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Rambam - 3 chapitres par jour

Lois de la maison d’élection: Chapitre Cinq, Lois de la maison d’élection: Chapitre Six, Lois de la maison d’élection: Chapitre Sept

Lois de la maison d’élection : Chapitre Cinq

Pour l'ensemble de ce chapitre, se référer au plan général du Temple (par commodité, ce lien s'ouvre dans une autre fenètre)

1. La Montagne du Temple - le Mont Moriah - mesurait cinq cents coudées sur cinq cent coudées, et était entourée d’une muraille. Des voûtes superposées étaient construites en sous sol, pour parer à l’impureté.1 Elle était toute entière couverte de l’intérieur par une succession de galeries.

2. Elle avait cinq entrées : une à l’Ouest, une à l’Est une au Nord, et deux au Sud. La largeur de chaque portail était de dix coudées, et sa hauteur vingt coudées, et ils étaient munis de vantaux.

3. En dedans de la muraille, un grillage - Soreg - en faisait le tour, haut de dix palmes. Plus en dedans, un muret de dix coudées - le ‘Heil2 -, évoqué dans les Lamentations « rempart et muraille ont pris le deuil »3, c'est le muret de la Azarah.

4. En dedans du ‘Heil, l’enceinte de la Azarah, qui mesurait en tout 187 coudées de long, sur 135 coudées de large, et qui avait sept portes : trois au Nord, près de l’angle Ouest, trois au Sud, près de l’Ouest, et une à l’Est, en plein milieu, face au Saint des Saints.4

5. Chacun de ces portails mesurait dix coudées de large pour vingt coudées de hauteur, et les portes en étaient recouvertes d’or, excepté la porte Est qui était couverte d’un cuivre semblable à de l’or. Cette porte était appelée la Porte Supérieure, et c’était celle-là la « Porte de Nicanor ».

6. La Azarah n’était pas au centre du Mont du Temple. Elle était un peu plus éloignée du Sud que des autres côtés, et plus proche de l’Ouest que des autres côtés. Sa distance au mur Nord était plus grande que sa distance au mur Ouest, et moindre que sa distance au mur Est.

7. En avant de la Azarah, à l’Est, se trouvait la Cour des Femmes (Ezrat Nachim), longue de 135 coudées sur 135 coudées de largeur. A ses quatre coins, une loge de quarante coudées sur quarante coudées. Ces loges n’étaient pas couvertes, et ne le seront pas.5

8. Quelle était leur affectation ?

  • la loge Sud-Est était la loge des Naziréens. C’est ici qu’ils cuisaient leurs offrandes et se tondaient la chevelure.6
  • la loge Nord-Est était l’Atelier du Bois. C’est ici que les Cohanim inaptes au Culte7 triaient le bois véreux, car tout bois véreux est impropre au Culte.
  • la loge Nord-Ouest était la loge des Metsoraïm.8
  • la loge Sud-Ouest, où l’on entreposait le vin et l’huile était appelée la Loge de la Maison de l’huile.

9. La Cour des Femmes était entourée d’une tribune surélevée d’où les femmes assistaient au Culte, les hommes étant en bas afin qu’ils ne soient pas mélangés.

10. Un grand pavillon se trouvait à la hauteur de la Azarah, sur le côté Nord, à l’extérieur, entre l’enceinte de la Azarah et le rempart du ‘Heil, coiffé d’un dôme. Il était entouré de l’intérieur de galeries de pierre, et on l’appelait Beit Hamoked (la Maison du Feu).

Il avait deux portes, l’une s’ouvrant sur la Azarah, et l’autre sur le ‘Heil.

Quatre loges s’y trouvaient : deux étaient sacrées, et deux étaient profanes, et une saillie du mur séparait le sacré du profane.

Quelle était leur affectation ?

  • La loge Sud-Ouest était la Loge des Béliers.9
  • La loge Sud-Est était le loge des Boulangers où l’on préparait le Pain de Proposition.
  • La loge Nord-Est, où les Hasmonéens avaient enfoui les pierres de l’Autel qu’avaient souillées les dominateurs grecs.
  • La loge Nord-Est : par elle on descendait dans la Chambre du Bain.10

11. Celui qui descendait s’immerger, parcourait à partir de cette loge un couloir souterrain qui traversait tout le Temple. Des bougies y étaient allumées de chaque côté, jusqu’à l’entrée de la Chambre du Bain.

Dans ce pavillon, était allumé un feu, et se trouvait un cabinet d’aisance et de respect. Et voici quel était son respect : lorsqu’on le trouvait fermé, c’est qu’il y avait déjà quelqu’un dedans.

12. La longueur de la Azarah, d’Est en Ouest était de 187 coudées, ainsi comptées :

  • du mur occidental de l’enceinte jusqu’au mur du Heikhal, 11 coudées ;
  • la longueur totale du Heikhal, cent coudées ;
  • du Oulam à l’Autel, 22 coudées ;
  • l’Autel, 32 coudées ;
  • l’aire de passage des prêtres, dite « Cour des Cohanim  », 11 coudées ;
  • l’endroit permis au peuple, dit « Cour d’Israël  », 11 coudées.

13. La largeur de la Cour, du Nord au Sud, 135 coudées dont voici le décompte :

de l’enceinte Nord à l’Atelier des Viandes, 8 coudées ;

l’Atelier des Viandes, 12 coudées et demi. C’est là que l’on suspendait les sacrifices pour les dépecer ;

14. L’emplacement des tables, de huit coudées, où se trouvaient des tables de marbre sur lesquelles on posait les quartiers de viande, et où l’on rinçait la viande avant de la cuire. Huit tables s’y trouvaient .

Près de l’emplacement des tables, l’endroit des anneaux11, de 24 coudées, où l’on égorgeait les Sacrifices Très Saints.12

15. Des anneaux à l’Autel, 8 coudées ; l’Autel, 32 coudées ; la Rampe, 30 coudées ; entre la Rampe et le mur Sud, 12 coudées et demi.

De l’enceinte Nord de la Cour jusqu’à la paroi de l’Autel, dans le sens de la largeur, 60 coudées et demi, et du mur du Oulam jusqu’au mur Est de la Cour, dans le sens de la longueur, 76 coudées.

16. Toute cette surface était appelée « Le Nord », et c’est là qu’on égorgeait les Sacrifices Très Saints.

17. Huit loges se trouvaient dans la Cour d’Israël : trois au Nord, trois au Sud.

- Au Sud, la Loge du Sel, la Loge de Parva13, la Loge de rinçage.

  • la Loge du Sel, où l’on entreposait le sel nécessaire aux offrandes14 ;
  • la Loge de Parva, où l’on salait les peaux des sacrifices.15 A l’étage supérieur se trouvait la Chambre du bain rituel utilisé par le Grand Prêtre le jour de Kippour.
  • la Loge de rinçage, où l’on rinçait les entrailles des holocaustes. De là une rampe circulaire accédait à l’étage supérieur de la Loge de Parva.

- Les trois loges du côté Nord : la Loge des Pierres de taille, la Loge de Golah, la Loge en Bois.

  • la Loge des Pierres de taille16, où siégeait le Grand Sanhédrin ; une partie en était sacrée, et l’autre partie profane ; elle avait deux portes, l’une vers le Kodech et l’autre vers l’extérieur profane ; c’est dans la partie profane que prenait place le Sanhédrin ;
  • la Loge de Golah, où se trouvait un puits17, d’où on puisait avec un seau ; c’est d’ici qu’on approvisionnait en eau toute la Azarah ;
  • la Loge en Bois, située derrière les précédentes, était la loge du Grand Prêtre, et c’est elle qu’on appelait la Loge des Parhédrin.18

Le toit de ces trois loges était de niveau.

Deux autres loges se trouvaient dans la Cour d’Israël, l’une à la droite de la porte Est, la Loge de Pin’has l’Habilleur, et l’autre à la gauche, la Loge de ceux qui préparent les galettes.19

NOTES
1.

Ces voûtes avaient pour but de créer un espace entre l'impureté éventuelle d'une tombe dans le sol de la montagne et le dallage, afin de ne pas rendre impurs les personnes, objets, et édifices sus jacents.

2.

Limitant un espace nommé le 'Heil. Dans la traduction française du Traité Midot, le 'Heil est défini comme un "pourtour de gradins, large de dix coudées, sur lequel on pouvait s'asseoir" (voir plan ).

3.

Lamentations 2,8.

4.

Ces portes, que Rambam ne cite pas ici, sont :
- Au Sud, la Porte du Bois, la Porte des Aînés du bétail, la Porte de l'Eau ;
- A l'Est, la Porte de Nicanor ;
- Au Nord, la Porte de l'Etincelle, la Porte des Sacrifices, la Chambre du Feu.

5.

Dans le prochain Temple, qui sera reconstruit bientôt.

6.

Le Nazir à la suite d'un voeu s'abstenait de tout fruit de la vigne, se gardait de toute impureté, et devait conserver sa chevelure. A la fin de cette période, ou s'il était devenu impur, il devait notamment apporter un sacrifice (korban chelamim) et brûler sa chevelure coupée, sous la marmite où cuisait son offrande.

7.

Il s'agit des prêtres rendus inaptes au Culte par un défaut corporel.

8.

Le Metsora était atteint de taches cutanées, qui le faisaient déclarer impur. A sa "guérison", il devait se purifier et apporter certaines offrandes. Il n'est pas exact de traduire par "lèpre".

9.

La loge où l'on examinait et gardait les béliers apprêtés au sacrifice. Cette loge et le Fournil étaient sacrées.

10.

Le bain rituel où un prêtre devenu impur durant sa présence dans le Temple devait s'immerger.

11.

Les anneaux fixés au sol servaient à immobiliser les bêtes durant l'abattage.

12.

91. Les Kodchei Kadachim - "Sainteté importante" - que l'on devait sacrifier au "Nord" (paragraphe 16).

13.

Du nom d'un magicien qui s'y était introduit pour observer le Grand Prêtre durant son service et qui y fut lynché.

14.

Les sacrifices étaient également salés dans la Loge du Sel.

15.

Pour les préserver jusqu'au tannage.

16.

La loge où siégeait le Sanhédrin tirait son nom des bancs de pierre sur lesquels les Juges prenaient place.

17.

S'y trouvait un puits ouvert par les exilés à leur retour, ce qui lui vaut son nom de salle de l'Exil. Autre explication : la loge était nommée d'après le seau (golah).

18.

Cette loge, si construite en bois, était crépie à cause de l'interdiction de construire en bois apparent.

19.

Galette frite à la poêle, offerte par le Grand Prêtre.

Lois de la maison d’élection : Chapitre Six

1. Le Temple n’était pas construit sur un terrain plat, mais par degrés successifs à flanc de montagne.

En entrant par la Porte Est du Mont du Temple, on traversait à plat jusqu’à l’extrémité du ‘Heil, puis l’on montait du ‘Heil jusqu’à la Cour des Femmes par 12 marches. La hauteur de chaque marche était d’une demi coudée, et sa profondeur une demi coudée.

2. On parcourait à plat toute la Cour des Femmes, puis on montait vers la Cour d’Israël qui est le début de la Azarah par 15 marches. La hauteur de chaque marche était d’une demi coudée, et sa profondeur une demi coudée.

3. On traversait toute la Cour d’Israël à plat puis on montait vers la Cour des Cohanim par une marche d’une coudée de hauteur, sur laquelle se trouvait une tribune haute de trois marches, chacune d’une demi coudée de hauteur et profonde d’une demi coudée.

La Cour des Cohanim était donc surélevée de deux coudées et demi par rapport à la Cour d’Israël.

4. Toute la cour des Cohanim était d’un même niveau avec l’Autel et l’espace entre l’Autel et le Oulam, puis on montait vers le Oulam par 12 marches, chacune d’une demi coudée de hauteur et une demi coudée de profondeur.1

Le Oulam et le Heikhal étaient à la même hauteur.

5. De cette façon, le plancher du Heikhal était surélevé par rapport à la base de la Porte Est de 22 coudées. L’ouverture de cette porte faisant 20 coudées de hauteur, celui qui se tenait en face et à la hauteur de la Porte Est ne pouvait voir la porte du Heikhal.

C’est en fonction de ceci qu’on avait construit le mur au dessus de cette porte suffisamment bas pour que le Cohen se tenant sur la Montagne d’Onction puisse voir la Porte du Heikhal lorsqu’il aspergeait du sang de la vache en direction du Heikhal.2

6. Il y avait des loges sous la Cour d’Israël, s’ouvrant dans la Cour des Femmes, où les Lévites entreposaient les violons, les harpes, les cymbales et tous leurs instruments de musique.

Lorsque les Lévites accompagnaient un sacrifice de leurs chants, ils se tenaient sur les gradins montant de la Cour d’Israël à la Cour des Cohanim.

7. Les loges construites dans une partie sanctifiée du Temple mais s’ouvrant dans un endroit profane étaient profanes mais leur toit était saint, si leur toit était de niveau avec le sol de la Azarah. Si leur toit n’était pas de niveau avec le sol de la Azarah, leur toit également était profane, car les toits et les étages n’étaient pas consacrés.3

C’est pourquoi on ne pouvait consommer sur ces toits la viande des Sacrifices Très Saints, ni y immoler les Kodachim Kalim.

8. Les loges construites sur un sol non consacré et s’ouvrant sur un endroit sanctifié, étaient considérées comme consacrées, quant à leur intérieur, pour pouvoir y consommer les Sacrifices très Saints, mais on n’y égorgeait pas les Kodachim Kalim. Si quelqu’un y entrait en état d’impureté, il n’était pas sanctionné. Leur toit était dans tous les cas profane.

9. Les souterrains accédant à la Azarah sont saints. Ceux s’ouvrant sur le Mont du Temple sont profanes. Les fenêtres et l’épaisseur des murs ont le même statut que l’intérieur, que ce soit pour la consommation des sacrifices ou pour l’interdiction d’y pénétrer en état d’impureté.

10. Si le Tribunal veut étendre Jérusalem ou étendre la Azarah, il peut le faire. Ses membres peuvent étendre la Azarah jusqu’où bon leur semble dans les limites du Mont du Temple, et étendre la muraille de Jérusalem jusqu’où ils veulent.

11. On ne peut agrandir la ville de Jérusalem et les Cours qu’avec l’accord du Roi, l’accord d’un Prophète, après consultation des Ourim et des Toumim et du Sanhédrin de 71 Sages, ainsi qu’il est dit « comme tout ce que je te montre, ainsi vous ferez »4, c’est un enseignement pour les générations futures, et Moché Rabbénou était alors le Roi.

12. Comment se fait la cérémonie d’agrandissement de la ville ?

Le Tribunal fait deux offrandes de Todah5, dont on prend les pains levés qui sont emportés l’un derrière l’autre et le Tribunal marche en procession derrière les deux offrandes.

Ils se tiennent à chaque coin de Jérusalem et sur chaque dalle, avec violons, harpes et cymbales, et entonnent « je t’exalterai, Seigneur, car tu m’as relevé etc... »6 jusqu’à arriver à l’extrémité de l’endroit que l’on sanctifie, et là ils s’arrêtent pour consommer l’un des pains de Todah, et brûler l’autre. C’est sur l’indication du Prophète que l’on brûle l’un et que l’on mange l’autre.

13. De même, lorsqu’on agrandit la Azarah, on la sanctifie par la consommation des restes d’une offrande de Min'ha7, pour les raisons suivantes : de la même façon que Jérusalem est sanctifiée par le fait d’y manger un pain de Todah, de la même façon, la Azarah est sanctifiée par le fait d’y consommer les restes d’une offrande de Min'ha qui ne peuvent être consommés que dans la Azarah. Ces restes sont consommés à l’extrémité de l’endroit que l’on sanctifie.

14. Tout endroit qui n’aurait pas été sanctifié avec tout ceci et selon ce protocole n’est pas pleinement sanctifié.

Quant au fait qu’Ezra a effectivement suivi ce protocole avec les deux pains de Todah, c’était à titre symbolique, car ce n’est pas par son action que l’endroit fut sanctifié, puisque de toute façon il n’y avait ni Roi, ni Ourim et Toumim. A quoi tenait alors la Sainteté de Jérusalem ? A la sanctification initiale de Salomon qui avait sanctifié la Azarah et Jérusalem pour le présent et pour l’avenir.

15. C’est pourquoi on peut y offrir tous les Sacrifices, même si le Temple n’y est pas reconstruit, et consommer la viande des Sacrifices Très Saints dans toute la Azarah, bien qu’elle soit détruite et ne soit plus entourée de ses enceintes, et consommer les Kodachim Kalim et la Seconde Dîme8 dans toute Jérusalem même dépourvue de ses murailles, car leur première Sanctification les a sanctifiées pour l’époque et pour toutes les époques à venir.

16. Pourquoi disons-nous que concernant le Temple et Jérusalem leur première sanctification est valable pour toutes les générations, alors que le reste de la Terre d’Israël en ce qui concerne les questions d’année sabbatique, de dîmes et les sujets semblables, n’a pas reçu de sanctification définitive ?

Parce que la Sainteté du Temple et de Jérusalem tient à la Présence Divine qui ne saurait être annulée, comme nos Sages l’ont enseigné du verset « je détruirai vos Sanctuaires »9 : même détruits, ils sont qualifiés de Sanctuaires pour enseigner qu’ils perdurent dans leur Sainteté.

Par contre, l’assujettissement de la Terre à l’année sabbatique et aux dîmes ne tient qu’à sa conquête par les tribus10, et puisque la Terre leur a été ôtée, cet acquis n’est plus, et la Terre est dispensée par la Torah de l’obligation de jachère et de dîmes, car elle n’est plus la terre du Royaume d’Israël.

La sanctification faite lors du retour d’Ezra ne fut pas le fait d’une conquête, mais le fait de l’exercice non contesté de leur droit de propriété sur la Terre.

C’est pourquoi, tout lieu acquis par les exilés au retour de Babel a reçu cette seconde sanctification à l’époque d’Ezra et est aujourd’hui encore sanctifié, ce bien que la Terre nous ait été reprise, et il est assujetti aux lois sur l’année sabbatique et sur les dîmes de la façon que nous avons expliquée dans les Lois sur les prélèvements.11

NOTES
1.

Ces 12 marches, soit 6 coudées correspondent à la surélévation due au Yessod, fondation du Heikhal.

2.

Le sacrifice de la Vache Rousse, (il y en a eu neuf, et le dixième sera fait prochainement à la venue de Machia'h), se faisait sur le Mont des Oliviers, dit Montagne de l'Onction. Le Prêtre s'y tenait tourné vers l'Ouest, face au Heikhal et au Kodech Hakodachim tout en aspergeant du sang de la vache dans cette direction.

3.

Les toits et les étages de ces loges n'ont pas reçu la Sainteté inhérente au sol de la Azarah.

4.

Ex. 25,9.

5.

L'offrande de reconnaissance - le Korban Todah - comportait une offrande de menu ou gros bétail, accompagnée d'une offrande végétale et notamment de galettes de pain levé. Une partie en était consommée par le Cohen et sa famille, le reste consommé par le donateur dans Jérusalem.

6.

Psaume 30. C'est le Psaume de l'inauguration du Temple.

7.

Offrande de fine farine, dont une partie devait être brûlée sur l'Autel, et le reste consommé par les seuls Cohanim dans la Azarah.

8.

La Seconde Dîme ou Maasser Cheni devait être consommée à Jérusalem. Elle était due après prélèvement de la première dîme versée aux Lévites.

9.

Lév. 26,31.

10.

A l'époque des Juges et des Rois sur volonté du Roi ou du Prophète.

11.

Rambam y explique que la Terre d'Israël est actuellement assujettie aux prélèvements par décision rabbinique.

Lois de la maison d’élection : Chapitre Sept

1. C’est un commandement positif de vénérer le Sanctuaire ainsi qu’il est dit « et mon Sanctuaire vous craindrez »1. Ce n’est pas tant le Sanctuaire qu’il faut vénérer que Celui qui en a ordonné le respect.

2. Quel est ce respect? On ne rentrera pas sur le Mont du Temple le bâton à la main, ni les chaussures aux pieds, ni en sous-vêtement, ni la poussière aux pieds, ni la bourse à la ceinture. Nul n’est besoin de dire qu’on ne crache pas à l’intérieur ; si l’on a besoin de le faire, on crachera dans son propre vêtement.

On ne traversera pas la colline du Temple en entrant par une porte et en sortant par la porte opposée pour raccourcir le trajet, mais on en fera le tour par l’extérieur, et on n’y pénétrera que pour un acte de Mitsva.

3. Tous ceux qui entrent sur la colline du Temple y avancent en faisant le tour par leur droite, et en sortent par la gauche, excepté celui qui doit se tenir à part, qui fait le tour par la gauche.2 C’est pourquoi les gens l’interrogeaient : « qu’as-tu, toi qui fais le tour à gauche ? - je suis en deuil. - que Celui qui réside dans cette Demeure te console ! » S’il répondait : « je suis excommunié. - que Celui qui réside dans cette Demeure te fasse agréer les paroles de tes amis et qu’ils te réintègrent ! »

4. Celui qui quitte le Temple après avoir terminé le Culte, ne sort pas en tournant le dos au Heikhal, mais recule à petits pas, puis oblique un peu jusqu’à sortir de la Cour. De même, les Cohanim de la Garde3, les représentants d’Israël 4, et les Lévites quittant leur estrade, sortaient du Temple comme quelqu’un qui fait quelques pas en arrière après avoir terminé sa prière. C'est là le respect dû au Temple.

5. On ne doit pas se comporter avec légèreté devant la Porte Est du Temple - la Porte de Nicanor - car elle fait face au Saint des Saints.

Celui qui rentre dans la Azarah y marchera dignement, (en restant) dans l’endroit dont l’accès lui est permis, et considérera qu’il se tient devant D.ieu ainsi qu’il est dit « mes yeux et mon coeur seront là bas à jamais »5.Il y avancera avec respect, crainte et frayeur, comme il est dit « dans la Maison de D.ieu allons avec émotion »6.

6. Il est interdit à quiconque de s’asseoir dans la Azarah, si ce n’est aux Rois de la lignée de David, ainsi qu’il est dit « le Roi David entra et s’assit devant D.ieu »7. Le Sanhédrin qui s’asseyait dans la Loge des Pierres de taille ne prenait place que dans sa moitié non consacrée.

7. Bien que le Temple soit aujourd’hui détruit à cause de nos fautes, on lui doit le même respect que lorsqu’il était construit : on ne pénétrera que dans les endroits où l’on a le droit de pénétrer8, on ne s'assiéra pas dans la Azarah, et l’on ne se conduira pas avec légèreté face à la Porte Est, selon le commentaire du verset « mes Chabbat vous garderez et mon Sanctuaire vous craindrez »9 : tout comme l’observance du Chabbat est un commandement éternel, de même le respect du Temple est éternel, car, même détruit, il demeure dans sa Sainteté.

8. Du temps que le Temple était construit, il était interdit de se comporter avec légèreté, à l’approche de Jérusalem, depuis Tsofim (le Mont Scopus) et en deçà. Ceci dès qu’on peut voir le Temple et que rien n’en sépare.

9. Il est interdit de déféquer ou de se coucher entre l’Est et l’Ouest, et nul n’est besoin de dire que l’on n’oriente pas un lieu d’aisance entre l’Est et l’Ouest, et ceci en tout endroit que ce soit, car le Heikhal était dirigé vers l’Ouest.

C’est pourquoi on ne défèque ni vers l’Ouest ni vers l’Est - car il fait face à l’Ouest -, mais c’est entre le Nord et le Sud que l’on se tourne, ou que l’on dort.

Celui qui urine à partir de Tsofim et en deçà ne se mettra pas face au Sanctuaire mais vers le Nord ou vers le Sud, ou se tournera pour avoir le Temple sur le côté.

10. Il est interdit de construire une maison aux proportions du Heikhal, une véranda comme le Oulam, une cour sur le modèle de la Azarah, une table à la forme de la Table des Pains, un candélabre aux formes de la Ménorah. Mais on peut faire un candélabre de cinq ou huit branches, ou un candélabre de sept branches qui ne serait pas en métal.

11. Il y avait trois camps dans le désert : le camp d’Israël avec ses quatre campements, le camp des Lévites dont il est dit « autour du Sanctuaire ils résideront »10, et le camp de la Présence Divine depuis la porte du Parvis de la Tente d’Assignation et en dedans.

Leur correspondent pour les générations suivantes :

  • de la porte de Jérusalem jusqu’au Mont du Temple, c’est comme le camp d’Israël ;
  • de la porte du Mont du Temple jusqu’à l’entrée de la Azarah - la Porte de Nicanor -, c’est comme le camp des Lévites ;
  • de la porte de la Azarah et en dedans, c’est le camp de D.ieu
  • Le ‘Heil et la Cour des Femmes furent une distinction supplémentaire dans le Temple.11

12. Toute la terre d’Israël est sanctifiée d’entre toutes les autres terres. En quoi consiste cette sanctification ? En ce qu’on en apporte le Omer12, les Deux Pains13 et les prémices, ce qui ne peut être fait avec la production des autres terres.

13. Il y a dix distinctions dans la terre d’Israël, par ordre croissant :

Les villes fortifiées sont plus saintes que le reste du pays, puisqu’on en renvoie les Métsoraïm14, et que l’on n’y enterre pas un mort sauf acceptation par sept notables de la ville ou par tous ses habitants. Mais si le corps est déjà emporté en dehors de la ville, on ne l’y rapporte pas même si tous sont d’accord pour l’y enterrer. Si les habitants veulent déplacer en dehors de la ville une tombe, ils l’en déplacent et toutes les tombes peuvent en être ôtées, excepté celle d’un prophète ou d’un roi. Une sépulture entourée par une ville, de quatre côtés ou de deux côtés, si elle est éloignée de la ville de cinquante coudées de part et d’autre ne sera déplacée que si tous le demandent. Si elle est éloignée de moins de cinquante coudées, on la déplace.

14. Jérusalem est plus sainte que toutes les autres villes fortifiées, car on y consomme en dedans de sa muraille les Kodachim Kalim et la Seconde Dîme. Voici les ordonnances qui ont été édictées pour Jérusalem :

  • on n’y laisse pas un mort la nuit.
  • on n’y fait pas transiter des ossements humains.
  • on n’y donne pas de maison en location.
  • on n’y laisse pas habiter un étranger résidant.15
  • on n’y garde aucune sépulture excepté les sépultures des Rois de la lignée de David, et de la Prophétesse ‘Houlda, qui y étaient déjà à l’époque des Premiers Prophètes.
  • on n’y plante pas de jardins et de vergers.
  • le sol ne peut y être ensemencé ou labouré, de peur que les engrais ne soient malodorants.
  • on n’y cultive aucun arbre, excepté dans le Jardin des Roses qui y existait à l’époque des Premiers Prophètes.16
  • on n’y garde pas de détritus à cause des rongeurs et reptiles.17
  • les maisons ne peuvent avoir d’avancée ou de balcon sur la voie publique, ce pour ne pas propager l’impureté.
  • on n’y établit pas de poterie à cause des suies des fourneaux.
  • on n’y élève pas de volaille pour préserver la pureté des offrandes126. De même, les Cohanim n’élèvent point de volaille en tout point de la terre d’Israël pour ne pas souiller les offrandes pures qu’ils reçoivent.
  • une maison vendue n’y est jamais acquise définitivement.18
  • les maisons ne peuvent y être rendues impures par des taches.
  • elle ne peut être déclarée « ville dévoyée ».19
  • elle n’apporte pas de génisse (à la nuque brisée)20, car elle n’a pas été partagée entre les tribus.

15. Le Mont du Temple est d’une sainteté supérieure, car les hommes ou femmes atteints d’écoulement génital, les femmes menstruées, et les accouchées n’y ont pas accès21. Il est permis d’y faire rentrer un mort et de même quelqu’un rendu impur par son contact peut y pénétrer.

16. Le ‘Heil est encore plus saint, et les Gentils, ou ceux rendus impurs par le contact avec un mort ou la fréquentation d’une femme menstruée n’y rentrent pas.

17. La Cour des Femmes se distingue du ‘Heil par le fait que les Sages ont interdit à un Tevoul Yom22 de s’y rendre ; la Torah prévoit cependant qu’un Tevoul Yom puisse se rendre dans le camp des Lévites. Un homme impur par contact d’un mort qui rentrerait involontairement dans la Cour des Femmes n’est pas astreint à apporter le sacrifice expiatoire d’une faute commise involontairement.

18. La Cour d’Israël est plus sainte que la Cour des Femmes en ce que celui qui s’est purifié n’y est admis qu’après avoir apporté ses offrandes, et si un impur y rentre, il est passible de Karett23.

19. La Cour des Cohanim est encore plus sainte, car un Israël n’y rentre que pour les besoins de ses offrandes : pour l’imposition des mains et la confession sur le sacrifice expiatoire, pour égorger son sacrifice, ou pour le balancer.

20. De l’Autel jusqu’au Oulam il y a une distinction supplémentaire, et les Cohanim atteints de défauts corporels, ou à la chevelure négligée, ou aux vêtements déchirés ne peuvent y accéder.

21. Le Heikhal représente une sainteté encore supérieure, car le Cohen n’y rentre qu’après ablution des mains et des pieds.

22. Le Kodech Hakodachim est encore plus saint, car seul le Grand Prêtre y rentre, le seul jour de Kippour, pour le Culte.

23. L’endroit qui, dans la Chambre Supérieure, était juste au dessus du Kodech Hakodachim, n’était visité qu’une fois tous les sept ans, pour envisager les travaux de réfection.

Lorsqu’on amène des ouvriers dans le Heikhal pour la construction ou l’entretien, ou pour en sortir des choses impures, on choisit des Cohanim aptes au service. Si l’on n’en trouve pas, on les prend même atteints de défauts corporels. Si l’on ne trouve pas de Cohanim, on fait rentrer des Lévites, et sinon des hommes des tribus d’Israël, que l’on choisira en état de pureté. S’il n’y en a pas de purs, on les fait rentrer même impurs. Entre un Israël impur et un Cohen frappé d’un défaut, on choisit ce dernier plutôt qu’un impur, car l’impureté n’est que repoussée lorsqu’il n’y a pas de pur.24

Tous ceux qui pénètrent dans le Heikhal pour y travailler y pénètrent dans des nacelles.25 S’il n’y a pas de cabines ou si ces travaux ne peuvent être exécutés à partir d’une cabine, ils y rentrent par les portes.

NOTES
1.

Lév. 19,30.

2.

Après avoir pénétré, il fallait se tourner vers la droite et progresser en tournant dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Un endeuillé ou un excommunié devaient obliquer à gauche et tourner dans le sens horaire. Ils marchaient de ce fait à contresens.

3.

Les Cohanim de la garde de nuit.

4.

Les représentants d'Israël envoyés par les Enfants d'Israël pour être présents dans le Temple lors de l'offrande des sacrifices communautaires.

5.

Rois I 9,3.

6.

Ps. 55,16.

7.

116. Sam. II 7,18.

8.

Ceci ne dispense pas de s'être serait préalablement purifié par immersion dans un Mikvé, voire par aspersion d'eau lustrale, non réalisable à notre époque où nous n'avons pas l'eau de la Vache Rousse.

9.

Nombres 1,3.

10.

Nombres 1,3.

11.

Par rapport au Sanctuaire du désert.

12.

Boisseau d'orge qui était apporté le premier jour de Pessa'h à partir d'un champ d'Israël et dont l'offrande permettait la consommation des nouvelles récoltes de l'année.

13.

Le jour de Chavouoth devaient être offerts pour toute la communauté deux pains de blé, faits de la nouvelle récolte.

14.

Impurs à cause de taches cutanées.

15.

Pour pouvoir résider en terre d'Israël, les non juifs devaient accepter les sept lois noa'hides, dont notamment l'abandon de l'idolâtrie. Ils prenaient le titre "d'étranger résidant", par différence avec "l'étranger converti", qui lui a désiré pratiquer les 613 commandements auxquels est soumis le Peuple Juif.

16.

Son existence à l'époque des Prophètes en est la caution. Peut être servait il à fournir les plantes nécessaires à l'élaboration des encens.

17.

On craint que les cadavres des rongeurs ou des reptiles, picorés parmi les détritus par la volaille, ne rendent impures les offrandes préparées par les pèlerins.

18.

Elle peut toujours être rachetée par son propriétaire initial, et lui revient en tout cas l'année du Yovel. Ce droit applicable dans toutes les villes ouvertes n'a cours pour les villes fortes qu'à Jérusalem.

19.

Ville qui doit être détruite lorsque la majorité des habitants y ont pratiqué l'idolâtrie.

20.

Lorsqu'un crime avait été commis dans un champ, sans témoin, les Anciens de la ville la plus proche apportaient une génisse près du lieu du crime. On lui brisait ensuite la nuque, pour demander le pardon au cas où la faute aurait été perpétrée par un habitant de la ville.

21.

Ces situations rendent impur.

22.

Il s'agit d'un impur qui à l'issue de sa période de purification, le septième jour, s'est immergé dans le bain de purification, mais ne sera purifié définitivement qu'après le coucher du soleil.

23.

Punition divine de "retranchement". Ceci s'il est rentré volontairement.

24.

En absence de pur, un impur est autorisé à sa place (l'impureté est repoussée), mais son impureté n'est pas annulée.

25.

Cabines suspendues, dont les cloisons les empêchent d'admirer la splendeur de l'endroit.

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La Paracha
Parachat Haazinou
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