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II. La 'Hassidouth: un prolongement de l'infini

II. La 'Hassidouth: un prolongement de l'infini

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Il va de soi, comme on l'expliquera plus avant par la suite, que la 'Hassidouth constitue un concept d'ordre Essentiel, c'est-à-dire purement original, indivisible, et qui ne procède d'aucune association d'idées diverses. Aussi, et du fait que toutes les qualités distinctives mentionnées dans les précédentes définitions (ainsi que dans de nombreuses autres explications)1, diffèrent les unes des autres, force est de conclure que ces qualités ne font que cerner, sans la définir, la nature véritable des enseignements de la 'Hassidouth. La nature véritable de la 'Hassidouth est quintessentielle, et entièrement départie de toute enveloppe conceptuelle. Pourtant, c'est de cet aspect quintessentiel que dérivent toutes les qualités précédemment citées.2

L'Essence de la 'Hassidouth (comme on l'a vu dans le Maamar3 précédemment récité, lequel est fondé sur le Maamar de R. Chalom Dov-Ber Schneerson),4 correspond à une effusion de Lumière Nouvelle5 provenant du degré le plus intérieur à Kétère,6 voire de plus haut : du degré le plus intérieur à Atik7 même, lequel correspond au degré du Ein-Sof8 [l'Infini] que l'on trouve dans RaDLA9 [Ce terme est le sigle hébraïque de « Reicha De Lo Ityada », littéralement : « l'origine qui n'est pas connue. »]

Il s’ensuit donc, de cette idée même (qui a été développée dans le Maamar), que toutes les qualités distinctives de la ‘Hassidouth qui sont expliquées en divers endroits ne sont que les ramifications de son essence. Car, dans la mesure où la ‘Hassidouth est l’extension du degré du Eïn-Sof, il est évident que le Eïn-Sof est l’essence [de la ‘Hassidouth], et tous les autres aspects particuliers n’en sont que des ramifications et des dérivés.

NOTES
1.
Voir Sefère HaSi'hoth, été 5700 (1940), p. 26, et à d'autres endroits encore.
[La référence rapporte la réponse donnée par R. Guerchone Ber (un éminent 'Hassid du Tsémah Tsédek, R. Mena'hem Mendel, troisième Rabbi de Loubavitch) à un groupe d'interlocuteurs qui lui avaient demandé ce qu'est la 'Hassidouth. Bien que les interlocuteurs eussent admis que la 'Hassidouth était une philosophie divine, ils désiraient néanmoins connaître l'avantage que présentait la 'Hassidouth sur la Kabbale et la philosophie. R. Guerchone Ber répondit : « La Kabbale décrit les Sefiroth (Sphères Célestes) : les Attributs Créateurs de D.ieu et les processus de manifestation divine ; la philosophie elle, explique comment D.ieu est au-delà de toute description et de toute définition, et montre par là même qu'un humain ne saurait parfaitement concevoir D.ieu, car y parvenir demanderait d'être D.ieu Lui-Même. La 'Hassidouth, en revanche, affirme : "Connais-Le et (ainsi) identifie-toi à Lui". Autrement dit, à travers l'effort de compréhension du divin, on s'apparente à Lui ». Voir également Or Ha Hassidouth, par A. H. Glitzenstein (Kfar 'Habad, Kehot, 1965), pour de nombreuses autres explications). N.d.T.]
2.
Néanmoins, ce n'est qu'à travers l'appréciation de ces différentes qualités que l'on peut réellement pénétrer la nature essentielle de la 'Hassidouth, ainsi qu'il sera expliqué au chapitre XVIII.
3.
[Maamar : dissertation sur un thème du 'Hassidisme 'HaBaD, prononcé par un Rabbi (Maître d'un mouvement 'hassidique). Le présent discours était fondé sur le Maamar prononcé par l'actuel Rabbi le jour du 19 Kislev 5726 (1965). N.d.T.]
4.
Maamar sur « Padah BeChalom Nafchi » précédemment référencé.
5.
[Lumière Nouvelle : « Lumière » est la terminologie métaphorique usuelle, employée par la Kabbale et la 'Hassidouth pour figurer et décrire les différentes manifestations, émanations, et facultés du divin. Elle est généralement employée par opposition à ce qui est appelé Atsmouth : « l'Essence » de D.ieu, le degré qui transcende toute définition, perception etc. J.I. Shochet, dans son ouvrage Mystical Concepts of Chassidism figurant en appendice de la traduction anglaise du Tanya (Londres, Soncino-Kehot, 1973, pp. 814-815), utilise diverses sources kabbalistiques, pour expliquer le caractère approprié de cette terminologie. Voir ci-après.
De tous les phénomènes physiques, la lumière est celui qui caractérise le mieux ce qui est spirituel et affranchi de toute contingence matérielle. Par exemple, elle n'est pas matière, elle apporte un bien être, elle permet de voir. Elle s'apparente également aux formes d'émanations divines dans la mesure où elle n'est jamais dissociée de sa source, se diffuse instantanément, irradie les objets physiques, ne compose avec aucune substance, ne subit pas de modification fondamentale, est, de façon générale, nécessaire à la vie, et enfin, est reçue et absorbée en fonction de la nature de l'objet sur lequel elle se porte.
Il va néanmoins de soi, que l'analogie n'est qu'approximative, et ne saurait être comprise comme une complète identification. Les terminologies et concepts relatifs au divin doivent être compris sur un plan spirituel, sans aucune assimilation au temporel et au spatial. N.d.T.]
6.
«Pada BeChalom » précédemment référencé (§ 373).
[Kétère : littéralement : « Couronne ». Dans les littératures kabbalistiques et 'hassidiques ce terme désigne l'un des niveaux les plus transcendants du divin. La « Couronne » est le degré qui transcende – qui « coiffe » –, ce qu'il est convenu d'appeler les Dix Sefiroth, ou attributs et émanations créateurs, de D.ieu. Les Sefiroth se divisent en deux catégories : Sé'hel (intellect), et Midoth (sentiments). Les Dix Sefiroth constituent l'origine et le pendant spirituel des dix facultés de l'âme humaine. De même que l'individu se révèle à travers ses attributs, ou leurs « vêtements » (la pensée, la parole et l'acte), ainsi D.ieu se révèle à travers Ses attributs : les Sefiroth.
Il existe quatre « Mondes » spirituels, c'est à dire en fait, quatre degrés fondamentaux, dont chacun constitue une étape de la manifestation divine (voir infra, note 34a), allant du plus haut degré où tout n'est qu'unité avec D.ieu, jusqu'au monde matériel qui est le nôtre, et où le concept d'infini n'est plus tangible. (Chacun de ces quatre Mondes peut être lui-même subdivisé en de multiples degrés constituant autant de nuances dans la manifestation divine qu'il caractérise). Le degré de Kétère, quant à lui, figure ce qui transcende les Mondes, et « couronne » les Sefiroth. Il caractérise en fait, la Volonté Suprême, et constitue le lien entre l'Infini, le Ein-Sof, et tous les mondes finis, qui émanent de lui. Un niveau intermédiaire est en effet nécessaire pour que soit établi un lien entre le fini et l'infini.
Une analogie avec une caractéristique de l'âme humaine permettra de comprendre le précédent concept. L'essence de l'âme est au-delà de toute description. Elle ne procède ni de l'intellectuel, ni de l'émotionnel. Aussi, comment l'âme peut-elle s'exprimer, et permettre l'éclosion de l'intellect et des sentiments, si elle se situe par-delà leur horizon ? Cela est en fait rendu possible à travers la faculté du désir. Le désir est en effet une faculté « globale », dont la portée n'est pas circonscrite à un membre ou à une fonction du corps ; il est absolu et incommensurable. Et bien que le désir ne soit pas l'essence même de l'âme, mais son prolongement et sa réflexion, il constitue la démarche première de l'âme vers les facultés qui forment son expression. Il constitue ainsi un intermédiaire entre l'essence de l'âme et ses facultés.
Chaque « intermédiaire » doit comporter deux composantes, qui sont les deux aspects qu'il a en commun avec les éléments qu'il est censé relier. Ces deux composantes peuvent être désignées comme : 1) le « sommet » du degré inférieur, et 2) la « base » du degré supérieur. De façon analogue, le désir comporte deux degrés : 1) Ratsone : la forme extérieure du désir, et 2) Taanoug, ou « ravissement » : la nature profonde, et la ressource instigatrice de toute activité, y compris le désir.
Par la précédente analogie avec l'âme humaine, et à la lueur de la façon dont le désir permet le lien entre l'essence de l'âme et ses facultés, on peut comprendre comment Kétère – la volonté divine –, est ce qui permet de conjuguer les Quatre Mondes avec L'Infini de D.ieu. Ainsi, et de façon similaire, le degré de Kétère procède de deux degrés, qui sont ses formes extérieure et intérieure. La forme extérieure de la volonté de D.ieu, qui transcende les mondes est appelée Arïh Anepine ; la forme intérieure elle, est appelée Atik et correspond au « ravissement ».
Dès lors qu'une lumière nouvelle émane de Kétère, toutes les Sefiroth sont pour ainsi dire régénérées, transfigurées en un degré supérieur à celui qui était le leur auparavant. Ainsi dans notre contexte, la 'Hassidouth est perçue comme une « lumière nouvelle », une révélation d'un aspect du divin jusque là dissimulé, une perception plus profonde du divin, consentie à l'homme.
Pour une introduction et des explications plus détaillées – en anglais –, à ces concepts, voir Mystical Concepts in Chassidism de R. J. I. Shochet (précédemment référencé), et l'avant propos du traducteur, de Zalman I. Posner dans On Learning Chassidus et On Teaching Chas-sidus (Brooklyn, Kehot, 1959). N.d.T.]
7.
[Atik : Le degré le plus intérieur de la Volonté Suprême, correspondant au « Ravissement ». Voir note précédente. N.d.T.]
8.
[Ein-Sof : littéralement : infini, illimité. C'est le degré le plus absolu de l'omnipotence divine, lequel est au-delà de toute description, connaissance, et compréhension et au-delà de toute délimitation ; l'Essence de D.ieu Lui-Même : l'aspect le plus intérieur au degré le plus profond de Kétère. Comme il a été expliqué plus haut, Kétère constitue le degré intermédiaire entre le Ein-Sof et les Sefiroth. N.d.T.]
9.
Maamar « Padah BeChalom Nafchi » (§ 374,376).
[RaDLA : Terme Kabbalistique désignant le degré le plus profond et le plus intérieur de l'Essence Divine, lequel ne peut être appréhendé, et ce, non pas du fait de sa profondeur, mais parce qu'il se situe au-delà du domaine d'application de la connaissance et de la compréhension. La 'Hassidouth considère le domaine de l'intellect comme circonscrit. L'intellect est une manifestation, un « pouvoir » de l'âme, et – parallèlement –, une Sefirah du divin, mais n'est en aucun cas une essence. L'essence quant à elle transcende l'intellect. Le Ein-Sof est au-delà de la connaissance car la connaissance a son origine en un degré inférieur à l'Essence Divine. N.d.T.]
par Rabbi Menahem M. Schneerson, le Rabbi de Loubavitch
Traduit par Schlomoh Brodowicz
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