui qui prête serment pour nier [devoir de] l’argent. Et ce serment est [celui] désigné par [l’expression] « serment lié à un dépôt ».

9. Et de quoi est-on redevable pour un « serment lié à un dépôt » qu’on a prêté de manière mensongère ? On paie la valeur niée augmentée d’un cinquième . Et il offre une offrande de culpabilité, qu’il ait été conscient ou inconscient, comme il est dit « et il conteste à son ami [devoir] un objet confié ou une somme ou un objet [qu’il a] volé…et ce sera, s’il faute et se rend coupable » et il n’a pas été dit [dans le verset] « et cela lui a échappé » [contrairement au cas d’un serment sur une déclaration cf. § 3], cela, pour définir comme passible [d’une offrande de culpabilité et d’une amende d’un cinquième en sus du montant] celui qui est conscient de la même manière que celui qui est inconscient.

10. Et ceci [une personne se rend coupable d’avoir prêté un « serment lié à un dépôt » de manière mensongère] à condition qu’il soit conscient [d’avoir en sa possession] l’objet confié ou [qu’il doit] l’argent qu’il a emprunté et qu’il en ait connaissance au moment du serment [qu’il prête]. Par contre, s’il a été inconscient et a oublié qu’il détient de l’argent, puis a prêté serment et ensuite en a eu connaissance [souvenir], il est [considéré comme étant] dans un cas de force majeure et est exempt de tout[e peine, c’est-à-dire de l’amende et de l’offrande]. Et de même, s’il ne savait pas qu’il est interdit de prêter serment de manière mensongère pour nier [devoir] de l’argent, il est [considéré comme étant] dans un cas de force majeure et est exempt de tout[e peine].

11. Etant donné ce principe, quelle est la définition du cas involontaire du « serment lié à un dépôt » [à propos duquel il a été mentionné au §9 qu’on est passible d’une offrande expiatoire et d’une amende] ? Par exemple, si une personne a oublié si l’on se rend redevable d’un sacrifice ou non [en prêtant de manière mensongère un « serment lié à un dépôt »] tout en sachant que cela est interdit et qu’il détient l’argent [qu’il nie devoir] : cela est la définition du cas involontaire pour ce qui le concerne [le « serment lié à un dépôt »]. Et le cas volontaire correspond au cas où il [celui qui prête ce serment mensonger] sait qu’on se rend redevable d’un sacrifice.

12. Quelle est la définition du « serment lié à un témoignage » ? Des témoins qui pouvait en témoigner [d’un fait relevant du domaine] de l’argent, puis la personne bénéficiaire du témoignage leur a demandé de témoigner en sa faveur, et ils ont nié [pouvoir apporter] leur témoignage, n’ont pas témoigné et ont prêté serment qu’ils ne connaissent pas de témoignage [à apporter], ceci [le serment par lequel ils jurent qu’ils ne peuvent pas témoigner] est appelé « serment lié à un témoignage » et ils se rendent passible pour ce témoignage [mensonger] d’un sacrifice de nature variable [en fonction des moyens de la personne qui l’offre], qu’ils [ceux qui portent ce faux témoignage] soient conscients ou inconscients, comme il est dit [à propos de la sanction encourue pour un tel faux témoignage] : « une personne qui fauterait, entendrait la voix d’un serment tout en étant témoin… », et il n’a pas été dit [dans le verset] « et cela lui a échappé », cela, pour définir comme passible [d’une offrande] celui qui est conscient de la même manière que celui qui est inconscient.

13. Quelle est la définition du cas involontaire [inconscient, pour lequel on est aussi coupable] du « serment lié à un témoignage » ? Par exemple, une personne a oublié si l’on se rend redevable d’un sacrifice tout en sachant qu’un tel serment est interdit et qu’il est mensonger. Et le cas volontaire correspond au cas où il [celui qui prête ce serment mensonger] sait qu’on se rend redevable d’un sacrifice. Mais s’il ne savait pas qu’il [ce serment] est interdit, ou s’ils [les témoins potentiels] ont oublié le témoignage et ont prêté serment [qu’ils n’ont pas à témoigner pour cette personne], puis ils ont eu connaissance qu’ils pouvaient témoigner en sa faveur et qu’ils ont prêté un serment mensonger, ils sont [considérés comme étant] dans un cas de force majeure et sont exemptés de sacrifice.

About the book
Featuring a modern English translation and a commentary that presents a digest of the centuries of Torah scholarship which have been devoted to the study of the Mishneh Torah by Maimonides.
Au sujet de l'éditeur
Moznaim
Moznaim is the publisher of the Nehardaa Shas, a new, state-of-the-art edition of the Talmud and all major commentaries in 20 volumes. Click here to purchase or email the publisher at [email protected]