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L’extrémiste

L’extrémiste

Nous le détestons, mais... il nous fascine

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C’est celui que nous aimons détester. Et que nous détestons aimer.

L’extrémiste est celui à propos duquel nous disons des choses comme « J’aurais souhaité avoir le courage de faire une chose pareille » (si la position qui est portée à l’extrême est la nôtre) ou « cela montre jusqu’où ce genre de choses peuvent mener » (si ce n’est pas notre tasse de thé). Nous disons aussi des choses du style « Je suis tout à fait contre ce genre de choses, mais… », ou bien « Il faut bien que quelqu’un le fasse, mais… »

Nous nous disons « Quand on croit à quelque chose, il faut aller jusqu’au bout… » Mais, nous disons aussi « Il faut qu’il y ait des limites, une mesure, à chaque chose. Autrement, on fait plus de mal que de bien. »

L’extrémiste nous met mal à l’aise parce qu’il fait de nous de parfaits hypocrites : si nous agissions tous selon nos idéaux, alors nous serions tous des extrémistes... Mais l’extrémiste nous tranquillise aussi : « Au moins, il y a quelqu’un qui le fait », nous disons-nous. Il nous remet en question sur nos convictions les plus profondes : « Je pense qu’il fait ce qu’il faut faire. Mais alors pourquoi est-ce que je trouve ses actions détestables ? » et « Je désapprouve totalement ce qu’il fait, alors pourquoi est-ce que je l’admire tellement ? »

L’extrémiste nous fait peur, car il dit : « Il y a moi et il y a mon D.ieu. Et rien d’autre. » « Rien d’autre ?! » crions-nous. « D.ieu n’a-t-Il pas créé un monde entier, aussi ? »

Cependant, nous avons un besoin aigu de l’extrémiste. Nous avons besoin de vérité dans nos vies. Pour que quelque chose soit vrai, ne faut-il pas que quelqu’un, quelque part, l’ait porté à son ultime aboutissement ?

Le maître ‘hassidique Rabbi Mendel de Kotzk posa un jour la question suivante : la fin du livre des Nombres consiste en cinq sections (parachiot) : ’Houkat, Balak, Pin’has, Matot et Massei. ’Houkat et Balak sont parfois lues ensemble le même Chabbat. Ainsi en est-il de Matot et Massei. Mais la paracha de Pin’has, qui se trouve au milieu de ce groupe de cinq, est toujours lue seule. Pourquoi ?

Et le Rabbi de Kotzk de répondre : Pin’has était un extrémiste. Un extrémiste est toujours à part.

par Yanki Tauber
Au sujet de l’artiste : Sarah Kranz illustre des magazines, des webzines et des livres (dont cinq livres pour enfants) depuis qu’elle a été diplomée du Istituto Europeo di Design de Milan en 1996. Elle a travaillé pour des clients prestigieux tels que le New York Times et le Money Marketing Magazine de Londres.
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