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III. La Torah: l'incarnation de la perfection

III. La Torah: l'incarnation de la perfection

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Ce qui a été précédemment affirmé à propos de la 'Hassidouth vaut plus généralement pour tous les aspects de la Torah, car la Torah embrasse toutes les formes de perfection qui puissent se trouver. De façon générale, ces qualités se divisent – comme chez l'être humain qui lui-même constitue un microcosme1 –, en attributs intellectuels et émotionnels ou sentiments. Ces derniers, trouvent leur perfection, en matière d'élévation morale et de bonne conduite, dans l'application des lois et de l'éthique de la Torah [tels qu'ils sont par exemple exposés dans les Pirké Avoth (Maximes des Pères)],2 qui incarnent le bien et le vrai en ce domaine. En revanche, tous les autres systèmes d'éthique élaborés par l'homme tiennent à la fois du bien et du mal, du vrai et du faux.3 En outre, ce que chacun de ces systèmes possède de bien, trouve son origine dans la Torah. (On peut citer, pour illustrer ce propos, une anecdote bien connue. Mon saint beau-père et Maître, Rabbi Yossef Its'hak Schneerson4 rencontra, lors d'un voyage, un groupe de per­sonnes qui débattaient de l'apparentement de la Torah aux diverses idéologies politiques. Chacune des personnes citait une source Toranique pour démontrer que la Torah cautionnait telle ou telle idée politique. Lorsque l'on demanda au Rabbi son avis sur la question il répondit : « La Torah, du fait qu'elle constitue l'absolue perfection du bien et du vrai, recèle ce que chacune des idéologies propose de meilleur. ») [Cette prééminence et cette supériorité de la Torah, ne valent pas seulement en matière de morale et de politique]. La Torah est encore la plus haute forme de sagesse entre toutes les sciences et connaissances, ainsi qu'il est écrit :5 « Car elle est votre sagesse et votre compréhension aux yeux des nations. »

Il y a plus. [Non seulement la Torah embrasse toutes les formes de perfection existantes, mais] il n'est pas jusqu'au souffle de vie qui anime la Création (y compris les Mondes Supérieurs),6 qui ne soit tributaire d'un infime détail de la Torah.7

Pourtant, ces attributs et ces vertus, pour profonds qu'ils soient ne constituent encore pas l'essence de la Torah. L'essence de la Torah procède de ce que la Torah « est parfaitement unie à la Lumière Infinie du Ein-Sof qui Va investie et se confond avec elle en une parfaite unité. »8 Ainsi, du fait que tous les mondes sont néant en regard du Ein-Sof, ils le sont également en regard de la Torah, et donc de sa lumière. Aussi, « n est-ce pas louer la Torah que de lui attribuer le pouvoir de donner vie aux mondes, puisque ceux-ci sont le néant même. »9 En fait, de par sa qualité de quintessence, constituée par son union avec la Lumière Infinie du Ein-Sof, la Torah comprend toute forme supérieure de vertu et de perfection de ce monde.

Or, bien que le point quintessentiel de tous les aspects de la Torah soit leur union avec la Lumière du Ein-Sof, l'expression première de cette quintessence est dans la 'Hassidouth. (Ainsi qu'on l'a dit de la 'Hassidouth dans le Maamar : elle (seule) est une effusion du Ein-Sof tel qu'il apparaît dans RaDLA).

Ceci est principalement vrai de la 'Hassidouth car le degré du Ein-Sof que l'on trouve dans les autres parties de la Torah se revêt d'une certaine forme qui circonscrit et « exprime » la nature de cette partie de la Torah. La forme revêtue par cet aspect de la Torah (Pchatt : sens littéral ; Rémez : sens allusif ; Drouch : sens homilétique ; Sod : sens ésotérique) dissimule l' « abstraction dépourvue de forme » (Pchitouth)10 du Ein-Sof qui l'investit. Il s'agit d'un « vêtement » qui, pour ainsi dire, ne peut être changé. La 'Hassidouth en revanche, n'est circonscrite ou définie par aucune forme. Et du fait que les « formes » à travers lesquelles se révèlent les concepts de la 'Hassidouth, selon les mots du Psalmiste,11 « seront changées comme un vête­ment que Tu changes », – d'où le fait que la 'Hassidouth intègre les quatre degrés du PaRDeS [sigle de Pchatt, Rémez, Drouch, Sod], et leur donne vie, comme il sera expliqué plus loin –, ces formes de révélation de la 'Hassidouth, elles, ne dissimulent pas réellement l'absolu Ein-Sof12 qu'elles véhiculent.

NOTES
1.
Midrach Tan'houmah, Pekoudé, 3. Tikouné Zohar, Tikoun 69, 100a. Voir également Avoth DeRabbi Natane, chap. 31. Kohéleth Rabbah, 1,4. Zohar 134b. Guide des Égarés, I, chap. 72. Likouté Torah, Bamidbar, début du Maamar « Vehaya Mispar ».
2.
Voir le commentaire de R. Ovadiah de Bartinora, sur le début des Pirké Avoth (Maximes des Pères).
[Il y explique la raison pour laquelle le traité débute en stipulant que Moïse reçut la Torah au Sinaï, et pourquoi il donne en détail la filiation par laquelle la Tradition s'est transmise. « C'est, écrit-il, parce que les non-juifs ont également élaboré des systèmes d'éthique ; mais l'éthique juive elle, provient du Sinaï et possède ainsi une origine divine, ce qui en fait le fondement de toutes les éthiques.» N.d.T.]
3.
Ceci parce que tout ce que D.ieu a créé dans l'univers, Il l'a créé [selon l'expression de la Torah] « Laassoth » : « afin qu'il soit amélioré », (parfait, parachevé). Voir Beréchith Rabbah, 11,6 et le commentaire de Rachi à cet endroit. Zohar I, 47b. Or HaTorah sur le verset Gen.2,3 (p. 514 et p. 717). Après la faute de l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, le bien et le mal, qui étaient auparavant distincts, se mêlèrent. Dès lors, rien d'intègre n'exista plus. Il n'est plus de bien sans mal et inversement. Torah Or, fin de Toldoth. Torath 'Haïm, Toldoth, 14b, et à d'autres endroits. Voir Likouté Dibourim I,87a).
4.
D'une lettre datée du 4 Teveth, 5698 [1937].
5.
Deutéronome 4,6.
6.
[Les « Mondes » dans la Kabbale et la 'Hassidouth caractérisent les différentes étapes de l'existence spirituelle et matérielle, qui sont autant de niveaux de dissimulation de D.ieu. Tous les mondes sont maintenus et sublimés par l'accomplissement des Mitsvoth et l'étude de la Torah ; ils sont tributaires d'une scrupuleuse observance des Mitsvoth, jusque dans les moindres détails, car la Torah constitue LA Sagesse de D.ieu. N.d.T.]
7.
Kountrass Aharone, Tanya V, débutant par « David, Tu les appelles "chants" ! », discours VI. Dere'h Mitsvote'ha 41 a-b et à d'autres endroits.
8.
Ibid.
9.
Ibid.
10.
[« Abstraction dépourvue de forme », littéralement : « simplicité ». Par « simplicité » on entend évidemment pas ici « déficience » mais (au contraire) le niveau le plus objectif du Ein-Sof, qui transcende toute description, limite, forme et composition. Ainsi elle est entièrement dépourvue et au-delà de toute forme, y compris celles que revêt la perfection. C'est l'Essence même. N.d.T.]
11.
Psaumes 102,27. Comme on le sait, il y a deux sortes de « vêtements » (tels « les vêtements de peau et de chair dont Tu mas revêtu.» [Job 10,11, et les vêtements ordinaires que l'on peut changer. En d'autres termes, les quatre approches de la Torah, PaRDeS, sont des formes définies par lesquelles on peut l'appréhender. Les « vêtements » de la 'Hassidouth en revanche n'ont pas de forme définie. N.d.T.]
12.
Chapitre VIII.
par Rabbi Menahem M. Schneerson, le Rabbi de Loubavitch
Traduit par Schlomoh Brodowicz
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