ב"ה

Rambam - 3 chapitres par jour

Lois de la maison d’élection: Chapitre Deux, Lois de la maison d’élection: Chapitre trois, Lois de la maison d’élection: Chapitre Quatre

Lois de la maison d’élection : Chapitre Deux

1. L’Autel a un emplacement extrêmement précis, et on ne doit jamais le changer, ainsi qu’il est dit « ceci est l’Autel pour les holocaustes d’Israël »1.

C’est sur l’emplacement du Temple que Isaac notre père fut mis sur l’Autel, ainsi qu’il est dit « pars vers le pays de Moriah »2, et il est dit dans les Chroniques « Salomon commença à construire la maison de D.ieu à Jérusalem, sur la montagne de Moriah, au lieu qui avait été révélé à David son père, et que David avait préparé, à l’emplacement de la grange d’Arnon le Jébuséen »3.

2. C’est une tradition acceptée par tous4 que l’endroit même où David puis Salomon placèrent l’Autel, la grange de Aravnah, est à l’emplacement de l’Autel construit par Abraham pour y sacrifier Isaac, et aussi le lieu où Noé construisit un autel en sortant de l’Arche, l’autel même où Caïn et Abel apportèrent leur offrande, le lieu où Adam fit une offrande après avoir été créé, et c’est de cet endroit là qu’il fut créé. Nos Sages ont enseigné : « l’homme fut créé de l’endroit où il trouverait son pardon »5 .

3. Les dimensions de l’Autel sont très précises, et sa forme connue par une transmission directe de maître à élève.

L’Autel construit par les exilés à leur retour de Babel le fut à la ressemblance de l’Autel qui sera reconstruit un jour, et il n’y a pas à augmenter ou diminuer ses dimensions.

4. Trois Prophètes revinrent avec eux de l’exil6. L’un témoigna sur l’exactitude de l’emplacement de l’Autel, l’un sur ses dimensions, l’un témoigna que l’on pouvait apporter sur cet Autel tous les sacrifices, même sil ne s'y trouve pas de Temple.

5. L’Autel construit par Moïse, comme l’Autel construit par Salomon et celui construit par les exilés, comme l’Autel qui sera reconstruit, tous mesurent dix coudées de hauteur chacun. Le texte de la Torah qui enseigne « trois coudées de hauteur »7 désigne l’emplacement du bûcher seulement.

L’Autel construit par les exilés, comme l’Autel qui sera reconstruit, ont pour longueur et largeur 32 coudées sur 32 coudées.

6. Les dix coudées de la hauteur de l’Autel comportent des coudées de cinq palmes et des coudées de six palmes. Toutes les autres coudées mentionnées dans la construction du Temple sont des coudées de six palmes. La hauteur de tout l’Autel était de 58 palmes.8

7. Voici les dimensions et la forme de l’Autel.

Une hauteur de cinq palmes et un retrait de cinq palmes définissent le Yessod (soubassement). L’édifice fait maintenant une longueur de 30 coudées et 2 palmes sur une largeur de 30 coudées et 2 palmes.

Une élévation de 30 palmes et un retrait de 5 palmes définissent le Sovev chemin de ronde. (18 palmes plus haut, c’est le niveau du bûcher). Il y a maintenant une largeur de 28 coudées et 4 palmes sur 28 coudées et 4 palmes. (A une hauteur de 18 palmes de plus, à l’intérieur de ces quatre coins, un élément creux de section carrée). La projection de ces coins - une coudée sur une coudée - occupait une coudée en périphérie du bûcher.

De même le chemin de passage des Cohanim occupait la largeur d’une coudée sur tout le pourtour.

Il se trouve donc que le bûcher avait un emplacement de 24 coudées et 4 palmes de largeur sur 24 coudées et 4 palmes.

8. La hauteur de chaque corne était de 5 palmes, et la surface de chacune une coudée sur une coudée. Ces quatre cornes étaient creuses à l’intérieur.

Le bûcher était à 18 palmes de hauteur.

Le milieu de la hauteur de l’Autel - 29 palmes - se trouvait donc en dessous du Sovev.9

9. Un ruban rouge entourait l’Autel à mi-hauteur (à six palmes en dessous du Sovev), pour délimiter les sangs exprimés vers le haut des sangs aspergés10 vers le bas.

La hauteur du sol jusqu’à la base du bûcher est donc de 9 coudées moins une palme.

10. Le Yessod n’entourait pas complètement l’Autel des quatre côtés comme le faisait le Sovev. Il s’étendait sur tout le côté Nord et le côté Ouest, et occupait une coudée sur le côté Sud et une coudée sur le côté Est, l’angle Sud Est étant dépourvu de Yessod.

11. A l’angle Sud-Ouest du Yessod, se trouvaient deux trous, comme deux fins canaux, appelés Chittim11, par lesquels les sangs s’écoulaient dans une fosse située sous cet angle, et s’y mélangeaient au ruisseau12 qui les conduisait à la rivière du Kidron.

12. A la base de ce même angle, sur le sol, un regard d’une coudée sur une coudée, fermé par une dalle de marbre portant un anneau, par lequel on accédait à la fosse pour la nettoyer.

13. La Rampe était construite au sud de l’Autel, d’une longueur de 32 coudées pour une largeur de 16 coudées, et elle occupait au sol une longueur de 30 coudées en avant de l’Autel. Elle s’avançait d’une coudée sur le Yessod et d’une coudée sur le Sovev, mais était un peu séparée de l’Autel afin que les membres soient jetés sur l’Autel.

La hauteur de la Rampe comme le niveau du bûcher était de 9 coudées moins une palme.

14. Deux rampes accessoires s’en dégageaient par lesquelles on accédait au Yessod13 et au Sovev14, dont elles étaient séparées par un fin sillon.

Une niche était ouverte sur le flanc Ouest de la Rampe, d’une coudée sur une coudée, nommée Revouvah15, où l’on déposait les offrandes expiatoires d’oiseaux jugées impropres16, en attendant qu’elles se gâtent et soient emportées à l’incinération.

15. Deux tables étaient disposées à l’Ouest de la Rampe, l’une en marbre17 sur laquelle on posait les découpes des animaux sacrifiés, et l’autre en argent sur laquelle étaient disposés les instruments du Culte.

16. Lorsque l’on construit l’Autel, on le construit en un bloc massif, comme une colonne, sans y laisser d’espace creux.

On apporte des moellons entiers, petits et grands, de la chaux, de la poix et du vernis d’émail, que l’on mélange et on procède à l’assemblage dans un coffrage à la taille de l’Autel, niveau par niveau.

On incorpore à l’assemblage une pièce de bois ou de pierre de la taille du Yessod au coin Sud-Est, et on procède ainsi pour les quatre cornes, jusqu’à l’achèvement de l’ouvrage. Ces pièces seront ensuite retirées pour laisser l’angle Sud-Est sans soubassement et les cornes creuses.

17. Les quatre cornes de l’Autel, le Yessod et la forme carrée sont indispensables à l’Autel.

Un Autel à qui manquerait une corne, ou le Yessod, ou la forme carrée, ou la Rampe est impropre au Culte car ces quatre conditions sont suspensives.

Par contre les dimensions en longueur, largeur et hauteur ne sont pas impératives, ceci à condition de ne pas faire moins qu’une coudée au carré sur trois coudées de hauteur, comme l’Autel du désert.

18. Si une partie du crépi de l’Autel de la taille d’une palme s’est abîmée, l’Autel est impropre au Culte. Pour moins d’une palme, il est utilisable, à condition qu’il n’y ait pas dans la partie abîmée de pierre éraillée.

NOTES
1.

Chr. I. 22,1.

2.

Gen. 22,2. C'est le passage de "Akédat Its'hak", lorsque D.ieu demanda à Abraham de sacrifier Isaac.

3.

Chr. II. 3,1.

4.

Par toutes les Nations.

5.

Talmud de Jérusalem, Nazir, chapitre 7.

6.

'Haggaï, Zechariah et Malachie.

7.

Ex. 27,1.

8.

Une palme vaut 9,3 cm (soit, pour visualiser, une approximation de 10 cm). Une coudée du Temple (six palmes) vaut 56 cm.

9.

Une autre lecture basée sur des éditions critiques lit ici « la mi-hauteur de l'Autel se trouve à six palmes en dessous du Sovev ». Cette correction intervient intempestivement dans notre édition au paragraphe suivant.

10.

L'holocauste d'oiseau (Olat Of) était sacrifié par section de la nuque par le Cohen debout sur le Sovev, et son sang était exprimé sur les parois supérieures de l'Autel. Les sacrifices expiatoires d'oiseau ('Hatat Of), les holocaustes de bétail (Ola), les sacrifices délictifs (Acham) et les sacrifices rémunératoires (Chelamim) étaient sacrifiés dans la Azarah, et leur sang était aspergé sur les parois de l'autel, en dessous du 'Hout Hasikra.

11.

"Ecoulements". Le reste de sang de certains sacrifices était versé tantôt sur le soubassement sud, tantôt sur le soubassement ouest, et était évacué par l'orifice le plus proche.

12.

Un ruisseau souterrain traversait la Azarah, dont le courant était utilisé grâce à un jeu d'écluses lorsque l'on voulait nettoyer à grande eau la Azarah.

13.

La petite rampe ouest permettait d'accéder au Yessod pour y verser le reste des sangs après les aspersions.

14.

La petite rampe est menait au Sovev pour y procéder aux aspersions du sang des sacrifices expiatoires de gros bétail.

15.

Littéralement "fenêtrée".

16.

Soit que le propriétaire de l'offrande soit devenu inapte à l'offrir, soit que l'aspersion des sangs ait été impropre, soit qu'un doute pèse sur l'observance du protocole sacrificatoire, l'oiseau ne pouvait perdre son caractère de sainteté qu'en se desséchant ou en prenant le statut de "Notar" (résidu) en étant resté toute la nuit sans être offert.

17.

Le marbre gardant sa fraîcheur n'altérait pas les pièces de viande qui étaient posées sur la table

Lois de la maison d’élection : Chapitre Trois

Dessin attribué au Rambam accompagnant un manuscrit de son commentaire sur la Michna. (Notez la disposition inversée des calices ouverts en bas, ainsi que la forme caractéristique en "V".)
Dessin attribué au Rambam accompagnant un manuscrit de son commentaire sur la Michna. (Notez la disposition inversée des calices ouverts en bas, ainsi que la forme caractéristique en "V".)

1. La forme de la Ménorah (Candélabre) est codifiée avec précision par la Torah.

Sa tige centrale portait quatre calices, deux olives et deux vasques, comme il est dit « et sur la Ménorah, quatre calices amygdaloïdes1 ses olives et ses vasques »2. Et encore un troisième vasque près du socle de la Ménorah, ainsi qu’il est dit « jusqu’à sa base, jusqu’à son vasque »3.

2. Elle reposait sur trois pieds. Le fût central portait encore trois autres olives, d’où sortaient les six branches : trois d’un côté, trois de l’autre.

Sur chacune de ces branches, trois calices, une olive et un vasque. Le tout (en or) ciselé avec des motifs aux formes d’amande.

3. Au total, il y a 22 calices, 9 vasques et 11 olives. Tous sont indispensables, et l’absence, même d’un seul, de ces 42 éléments invalide l’ensemble.4

4. De quel cas parlons-nous ? C’est lorsque la Ménorah est faite en or. Pour un autre métal, on ne lui fait ni calices, ni olives et ni vasques.5

De même, la Ménorah en or sera faite tout entière d’un kikar6 d’or y compris ses godets, forgée d’une seule pièce, tandis que pour une Ménorah d’un autre métal, il n’est pas exigé de poids précis, et même si elle est assemblée en tube creux elle est utilisable.

5. On ne doit pas la faire à partir de métal récupéré, qu’elle soit en or ou d’un autre métal.

6. Les pinces, les curettes et les fioles d’huile ne sont pas comprises dans le poids d’un kikar, car il est dit à propos de la Ménorah « en or pur », et le texte poursuit « ses pinces et ses curettes seront en or pur »7. Il n’est pas dit « ses godets seront en or pur  », car ses godets sont une partie fixe du Candélabre et sont inclus dans le poids d’un kikar.

7. Les sept branches du Candélabre sont indispensables, et les sept godets également, que le Candélabre soit en or ou en un autre métal. Tous les godets font partie du corps même des branches.

8. Les six godets fixés aux six branches latérales du Candélabre sont tous tournés vers le godet du milieu sur la tige centrale, lui-même tourné vers le Saint des Saints, et appelé pour cela « la lampe de l’Ouest  ».8

9. Les calices ressemblent à ces verres d’Alexandrie, minces à la base et à larges bords.9

Les olives ressemblent à des pommes de Karote10, ovales comme un oeuf qui aurait les deux bouts arrondis.

Les vasques sont comme ces fleurs sculptées sur les colonnes, à la façon de coupelles à bords éversés.

10. La hauteur du Candélabre était de 18 palmes : les pieds et leur vasque, trois palmes puis deux palmes lisses ; une palme englobant un calice, une olive et un vasque, puis deux palmes lisses ; une palme occupée par une olive dont se dégagent deux branches, une d’un côté, une de l’autre, montant sur toute la hauteur de la Ménorah, puis une palme lisse ; une palme occupée par une olive dont se dégagent deux branches, une d’un côté, une de l’autre, montant sur toute la hauteur de la Ménorah, puis une palme lisse ; une palme occupée par une olive dont se dégagent deux branches, une d’un côté, une de l’autre, montant sur toute la hauteur de la Ménorah, puis deux palmes lisses ; il reste trois palmes comprenant trois calices, une olive et un vasque.11

11. Il y avait une pierre devant le Candélabre, taillée de trois marches, sur laquelle se tenait le Cohen lorsqu’il entretenait les lampes, et sur laquelle il posait la fiole d’huile, les pinces et les curettes durant l’allumage.12

12. La Table mesurait douze palmes de long pour une largeur de six palmes. Elle était posée en longueur dans l’axe du Sanctuaire et sa largeur selon la largeur du Sanctuaire. De même tous les autres éléments du Sanctuaire étaient disposés dans l’axe de la longueur du Temple pour leur plus grande dimension, et en position frontale pour leur largeur, sauf l’Arche rangée dans sa longueur selon la largeur du Temple. De même, les lampes du Candélabre étaient disposées selon la largeur du Sanctuaire, du Nord au Sud.

13. Quatre montants en or entouraient la Table, bifurqués à leur partie supérieure, par lesquels on maintenait les deux rangées de pain de Proposition : deux montants pour une rangée, deux montants pour l’autre rangée. C’est ce que la Torah désigne par « ses montants »13.

14. Il y avait 28 tiges en or, toutes en demi-tube creux, quatorze pour une rangée, quatorze pour l’autre rangée, désignées par la Torah comme « ses supports »14.

Deux coupes destinées à l’encens étaient déposées près des rangées de pain, appelées « ses cuillers ».15

Les moules dans lesquels étaient faits les Pains de Proposition, étaient appelés « les récipients ».16

15. Voici l’usage de ces quatorze tiges : on pose le premier pain sur la Table même, puis entre le premier et le deuxième, trois tiges et ainsi de suite entre chaque pain, trois tiges, et entre le cinquième et le sixième deux tiges seulement, car le sixième n’en supportait pas d’autre17. Il y a donc 14 tiges pour chaque rangée.

16. Deux tables étaient disposées à l’intérieur du Oulam, sur le pas de la porte. L’une en marbre sur laquelle on posait les pains avant de les disposer dans le Kodech18, l’autre en or sur laquelle on les posait en les sortant, et ce parce qu’il ne peut y avoir que progression dans le domaine de la Sainteté, et non régression.19

17. L’Autel des parfums était carré d’une coudée sur une coudée. Il était disposé dans le Heikhal au milieu de l’axe Nord Sud, plus à l’extérieur que la Table et la Ménorah.

Tous trois étaient disposés au-delà du premier tiers du Heikhal, près du rideau séparant le Kodech du Kodech Hakodachim.20

18. Le bassin d’ablutions avait 12 becs, afin que tous les Cohanim affectés au sacrifice quotidien21 puissent s’y sanctifier par les ablutions simultanément. Un réservoir lui était adjoint, pour qu’il y ait toujours de l’eau, qui avait le statut d’un ustensile profane afin que l’eau qui y restait la nuit ne soit pas rendue impropre. Ceci car le bassin étant un des ustensiles saints, il sanctifiait son contenu, et tout ce qui a été sanctifié en étant contenu dans un ustensile sacré devient impropre s’il y reste durant la nuit.22

NOTES
1.

Amygdaloïde: ciselé avec un relief aux formes d'amande. La ponctuation du texte de la Torah laisse entendre que calices, olives et vasques seront ainsi ciselés.

2.

Ex. 25,34.

3.

Nombres 8,4.

4.

Car cette Ménorah ne correspondrait pas à la description précise qu'en donne la Torah.

5.

Par comparaison avec la suite de la phrase "pour un autre métal, il n'est pas exigé", qui laisse entendre que l'on peut cependant s'en tenir au poids d'un kikar, il semble que calices, olives et vasques ne peuvent être faits que pour une Ménorah en or.

6.

Kikar: unité de mesure évaluée à 21,510 kg. pour 1500 Shekel (Achnav Latalmoud), ou à 3000 Shekel qui pèseraient 68,5 kg. selon Tougger (traduction anglaise).

7.

Ex. 25,38. (cette insistance sur "or pur", pour enseigner que les accessoires de la Ménorah ne sont pas inclus dans le kikar d'or nécessaire à sa confection.)

8.

Car le Saint des Saints était à l'ouest du Candélabre.

9.

Soit une forme de tulipe.

10.

Karote: ville.

11.

La largeur de la Ménorah n'est pas mentionnée par Rambam, et est estimée à 12 palmes - ou à neuf selon d'autres.

12.

La quantité d'huile nécessaire à chaque godet était un demi Log, soit 255 ml pour certains.

13.

Ex. 25,29.

14.

Ibid.

15.

Ibid.

16.

Ibid.

17.

Il n'avait donc pas besoin d'être soutenu de façon aussi importante que les précédents.

18.

Le marbre avait été choisi parce que la pierre ne chauffe pas et ne risque pas de provoquer une fermentation des Pains.

19.

Ayant été posés toute la semaine sur la Table d'or du Mikdach, il n'était pas convenable de poser les Pains sur une table de moindre importance.

20.

Ce dernier occupant le tiers du fond du Heikhal, ils se trouvaient dans le tiers du milieu.

21.

Hormis celui qui fait la Che'hitah (l'abbatage rituel), douze prêtres se partageaient l'honneur d'offrir l'holocauste quotidien sur l'Autel (Hilkhot Temidim ouMoussafim, 4, 6).

22.

Ce réservoir peut être compris de deux façons : soit il s'agit d'une citerne de réserve, par laquelle était alimenté le bassin d'ablutions (kiyor) au fur et à mesure des besoins des Cohanim, soit il s'agit d'un bassin inférieur dans lequel le kiyor, mû par une poulie, était immergé pour la nuit.

Lois de la maison d’élection : Chapitre Quatre

1. Il y avait un rocher1 dans le Saint des Saints, sur son côté Ouest, sur lequel était posée l’Arche et devant, un flacon de la Manne et le bâton d’Aharon.

Lorsque Salomon construisit le Temple, il savait qu’il serait un jour détruit, et il y bâtit un endroit pour y cacher l’Arche, en bas d’un profond labyrinthe.

C’est Josias qui ordonna de la cacher là où Salomon avait prévu, comme il est écrit « il dit aux Lévites qui enseignent à tout Israël, consacrés à D.ieu : déposez l’Arche Sainte à l’endroit préparé par Salomon fils de David, le Roi d’Israël ; puis vous ne la porterez plus sur l’épaule ; maintenant vous servirez l’Éternel votre D.ieu etc... »2.

Avec l’Arche furent également cachés le bâton d’Aharon, le flacon de manne, et l’huile d’onction.

Tous ces objets manquaient dans le Second Temple. De même, l’Esprit Divin ne répondait plus par les Ourim et les Toumim3 qui étaient utilisés à l'époque du Second Temple, et on ne les interrogeait plus, ainsi qu’il est dit « jusqu’au rétablissement du Prêtre portant les Ourim et les Toumim »4. Ils n’étaient confectionnés que pour compléter les huit vêtements du Grand Prêtre afin qu’il ne lui en manque aucun.

2. Dans le premier Temple, il y avait une cloison séparant le Kodech du Kodech Hakodachim, d’une coudée d’épaisseur.

Lorsqu’ils construisirent le Deuxième Temple, ils ne savaient pas si l’épaisseur de la cloison faisait partie des dimensions du Kodech ou des dimensions du Saint des Saints.

C’est pourquoi ils construisirent le Saint des Saints d’une profondeur exacte de vingt coudées, et le Kodech exactement de quarante coudées, en rajoutant une coudée entre Kodech et Kodech Hakodachim. Ils n’y mirent pas de mur mais deux tentures, l’une côté Saint des Saints et l’autre côté Kodech, distantes d’une coudée correspondant à l’épaisseur de la cloison qu’il y avait dans le Premier Temple.

Le premier Sanctuaire, n’avait lui qu’une seule tenture, ainsi qu’il est écrit « Ce rideau sera pour vous une séparation »5.

3. Le Heikhal construit au retour de l’exil faisait cent coudées sur cent coudées, et une hauteur de cent coudées. Voici comment se décomposait sa hauteur :

  • ils construisirent une dalle de six coudées de hauteur, entièrement pleine, qui lui servait de fondation.
  • un mur haut de quarante coudées.
  • Un plafond décoré6 d’une coudée de hauteur.
  • Au-dessus desquelles un espace vide de deux coudées pour canaliser l’eau d’écoulement, appelé Beit Dilfa.
  • l’épaisseur du plafond au-dessus cette chambre d’écoulement était d’une coudée.
  • une chape d’une coudée.
  • une chambre supérieure dont les murs faisaient quarante coudées de hauteur.
  • Un plafond décoré d’une coudée de hauteur.
  • séparé par un vide de deux coudées (Beit Dilfa)
  • d’un plafond d’une coudée d’épaisseur,
  • couvert d’une chape d’une coudée d’épaisseur.
  • un parapet de trois coudées.
  • une lame de fer d’une coudée, acérée comme un glaive surmontait le parapet, pour empêcher les oiseaux de s’y poser, appelée Kalé Orev7.

Le tout mesurait donc cent coudées.

4. D’Ouest en Est, cent coudées dont voici le décompte :

  • quatre murs successifs limitaient trois espaces vides. Du mur le plus à l’Ouest au premier mur intérieur, cinq coudées ;
  • entre le deuxième mur et le troisième, six coudées ;
  • du troisième mur au quatrième mur, six coudées. Les distances de mur à mur incluent l’épaisseur du mur et l’espace vide.
  • la longueur du Saint des Saints vingt coudées.
  • une coudée pour l’espace entre les deux tentures séparant le Kodech du Kodech Hakodachim.
  • la longueur du Kodech quarante coudées.
  • l’épaisseur du mur de l’Est où se trouvait le portail six coudées.
  • le Oulam onze coudées,
  • et l’épaisseur du mur du Oulam, cinq coudées.

Soit en tout cent coudées.

5. Du Nord au Sud, cent coudées :

  • l’épaisseur du mur du Oulam, cinq coudées ;
  • du mur du Oulam jusqu’au mur latéral du Kodech, dix coudées ;
  • les parois du Kodech comprenaient six cloisons successives délimitant entre elles cinq espaces vides ; de la plus extérieure à la suivante, cinq coudées ;
  • entre la deuxième et la troisième, trois coudées ;
  • de la troisième à la quatrième, cinq coudées ;
  • entre la quatrième et la cinquième, six coudées ;
  • et de la cinquième à la cloison la plus interne six coudées ;
  • soit quarante coudées de part et d’autre,
  • et la dimension interne du Kodech de vingt coudées,

soit un total de cent coudées.

6. Le Pichpech (portillon) est une petite porte. Il y avait deux portillons d’accès au Heikhal de part et d’autre de la Grande Porte qui était au milieu de la largeur du Heikhal, l’un au Nord et l’autre au Sud.

Celui du Sud ne fut jamais utilisé, et c’est à son propos que Ezéchiel explique « cette porte restera fermée et ne devra pas être ouverte »8.

C’est par celui du Nord que l’on passait, progressant entre deux cloisons jusqu’à arriver à un endroit ouvert sur la gauche vers le Kodech. C’est par ici que l’on accédait au Heikhal pour aller ensuite jusqu’à la Grande Porte pour l’ouvrir.9

7. La Grande Porte était large de dix coudées, et haute de vingt coudées. Elle avait quatre vantaux : deux à l’intérieur et deux à l’extérieur. Les vantaux extérieurs s’ouvraient vers l’intérieur, recouvrant l’épaisseur du mur. Les vantaux intérieurs s’ouvraient dans l’intérieur même du Heikhal et se rabattaient contre le mur .

8. Le Portail du Oulam était haut de quarante coudées, large de vingt, et ne comportait pas de vantail.10

Cinq corniches en bois précieux11 surplombaient l’ouverture. La corniche inférieure débordait la largeur de l’ouverture d’une coudée de part et d’autre, et chacune des cinq dépassait celle du dessous d’une coudée de chaque côté. La cinquième corniche mesurait donc trente coudées de large.

Une couche de pierres les séparait l’une de l’autre.

9. Le Temple était large de devant et étroit par derrière, tel un lion accroupi.

Des galeries faisaient tout le tour de la construction, à l’extérieur du mur de la Messibah12 .

La galerie13 inférieure faisait 5 coudées de large et était couverte par un toit de six coudées, la galerie du milieu six coudées et son toit sept coudées et la galerie supérieure sept coudées, ainsi qu’il est dit « et le balcon inférieur etc... »14 . Ces trois galeries entouraient le Heikhal de ses trois côtés.

De même, tout autour du Oulam du bas jusqu’en haut, il y avait une coudée lisse puis un bandeau15 de trois coudées, une coudée lisse puis un bandeau de trois coudées, jusqu’en haut. Ces reliefs entouraient tous les murs. Leur profondeur était de trois coudées avec une coudée entre chaque bandeau. Le bandeau supérieur faisait lui quatre coudées de large.

10. Tous ces espaces vides entre les cloisons s’appellent les loges. Disposés autour du Sanctuaire, il y avait cinq espaces au Nord, cinq au Sud, et trois à l’Ouest. Ils étaient séparés en trois niveaux superposés, ce qui aménageait quinze loges au Sud : cinq dessous, cinq dessus et cinq par-dessus ; de même, quinze loges au Nord ; huit loges à l’Ouest : trois puis trois dessus, et deux par-dessus sur un seul niveau. Il y avait en tout 38 loges.

11. Chaque loge avait trois ouvertures s’ouvrant l’une sur la loge de droite, l’une sur la loge de gauche et une sur la loge supérieure. A l’angle Nord-Est, la loge de l’étage du milieu avait cinq ouvertures : une vers la loge de droite, une vers la loge supérieure, une vers la Messibah, une vers la loge où se trouvait le portillon, et la dernière vers le Heikhal.

12. Une rampe (Messibah) montait du coin Nord-Est au coin Nord Ouest, par lequel on montait sur le toit des loges. On montait face à l’Ouest en parcourant tout la face Nord du Sanctuaire, jusqu’à arriver à la face Ouest. De là on se tournait vers le Sud, et l’on montait en longeant la face Ouest, jusqu’à arriver à la face Sud. Arrivé à l’angle Sud Ouest, on se tournait vers l’Est pour monter en parcourant la face Sud, jusqu’à arriver à la porte de la chambre supérieure, car cette porte s’ouvrait au Sud.

13. Près de la porte se trouvaient deux mâts en cèdre qui permettaient de monter jusqu’au toit de la chambre supérieure. Dans la Chambre, des extrémités de poutre16 délimitaient le plafond du Kodech du plafond du Kodech Hakodachim. Des trappes y étaient ouvertes au plafond du Kodech Hakodachim par lesquelles on descendait les ouvriers (chargés de l’entretien des murs du Saint des Saints) dans des nacelles17 afin qu’ils ne puissent admirer la beauté du Saint des Saints.18 Une fois par an, de Pessa’h en Pessa’h, on ravalait les murs du Heikhal.

NOTES
1.

Ce rocher est appelé "Even Hachetiyah" (Talmud traité Yoma, 53b), "Pierre de Base", au nom du Service Divin qui est la base du Monde.

2.

Chron. II. 35,2. L’Arche étant déjà déposée dans le Saint des Saints, à l’endroit préparé par le roi Salomon, il s’agit donc de le déposer dans un autre endroit prévu dès la construction pour l’y cacher.

3.

Il s'agit des 12 pierres gravées au nom des 12 tribus, enchâssées sur le vêtement pectoral du Grand Prêtre, dont le Grand Prêtre analysait et interprétait les reflets - par l'Esprit Saint reposant sur lui - en réponse aux questions posées. Selon d’autres explications, cela désignerait le parchemin au nom de D.ieu qui était inséré dans les replis du vêtement pectoral.

4.

Ezra 2,63.

5.

Ex. 26,33. Il s'agit de la Tente du désert.

6.

Il pourrait s'agir des poutres en bois supportant un faux plafond, travaillées artistiquement et enduites d'or.

7.

Littéralement "chasse corbeau".

8.

Ezéchiel 44,2.

9.

Pour ouvrir la porte de l'intérieur, lors de la première ouverture du matin.

10.

Ce qui permet de le comparer à un balcon. (chapitre 7).

11.

Ces boiseries étaient vraisemblablement décorées d'une frise et plaquées d'or, puisqu'il est interdit de laisser des boiseries apparentes dans le Temple.

12.

Rampe décrite au paragraphe 12.

13.

La traduction "galeries" est incertaine. Rambam place ces trois "galeries" à l'extérieur du mur de la Rampe, et en fait trois balcons superposés ceinturant le Heikhal, profonds de 5, 6 et 7 coudées du bas vers le haut. Il n'indique pas leur usage, mais sa description s'accommode avec les versets de Rois I 6,6 selon lesquels ces corniches avaient pour but d'éloigner les Cohanim de la paroi du Heikhal. Une autre explication fait de ces trois plans les trois étages des loges latérales appuyées sur le Heikhal déctrites au paragraphe 10. Ces trois étages sont séparés par deux dalles de 6 et 7 coudées, reposant sur des gradins de 1 coudée qui diminuent d'autant l'épaisseur du mur du Heikhal. (Voir illustration)

14.

Rois I 6,6.

15.

Le même mot Roved désigne ici un bandeau de trois coudées de hauteur et une coudée d'épaisseur qui ceignait le Oulam et le Heikhal.

16.

Sur le sol, semble-t-il.

17.

Fermées de trois côtés.

18.

Car il est interdit de tirer quelque profit des choses sacrées, serait ce dans leur contemplation.

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La Paracha
Parachat Roch Hachana
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