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Un silence qui résonne plus que des mots

Un silence qui résonne plus que des mots

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Le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, le matin où il subit un accident vasculaire cérébral. (Photo: Fridrich Vychinski)
Le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, le matin où il subit un accident vasculaire cérébral. (Photo: Fridrich Vychinski)

Le 27 Adar marque un triste anniversaire. Ce jour-là, en 1992, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, « le Rabbi », subit un grave accident vasculaire cérébral, qui lui ravit la faculté de parler et conduisit à la maladie dont il ne se remit jamais. C’est la date à laquelle la voix qui éduqua, inspira et encouragea des millions de Juifs et de Non-Juifs fut réduite au silence.

Comme le Rabbi nous l’a toujours enseigné, c’est vers la paracha de la semaine que nous nous tournons pour enrichir notre compréhension et notre perspective. Or, de manière tout à fait remarquable, la lecture de la Torah de cette semaine offre un message aussi clair que puissant concernant cet anniversaire, ainsi que l’état apparent d’« absence de direction » du mouvement Habad-Loubavitch.

Le tout est plus que la somme de ses parties, mais chaque élément individuel possède son importance propre

Cette semaine, nous avons une paracha double, composée des portions Vayakhel et Pekoudei. Le Rabbi a souligné à maintes reprises que ces deux noms véhiculent un message important. Vayakhel signifie « rassembler » et « se rassembler ». Moïse a rassemblé la nation en un kahal, une communauté. Le tout est plus que la somme de ses parties ; la communauté est une nouvelle entité qui, comme dans un mariage, est supérieure à la somme de ses membres. Chacun et chacune d’entre nous est une partie de ce grand corps qu’est le peuple juif, unifiée, mélangée et fondue avec toutes les autres.

Une fois ceci établi, nous passons à Pekoudei, « nombres » : le dénombrement et le comptage de chaque ustensile du Sanctuaire. Certes, le total est supérieur à la somme de ses parties, mais Moïse compte les ustensiles individuellement, car chaque élément individuel possède son importance propre. La même chose est vraie de la nation juive : chaque Juif est doté par le Créateur d’une personnalité dont la valeur est unique, et qui possède une importance au niveau individuel, et pas seulement comme partie de l’ensemble. Chaque Juif sert D.ieu d’une manière unique et inimitable. Aussi bien Vayakhel, la communauté, que Pekoudei, l’individu, sont des éléments absolument essentiels dans la construction d’un tabernacle où la présence de D.ieu sera manifeste.

En 1950, le Rabbi fut couronné comme septième leader du vénérable mouvement ‘Habad-Loubavitch. À ce moment, ‘Habad possédait une histoire prestigieuse, mais pas vraiment de présent, et ne paraissait pas avoir un brillant avenir devant soi. Ce mouvement glorieux, qui avait autrefois compté des centaines de milliers d’adhérents à travers l’Europe, avait été presque entièrement décimé par la Gestapo et le KGB soviétique. La « grande » synagogue Loubavitch à Brooklyn où le Rabbi priait et discourait ne pouvait pas accueillir confortablement plus de 150 personnes !

Au cours des décennies qui suivirent, le Rabbi développa ‘Habad, le faisant devenir l’un des plus grands mouvements juifs des temps modernes. Il le fit à travers « Vayakhel » : en unissant tous les Juifs en s’adressant à l’âme juive collective. Le Rabbi parlait le langage de l’âme et, dans le monde entier, des âmes entendirent son appel et affluèrent par milliers vers sa synagogue en éternelle expansion. Le Rabbi retira ensuite les couches de rouille qui les ternissait, révélant des âmes juives d’une beauté époustouflante.

Je ne répète pas là des histoires que j’ai entendues de mon père ou de mon maître, ni des contes d’une autre génération ou d’un pays lointain...

Je me souviens très bien des rassemblements publics du Rabbi. Mon cœur saigne encore quand je me rappelle le sentiment de « Vayakhel » en me trouvant au milieu d’une mer de milliers de Juifs qui avaient « perdu » leurs identités individuelles, leurs egos, leurs talents, leurs désirs, etc, et se retrouvaient pris dans une atmosphère de sainteté et de pureté qui transcendait leur propre existence. Je ne répète pas là des histoires que j’ai entendues de mon père ou de mon maître, ni des contes d’une autre génération ou d’un pays lointain... J’exprime ce que mes propres yeux ont vu et ce que ma propre âme a vécu.

Aussi beau et exaltant que fût tout cela, pour que la présence divine se révèle, nous devons désormais passer en mode « Pekoudei ». Il nous appartient maintenant de prendre le message du Rabbi et, au lieu de l’utiliser pour transcender nos êtres pour devenir une partie d’un tout, laisser ce message pénétrer et transformer les forces et les capacités uniques que D.ieu nous a données. La passion et le feu du Rabbi doivent maintenant être la lumière qui fera étinceler et danser les millions de couleurs uniques du kaléidoscope de notre peuple.

De manière incroyable, le dernier discours du Rabbi fut prononcé le Chabbat Vayakhel. La semaine suivante, le Chabbat Pekoudei, la voix du Rabbi était silencieuse. Peut-être peut-on dire qu’elle peut maintenant être entendue à travers les voix de tous ses innombrables disciples et admirateurs qui vivent son message, et attendent avec impatience le moment où ils seront réunis avec lui avec la venue de Machia’h.

par Naftali Silberberg
Le Rav Naftali Silberberg est auteur et directeur du département des programmes du Rohr Jewish Learning Institute. Il réside à Brooklyn avec son épouse Haya Mouchka et leurs trois enfants.
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