Obtenez le meilleur du contenu de Chabad.org chaque semaine!
Trouvez les réponses à de fascinantes questions sur la vie juive et le judaïsme, profitez de conseils et de guides pour les fêtes, lisez des histoires vraies, et plus encore!
ב"ה

Rambam - 3 chapitres par jour

Lois du culte de Yom Kippour: Chapitre Premier, Lois du culte de Yom Kippour: Chapitre Deux, Lois du culte de Yom Kippour: Chapitre Trois

Montrer le texte en :

Lois du culte de Yom Kippour

Ces lois comportent un seul commandement positif : accomplir tout le rituel de Yom Kippour selon son ordonnance qui est détaillé dans la paracha A’harei Mot, les sacrifices, les confessions, l’envoi du bouc, et tous les autres temps du culte.

Chapitre Premier

1. Le jour de Kippour, on offre le sacrifice quotidien du matin et le sacrifice quotidien de l’après-midi comme on le fait chaque jour. On offre en sacrifice supplémentaire (moussaf) de ce jour : un taureau, un bélier, et sept moutons qui sont offerts en holocauste et un bouc de ‘hatat (sacrifice expiatoire ; le sang de celui-ci sera aspergé à l’extérieur), qui sera consommé le soir. On offre en plus de ce moussaf : un taureau de ‘hatat dont les membres seront brûlés et un bélier en holocauste, tous deux sur les fonds du Grand Prêtre. Le bélier offert par la communauté qui est évoqué dans la paracha A’harei Mot (Lévitique 16, 5) et qui est celui mentionné dans le Livre des Nombres, fait partie du moussaf et il est appelé le Bélier du peuple.
On amène encore sur le compte du peuple deux boucs dont l’un sera offert en ‘hatat puis sera consumé, et le second sera le bouc envoyé dans le désert. Il se trouve que tous les animaux offerts ce jour-là sont au nombre de quinze : les deux moutons du sacrifice quotidien, le taureau, deux béliers et sept moutons qui tous des holocaustes. Deux boucs de ‘hatat, le sang du premier est aspergé à l’extérieur, et ce bouc sera consommé le soir, tandis que le sang du second est aspergé sur l’Autel intérieur et sera entièrement consumé ; le taureau du Grand Prêtre qui est un ‘hatat et qui sera consumé.

2. L’offrande de ces quinze animaux offerts ce jour-là n’est faite que par le Grand Prêtre qu’il s’agisse du Grand Prêtre oint par l’huile d’onction ou du Grand Prêtre intronisé par le seul port des huit vêtements du Grand Prêtre. Si Kippour est un Chabbat, même le moussaf de Chabbat ne sera offert que par le Grand Prêtre. D’ailleurs toutes les autres étapes du culte de ce jour là, comme la combustion de l’encens quotidien et l’entretien des bougies, tout sera fait par un Grand Prêtre, marié, ainsi qu’il est dit (Lévitique 16, 6) : « et il fera pardonner pour lui et pour sa maison ». « Sa maison », c’est sa femme.

3. Sept jours avant Yom Kippour on fait quitter son domicile au Grand Prêtre pour sa loge située dans le sanctuaire. Ceci est un enseignement transmis depuis Moïse. On le sépare également de sa femme durant ces sept jours (de peur qu’elle devienne nidah lors d’un rapport) afin qu’il ne devienne impur pour une semaine et qu’il ne puisse effectuer son service ce jour-là. On lui adjoint un autre Grand Prêtre, car si celui-ci s’avère impropre au culte, le second le remplacera.
Qu’il soit devenu inapte avant le Sacrifice quotidien du matin ou après avoir commencé son service, son remplaçant n’aura pas besoin d’intronisation, car c’est le culte qu’il effectuera qui l’intronisera. Il commencera ses fonctions là où le précédent se sera arrêté.
Après Kippour, le premier Grand Prêtre recouvrera ses fonctions, et le second sera écarté. Il gardera toutes les obligations affectées à son titre de Grand Prêtre, mais ne pourra servir en tant que Grand Prêtre. Mais s’il a revêtu les huit vêtements de Grand Prêtre et effectué le culte, le culte est effectué.
Lorsque le Grand Prêtre meurt, ce second est nommé à sa place.

4. Pendant ces sept jours, on pratique sur lui l’aspersion de l’eau lustrale au troisième jour de son isolement et au septième qui est la veille de Kippour, de peur qu’il ait été rendu impur par le contact d’un mort et qu’il ne le sache pas.
Et si ce troisième ou septième jour tombe un Chabbat on repousse l’aspersion.

5. Pendant ces sept jours, on habitue le Grand Prêtre à ses fonctions : il pratique les aspersions du sang, offre les encens, entretient les bougies, fait brûler les membres du sacrifice quotidien sur l’Autel extérieur, afin qu’il y soit exercé pour le culte de Kippour. On met à son service des Sages, membres du Beth Din, qui parcourent les textes avec lui et lui enseignent le culte de Kippour et l’ordre dans lequel il s’effectue.
Ils lui disent : « Monseigneur le Grand Prêtre lis toi-même, peut-être as-tu oublié ou n’as tu pas appris telle chose. »

Le matin de la veille de Kippour, on l’emmène à la porte est et on faisait passer devant lui des taureaux, des béliers, des moutons pour qu’il soit attentif et rapide dans ses fonctions.

6. Pendant ces sept jours, on ne le privait d’aucun mets et d’aucune boisson. Le jour précédent Kippour depuis le soir, on ne le laissait pas trop manger, parce que l’excès de nourriture entraîne la somnolence, et on ne le laissait pas dormir. On ne lui donnait pas à manger des œufs, du lait chaud et des choses semblables qui peuvent entraîner des échauffements.

7. À l’époque du Second Temple s’est développée l’hérésie au sein d’Israël, et sont apparus les Sadducéens, puissent-ils disparaître bientôt, qui nient la Torah orale. Ils prétendaient que l’encens spécifique à Yom Kippour devait être allumé dans le Heikhal à l’extérieur de la tenture qui le sépare du Saint des Saints et que lorsque la fumée commençait à monter, on introduisait l’encens dans le Saint des Saints.
Ils se basaient sur le verset (Lévitique 16.2) : « Car c’est dans la nuée que j’apparaîtrai sur l’arche. » Ils pensaient qu’il s’agissait de la fumée de l’encens. Mais nos Sages ont reçu par tradition qu’on ne brûle cet encens qu’à l’intérieur du Saint des Saints devant l’Arche, comme l’enseigne le verset (Lévitique 16, 13) : « Il mettra l’encens sur le feu devant D.ieu. »
Comme à l’époque du second Temple on craignait que le Grand Prêtre puisse tendre vers l’hérésie, on lui faisait jurer la veille de Kippour en ces termes : « Mon seigneur le Grand Prêtre, nous sommes des représentants du Beth Din, et tu agis sur notre mandat et le mandat du Beth Din. Nous te faisons jurer au nom de Celui qui a fait résider Son Nom dans ce Temple que tu ne changeras rien à tout ce que nous t’avons enseigné. »
Et lui s’écartait en pleurant parce qu’on avait pu le suspecter d’hérésie et eux s’écartaient en pleurant parce qu’ils avaient suspecté un homme dont ils ne peuvent connaître les intentions réelles et qui peut-être n’a aucune déviance dans son cœur.

8. La nuit de Yom Kippour, le Grand Prêtre était assis et enseignait les textes s’il était un Sage ou écoutait les commentaires s’il était un élève.
S’il était habitué à lire, il lisait lui-même, sinon on lisait devant lui, ceci afin qu’il ne s’endorme pas. Et que lisait-on devant lui ? Des extraits de Ketouvim (Hagiographes). S’il commençait à somnoler, des jeunes Lévites venaient claquer des doigts devant lui et lui disaient : « Mon seigneur le Grand Prêtre, lève-toi, pose tes pieds par terre pour te rafraîchir et ne pas t’endormir. »
On restait ainsi à l’occuper jusqu’à ce qu’arrive le moment de la che’hita.
On ne fait pas la che’hita avant ce qu’on soit certain que l’aube est là, afin de ne pas commencer le culte alors qu’il fait encore nuit.

Lois du culte de Yom Kippour : Chapitre Deux

1. Tout le cérémonial du sacrifice quotidien et du moussaf de ce jour est effectué par le Grand Prêtre revêtu de ses habits d’or. Tout le cérémonial spécifique à Yom Kippour est effectué en vêtements blancs.
Le cérémonial spécifique de ce jour-là concerne le taureau du Grand Prêtre, les deux boucs dont l’un sera envoyé dans le désert, l’offrande de l’encens dans le Saint des Saints ; tout ceci est effectué en vêtements blancs.

2. À chaque fois qu’il enlève ses vêtements et revêt d’autres vêtements, il doit s’immerger dans un Mikvé, ainsi qu’il est écrit : « Il ôtera ses vêtements de lin (...) il se lavera et revêtira ses vêtements » (Lévitique 16, 23 et 24).
Au total il s’immergera cinq fois et se sanctifiera les pieds et les mains dix fois.
Le matin il ôte les vêtements profanes qu’il porte, s’immerge, sort de l’eau et s’essuie et il revêt ses vêtements d’or, puis se sanctifie les mains et les pieds. Il offre le mouton du sacrifice quotidien, fait brûler l’encens de chaque matin (sur l’Autel d’or dans le Heikhal), entretient les bougies, apporte sur l’Autel extérieur les membres du sacrifice quotidien pour les brûler avec les galettes d’oblations et les libations, sacrifie le taureau et les sept moutons du moussaf de ce jour.
Ensuite il se lave les mains et les pieds, ôte ses vêtements d’or, s’immerge, sort de l’eau, s’essuie et revêt des vêtements de lin blanc.
Il se sanctifie les mains et les pieds et commence le service du jour de Kippour : toutes les confessions, le tirage au sort, l’aspersion des sangs à l’intérieur, la combustion de l’encens dans le Saint des Saints. Il confie le bouc à celui qui doit l’envoyer à Azazel, ôte les entrailles du taureau et du bouc qui devront être consumés sur l’Autel extérieur et confie les autres membres pour qu’on les brûle.
Ensuite il se lave les mains et les pieds, ôte ses vêtements blancs, s’immerge, sort de l’eau, s’essuie et revêt ses vêtements d’or, puis il se sanctifie les mains et les pieds.
Il offre le bouc expiatoire du moussaf du jour et son bélier, et le bélier du peuple. Ces trois derniers sont des holocaustes. Il fait brûler sur l’Autel extérieur les entrailles du taureau et du bouc qui doivent être brûlés puis offre le sacrifice quotidien de l’après-midi.
Ensuite il se lave les mains et les pieds, ôte ses vêtements d’or, s’immerge, sort de l’eau, s’essuie et revêt ses vêtements de lin blanc. Il se sanctifie les mains et les pieds puis rentre à nouveau dans le Saint des Saints pour en sortir l’encensoir et la cuillère.
Ensuite il se lave les mains et les pieds, ôte ses vêtements blancs, s’immerge, sort de l’eau, s’essuie et revêt ses vêtements d’or, puis il se sanctifie les mains et les pieds et fait brûler l’encens quotidien de l’après-midi et pratique l’entretien vespéral des bougies.
Ensuite il se lave les mains et les pieds, ôte ses vêtements d’or puis revêt ses vêtements privés, et il sort.

3. Toutes ces immersions et ces sanctifications se font dans l’enceinte du Temple ainsi qu’il est dit : « Et il se lavera le corps avec de l’eau dans un lieu consacré. » À l’exception de la première immersion qu’il peut pratiquer dans un lieu profane, car elle n’a d’autre but que d’augmenter sa concentration : s’il se souvient d’une impureté passée oubliée, qu’il se trempe avec l’intention de s’en débarrasser.
Si un Cohen a omis de s’immerger lors d’un change, ou ne s’est pas sanctifié pieds et mains lors d’un change ou entre deux temps du culte et a effectué ainsi son service, son service est valable.

4. Si le Grand Prêtre est vieux ou malade, on chauffe à blanc depuis la veille des barres de fer que l’on jette dans l’eau au matin, afin d’en atténuer la froideur (car les interdictions rabbiniques relatives à Chabbat ne s’appliquent pas à l’intérieur du Temple) ou on mélange de l’eau chaude aux eaux du mikvé afin d’en atténuer la froideur.

5. Chaque jour, le Grand Prêtre se sanctifie les mains et les pieds avec l’eau du kiyor, comme tous les autres prêtres. Aujourd’hui, il se sanctifie avec l’eau d’une cruche en or, pour la grandeur du jour.
Chaque jour, les prêtres montent sur l’Autel par le côté est de la rampe et en redescendent par l’ouest. Aujourd’hui, ils montent et descendent par le milieu, en présence du Grand Prêtre, pour son prestige.
Chaque jour, celui qui a été désigné par le sort pour prélever les braises de l’Autel utilise une pelle en argent pour prendre les braises, puis les transvase dans une pelle en or. Aujourd’hui, le Grand Prêtre prend les braises directement dans une pelle en or et c’est avec cette même pelle qu’il rentre dans le Heikhal, afin de ne pas l’épuiser dans des manipulations inutiles.
Chaque jour, la pelle d’argent utilisée avait une contenance de 4 kav (près de 8,8 litres). Ce jour, la pelle d’or contenait 3 kav (6,6 litres).
Chaque jour, la pelle était lourde, et ce jour il utilisait une pelle légère.
Chaque jour, le manche était court, et aujourd’hui le manche en était long pour prendre appui sur les bras du Grand Prêtre et lui éviter la fatigue.
Chaque jour, il y avait trois bûchers sur l’Autel, et aujourd’hui il y en avait quatre. On rajoutait un bûcher pour embellir l’Autel et lui donner plus de splendeur.

6. Lorsque la Torah enseigne « il fera pardonner pour lui, pour sa maison et pour toute l’assemblée d’Israël », la tradition enseigne qu’il s’agit de l’énoncé de sa confession. Donc il se confesse trois fois ce jour-là : une première fois pour lui-même, une seconde confession pour lui-même et tous ses frères les Prêtres. Ces deux confessions sont dites sur le taureau expiatoire qu’il offre en son nom, et une troisième confession au nom de tout Israël sur le bouc émissaire. Il mentionnait le nom ineffable à trois reprises dans chacune de ces confessions.
Que disait-il ? « Ô D.ieu , j’ai commis des erreurs involontaires, j’ai eu des faiblesses, je me suis rebellé contre Toi. O D.ieu, pardonne aux erreurs, aux faiblesses et aux péchés que j’ai commis devant Toi, selon les termes de ta sainte Torah : “Car ce jour-là, il pardonnera sur vous pour vous purifier de toutes vos fautes, devant D.ieu vous serez purifiés.” » Il aura donc mentionné trois fois le nom de D.ieu, et fera ainsi pour chacune des trois confessions.
Et lorsqu’il posera le sort sur le bouc expiatoire, il dira « en expiatoire pour D.ieu ». Donc au total il aura mentionné dix fois le nom de D.ieu, à chaque fois tel qu’il s’écrit, c’est à dire le Nom intégral.
Autrefois il élevait la voix lorsqu’il mentionnait le Nom. Mais lorsque les effrontés sont devenus légion, ils ont institué de le dire à voix basse, au milieu d’une mélodie, au point que même les prêtres les plus proches ne pouvaient l’entendre.

7. Tous les prêtres et le peuple qui étaient présents dans le Parvis, lorsqu’ils entendaient le Saint Nom sortir de la bouche du Grand Prêtre avec sainteté et pureté, se courbaient se prosternaient et tombaient à terre et s’écriaient « Béni soit à jamais le Nom de Son Règne glorieux ». Ainsi qu’il est dit « Car c’est le Nom de D.ieu que je proclame, rendez hommage à notre D.ieu » (Deutéronome 32, 3)
Dans ces trois confessions, il s’arrangeait pour terminer l’énoncé du Nom en même temps que l’assistance terminait cette bénédiction (19), et il leur souhaitait d’être pardonnés.
Toute la journée convient pour les confessions de Yom Kippour et pour la confession dite sur les « taureaux qui seront brûlés ».

Lois du culte de Yom Kippour : Chapitre Trois

1. Il y a deux sorts. Sur l’un est écrit « Pour D.ieu » et sur l’autre est écrit « Pour Azazel ». Ces sorts peuvent être faits en toute matière : bois, pierre ou métal. Mais il ne doit pas y avoir un grand et un petit, un en or et un en argent. Ils doivent être identiques. L’usage est qu’ils soient en bois, et à l’époque du Second Temple on les avait faits en or. On dépose les deux sorts dans une urne qui puisse contenir deux mains, afin de pouvoir y plonger les deux mains et sortir les sorts simultanément, sans avoir à choisir. Cette urne est en bois et a le statut d’un ustensile profane. On l’appelle kalpi.

2. Où procède-t-on au tirage des sorts ? Dans la partie est de la Cour des Prêtres, au nord de l’Autel C’est là qu’on apporte le kalpi, qu’on maintient les deux boucs la face tournée vers l’Ouest et le dos tourné vers l’Est. Le Grand Prêtre s’approche, avec à sa droite le Grand Prêtre en second, à sa gauche le Chef de la famille sacerdotale de faction. Les deux boucs sont en face de lui, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.

3. Il plonge rapidement les deux mains dans l’urne, et en ressort un sort dans chaque main. Il ouvre les mains les présenter face chacun face à un bouc. Si le sort désigné « Pour D.ieu » est dans sa main droite, l’adjoint dit « Mon seigneur le Grand Prêtre, lève ta main droite ! » Et si le sort désigné « Pour D.ieu » est dans sa main gauche, le Chef du clan pontifical dit : « Monseigneur le Grand Prêtre, lève ta main gauche ! »
Il dépose alors les deux sorts chacun sur un bouc, celui de la main droite sur le bouc de droite, et celui de la main gauche sur le bouc de gauche. Et s’il ne les pose pas, cela n’empêche pas la validité du tirage au sort, car c’est un commandement facultatif, alors que le tirage au sort est un commandement obligatoire, même si ce n’est pas une partie du culte sacerdotal. C’est pourquoi le dépôt peut être fait par un étranger à la famille sacerdotale, alors que le tirage des sorts est invalide s’il est fait par un autre qu’un Prêtre.

4. Il attache alors un ruban de pourpre d’un poids de deux selaïm sur la tête du bouc envoyé dans le désert, et le positionne face à la porte par laquelle il sera expédié. Un ruban est aussi attaché sur le cou du bouc à sacrifier.
Il sacrifie alors son taureau d’expiation, puis le bouc qui aura été désigné « pour D.ieu ».

5. Il apporte leur sang à l’intérieur du Heikhal et pratique 43 aspersions de leurs sangs ce jour-là. Voici comment:
Il asperge d’abord avec le sang du taureau 8 aspersions à l’intérieur du Saint des Saints, entre les brancards de l’Arche, au niveau de l’épaisseur du Kaporet. Ainsi qu’il est dit : « Il aspergera devant le Kaporet » (Lévitique, 16, 14). Il pratique une aspersion vers le haut et sept aspersions vers le bas. C’est une tradition orale qui dit que lorsque la Torah prescrit « il aspergera sept fois », il s’agit d’aspersions qui viennent en complément d’une première aspersion. Voici comment il comptait: une, une et une, une et deux, une et trois, une et quatre, une et cinq, une et six, une et sept. Pourquoi comptait-il ainsi ? Pour qu’il n’oublie pas et qu’il en vienne à compter la première aspersion parmi les sept.
Ensuite, il asperge le sang du bouc, huit fois, entre les brancards de l’Arche Sainte. Une fois vers le haut et sept fois vers le bas, qu’il décompte de la même façon que pour le sang du taureau.
Puis il recommence les aspersions dans le Heikhal, vers le Parokhet, du sang du taureau huit fois, une fois vers le haut et sept fois vers le bas, car il est dit ainsi à propos du sang du taureau « sur le Kaporet et devant le Kaporet ». Et il les compte comme il les a comptés à l’intérieur du Saint des Saints.
Puis il asperge ainsi du sang du bouc huit fois, une fois vers le haut et sept fois vers la bas, ainsi qu’il est enseigné pour le sang du bouc « il fera avec son sang comme il aura fait avec le sang du taureau ». Et il les compte comme il les a comptés à l’intérieur du Saint des Saints.
Pour toutes ces aspersions, il ne veille pas à asperger vers le haut ou vers le bas, mais se contente de projeter le sang.
Après quoi, il mélange les deux sangs du taureau et du bouc, et en pratique quatre aspersions aux quatre coins de l’Autel d’or qui est dans le Heikhal et sept aspersions sur le dessus de cet Autel.

6. Pour toutes ces 43 aspersions, il doit mettre son doigt dans le bol, pour chacune des aspersions, et ne peut pas faire deux aspersions à partir d’un seul recueil de sang. Le reste des sangs est versé sur le soubassement occidental de l’Autel extérieur.

7. Ensuite, il renvoie le bouc émissaire resté vivant, en le confiant à un délégué désigné pour l’accompagner jusqu’au désert.
Bien que cette tâche puisse être confiée à tout juif, les Grands Prêtres s’étaient donnés pour règle de ne pas laisser un simple Israélite l’emmener.
Des pavillons sont disposés de la sortie de Jérusalem jusqu’à l’entrée du désert, où ont pris place depuis la veille un ou plusieurs hommes pour pouvoir l’accompagner d’un pavillon à l’autre.
Dans chacun des pavillons, on lui propose à boire et à manger. S’il s’est affaibli et qu’il doit manger, il mange. De fait, il n’est jamais arrivé qu’il en ait besoin.
Les occupants du dernier pavillon s’arrêtent à la limite des « bornes du Chabbat », et restent à le regarder de loin.
Que fait-il ensuite ? Arrivé sur le lieu, il coupe le ruban de pourpre posé sur les cornes du bouc. Une moitié est attachée à un rocher, et l’autre moitié est attachée sur ses cornes.
Puis il le pousse à reculons dans le vide, et le bouc bascule et tombe. Il n’est pas arrivé à la moitié de la falaise, qu’il est déjà brisé.
L’accompagnateur revient alors jusqu’au dernier pavillon où il se repose jusqu’à la tombée de la nuit.
On avait l’habitude de préparer des postes d’observation, où l’on agitait un fanion pour faire savoir que le bouc était arrivé au désert.
Après avoir envoyé le bouc, le Grand Prêtre revient vers le taureau et le bouc sacrifiés dont il a aspergé les sangs à l’intérieur, les éventre et en sort les entrailles pour les déposer dans un bassin puis les consume sur l’Autel. Le reste des chairs est ensuite découpé en grands lambeaux entremêlés comme une tresse. Il ne les sépare pas et les fait porter par des aides jusqu’au bûcher. C’est là bas qu’ils sont découpés et brûlés avec leur peau, comme nous l’avons expliqué.

8. Une fois que le bouc est arrivé au désert, le Grand Prêtre sort vers la Cour des Femmes, pour la lecture de la Loi. Pendant qu’il lit, les viandes sont consumées au « lieu de combustion ». C’est pourquoi celui qui assiste à la lecture faite par le Grand Prêtre ne peut assister à la combustion du taureau et du bouc. Cette combustion peut être faite par un non-prêtre, comme nous l’avons dit. (Chapitre 7 des lois sur les Sacrifices).

9. Cette lecture de la Loi ne fait pas partie du culte, et c’est pourquoi s’il veut la faire avec ses vêtements blancs personnels, il peut le faire. Mais s’il veut lire en gardant ses vêtements blancs du culte, il peut aussi, car ces vêtements de culte peuvent lui servir même en dehors du culte.

10. Comment lit-il?
Le Grand Prêtre s’assoit dans la Cour des Femmes, et tous sont debout devant lui. Le bedeau de l’Assemblée prend un Rouleau de la Loi et le transmet au responsable de l’Assemblée, qui le transmet à l’Adjoint du Grand Prêtre, qui le donne au Grand Prêtre. Celui se lève pour recevoir le Rouleau debout, et en lit la section « A’harei Mot », puis le passage du « Mais le dixième jour » de la section des Fêtes, jusqu’à la fin du passage.
Il roule ensuite le rouleau de la Loi, le prend contre lui et déclare « bien plus que ce que je vous ai lu il y a dans ce livre ». Il lit ensuite de tête le passage « et le dixième jour » du livre des Nombres, jusqu’à la fin du sujet.
Pourquoi le lit-il de tête? Pour ne pas avoir à rouler une grande longueur du rouleau devant le public. Pourquoi ne lirait-il pas dans un autre Livre? Pour ne pas jeter un doute sur la validité du premier Livre.

11. Pour cette lecture, il récite les bénédictions d’avant et d’après la lecture, tout comme on le fait à la synagogue. On conclut par sept bénédictions supplémentaires, que voici :
« Agrée Éternel Notre D.ieu…, Nous nous prosternons devant Toi …, Pardonne-nous, car nous avons péché… » qu’il conclut par : « Béni sois-Tu Éternel, qui pardonne les fautes de Son peuple Israël avec miséricorde. » Cela fait trois bénédictions.
Puis il prononce au sujet du Temple une bénédiction dont l’essentiel est de demander la persistance du Temple et de la Présence Divine qui l’habite, qu’il conclut par : « Béni sois-Tu Éternel qui réside dans Sion. »
Une bénédiction porte sur le peuple d’Israël dont le sujet est que D.ieu sauve Israël et que la royauté y persiste, et il conclut « Béni sois-Tu Éternel, qui choisit le peuple d’Israël. »
Il dit encore une bénédiction sur les Prêtres: que D.ieu accepte leurs actions et leur service divin et les bénisse, et conclut « Béni sois-Tu Éternel, qui sanctifie les Prêtres. »
Une dernière bénédiction comprend des prières, des suppliques, des louanges et des demandes, en fonction de l’habileté de son langage, et conclut par « Épargne Ton peuple Israël, car Ton peuple Israël a besoin de salut. Béni sois-Tu Éternel, qui est attentif à la prière. »

La Paracha
Parachat Vayé'hi
Cette page en d'autres langues