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I. La contribution novatrice de la 'Hassidouth

I. La contribution novatrice de la 'Hassidouth

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Plusieurs explications ont été données quant à la nature de la 'Hassidouth,1 et à la contribution novatrice qui la distingue des autres parties de la Torah qui avaient été révélées antérieurement.2 Parmi ces explications, on peut citer les suivantes :

1) À l'époque du Baal Chem Tov, le monde était plongé dans une sorte de léthargie spirituelle, et à travers la révélation du Baal Chem Tov et des enseignements de la 'Hassidouth le monde « revint à lui ».3

2) « Le 'Hassid est celui qui fait plus que ce qui est strictement requis par la loi. »4 Ainsi nos Sages ont dit :5 « Celui qui brûle les morceaux d'ongles qu'il a coupés – bien qu'il puisse en résulter un dommage pour lui –, est un 'Hassid. »

3) « L'aspect distinctif de la 'Hassidouth, est qu'elle permet aux facultés humaines d'être transfigurées en facultés divines » ? Ainsi, Rabbi Chnéour Zalman, auteur du Tanya et du Choul'hane Arou'h disait : « Le véritable propos de la 'Hassidouth est de modifier la nature des attributs de l'être » ;6 ce qui ne signifie pas seulement changer les tendances naturelles, mais encore transformer la "nature même du caractère" ».7

4) Les enseignements de la 'Hassidouth créèrent la possibilité pour tous, même pour ceux qui ne possèdent pas une âme noble, ou qui n'ont pas purifié leur âme, d'appréhender et de comprendre le divin.8 En expliquant les concepts ésotériques9 de la Torah et en les rendant accessibles à l'intellect à travers des exemples et des analogies avec les facultés et les attributs de l'âme – ainsi qu'il est écrit : « À travers ma chair je percevrai D.ieu »10 –, la 'Hassidouth permit à tous la compréhension de cette partie de la Torah. Ainsi, peut-on non seulement l'appréhender avec la sagesse qui habite l'âme divine, mais encore avec l'entendement de l'âme « intellectuelle », et parvenir même à la faire percevoir à la raison que possède l'âme dite « animale ».11

NOTES
1.
Voir également les traités Torath Ha'Hassidouth (« Des enseignements de la 'Hassidouth »), et Limoud Ha Hassidouth (« De l'étude de la 'Hassidouth »), de mon beau-père et Maître, Rabbi Yossef Its'hak Schneersohn, (précédent Rabbi de Loubavitch), de sainte mémoire.
2.
[Voir le discours figurant en appendice de cet ouvrage, pour une exposition plus approfondie de ce concept. Un principe fondamental du Judaïsme est que les deux Lois, Écrite et Orale, furent transmises à Moïse au Sinaï. La Loi Écrite, ou TaNa'H, comprend le Pentateuque, les Prophètes, et les Hagiographes. La Loi Orale comprend la Michnah, le Talmud, le Midrach, les commentaires, etc. Le Talmud affirme en outre : « Toute nouveauté, qu'un éminent élève est appelé à révéler dans la Torah a déjà été transmise à Moïse au Sinaï » (Meguilah 19b). Cela signifie que bien que la Torah ait été donnée dans son intégralité, au Sinaï, différents domaines de son enseignement furent révélés à différentes époques de l'Histoire Juive : le Talmud en son époque, le commentaire de Rachi à la sienne etc. Ainsi, le fait qu'un aspect ou un concept de la Torah ait été révélé à une époque donnée, indique que ce moment était le plus opportun pour son apparition. Aussi, l'un des premiers défis relevés par le Baal Chem Tov (le fondateur du 'Hassidisme) et son école, consista à expliquer la contribution de la 'Hassidouth à l'ensemble de la Torah, la particularité de ses enseignements, et la raison pour laquelle ceux-ci n'avaient pas été articulés aux époques antérieures. N.d.T.]
3.
Découvert dans un ancien manuscrit 'hassidique dont l'auteur est inconnu. Voir également Kovets Youd-Chevath p. 65-66.
[Au moment où le Baal Chem Tov amorça son mouvement, la condition matérielle du judaïsme d'Europe de l'est, sur les plans politique et économique, était précaire, et la situation religieuse n'était guère meilleure. Les pogroms de 1648, et les vagues de faux messies avaient sévèrement ébranlé un peuple déjà bien meurtri. Une telle condition s'apparentait à une sorte de « coma ».
La référence précédemment citée explique que lorsqu'une personne perd connaissance, il est d'usage de lui murmurer son nom à l'oreille, pour la faire revenir à elle, ceci parce que le nom hébraïque d'une personne possède un lien essentiel avec son souffle de vie. L'âme du Baal Chem Tov, – comme son nom même, « Israël » , le caractérise –, constituait « l'Âme Collective » du Peuple Juif ; une âme qu'il partageait avec tous les juifs. En tant qu'« Âme Collective » d'Israël, une âme dont l'âme particulière de chaque juif constituait une parcelle, le propos du Baal Chem Tov fut de faire revenir le Peuple Juif de sa torpeur, et de rétablir le lien qui unit chaque juif – fût-il le plus vil –, à l'Essence Divine. N.d.T.]
4.
Explication 'hassidique du verset « Padah BeChalom Nafchi » (« Il a affranchi mon âme dans la paix » (Ps. 55,19), 5675-[1914-1915] (5726), Brooklyn, 5731. Se trouve dans la suite de discours BeChaa Chéhikdimou 5672 [1912] (§ 376), Brooklyn, 5738, tome II, page 772.
[Au sujet de l'affirmation « le 'Hassid est celui qui fait plus que ce qui est strictement requis par la loi. », l'ouvrage précédemment référencé explique que pour la Torah, l'individu a le droit et le devoir de rechercher les « révélations », (élévations spirituelles), et d'aspirer à son propre enrichissement spirituel. Le 'Hassid, cependant, atteint à un degré supérieur, en ce qu'il se départit de toute aspiration personnelle. A cet égard, on cite l'exemple de Moïse qui, dans son intense désir d'entrer en terre d'Israël, n'avait pas pour but d'atteindre un plus haut degré d'accomplissement, mais entrevoyait dans cette ultime étape la possibilité pour le Peuple Juif, de révéler un plus haut degré du divin ici-bas. N.d.T.]
5.
Niddah 17a, Tosfoth ad. loc. Voir également Likouté Dibourim I,68a.
[La source talmudique citée explique que celui qui coupe ses ongles ne doit pas jeter les morceaux coupés au sol, car cela pourrait occasionner un danger d'avortement à une femme enceinte qui marcherait dessus. Celui qui agirait ainsi est appelé Racha (pervers) ; celui qui enterre les morceaux coupés est appelé Tsadik (Juste), et celui qui par un surcroît de précaution, les brûle – de sorte qu'ils ne seront jamais découverts –, est appelé 'Hassid (pieux).
Le commentaire de Tosfoth à cet endroit explique que du fait que brûler ce qui a fait partie de son corps peut causer du mal à une personne, celle qui le fait est appelée 'Hassid ; elle va en effet au-delà de ce que la loi requiert – prête au besoin à en souffrir –, pour s'assurer qu'aucun dommage ne sera causé à autrui, et ceci, alors que la loi ne requiert pas qu'elle cause un préjudice à elle même. Pour plus de détails voir Baer Hétev Ora'h 'Haïm 260,2. N.d.T.]
6.
Likouté Dibourim, ibid., p. 56a.
[Le passage référencé ici rapporte que le Tséma'h Tsédek, Rabbi Mena'hem Mendel, troisième Rabbi de Loubavitch (de sainte mémoire), et petit-fils de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, demanda à son grand-père « Quel est le concept essentiel de la 'Hassidouth ? ». Il ne demandait pas ce qu'était la 'Hassidouth, car il savait déjà qu'elle était un enseignement divin, et une forme d'entendement qui recelait les enseignements les plus profonds de la Torah. Il désirait néanmoins savoir ce qui formait l'idée essentielle de la 'Hassidouth. Rabbi Chnéour Zalman répondit que le propos essentiel de la 'Hassidouth est que l'individu parvienne à modifier la nature des attributs de sa personne. Cette réponse ne faisait pas allusion à la seule mutation du mal en bien, mais au fait que même un individu doué d'une bonne nature, se doit d'y opérer un changement, car aucun acte ne saurait être accompli pour la seule raison qu'il est dicté par la nature. N.d.T.]
7.
Ibid. b. Clarifié dans HaTamim III, p. 66.
[Dans cet article, paru dans une revue publiée à Varsovie avant la seconde guerre mondiale, Rabbi Yossef Its'hak, décrit le processus de transformation de la nature même, du caractère de l'individu, à travers une évocation détaillée du concept 'hassidique des trois âmes fondamentales qui habitent le juif : « l'Ame Divine », « l'Ame Intellectuelle », et « l'Âme Naturelle ». Il y écrit que chacune de ces trois âmes procède d'une composition de facultés intellectuelles et émotionnelles, dont la teneur est fonction de la nature de l'âme. L'âme naturelle, est appelée l'âme « animale », car elle n'aspire qu'à des fins matérielles et instinctives, ainsi que l'explique longuement la 'Hassidouth. La fonction intellectuelle de l'âme naturelle s'emploie à cautionner les actes en fonction de sa propre appréciation, et ne se soucie que de de justifier les attitudes de l'individu. La fonction émotionnelle quant à elle, constitue le « mauvais penchant » lui-même (Yétsère HaRah). Cela signifie en clair que la fonction intellectuelle constitue le moyen de justifier l'acte, et la fonction émotionnelle, la tendance à le commettre.
En premier lieu – et en attendant de disposer des moyens permettant de corriger les tendances de l'âme « animale » –, l'individu doit réprimer ses instincts. Néanmoins, explique le Rabbi, servir D.ieu réellement, ne consiste pas à réprimer, mais à remédier, et à parfaire. Et l'on entreprend cette œuvre de perfection, avec l'âme intellectuelle, l'âme intermédiaire. L'instrument en est l'étude de la 'Hassidouth, laquelle implique la méditation à des concepts qui correspondent au degré d'entendement de la personne, et à ce qui peut être compris par le cœur et est susceptible de l'ennoblir.
L'âme divine, et l'âme intellectuelle possèdent toutes deux des attributs émotionnels (Midoth). La nature de l'âme intellectuelle est de tendre vers tout ce qui est moins noble qu'elle, alors que celle de l'âme divine est d'aspirer à tout ce qui la transcende. Ainsi, l'affirmation selon laquelle le propos essentiel de la 'Hassidouth est de parvenir à modifier la nature des attributs de l'individu, fait allusion aux attributs des deux précédentes âmes. Pour l'âme intellectuelle, cela implique d'admettre que l'on doit aspirer au bien, non pas parce qu'il est reconnu comme tel par la raison, mais parce que D.ieu en a ainsi donné l'injonction. En conséquence, l'individu doit rechercher le bien, par-delà son entendement. Chez l'âme divine, la nature des attributs est de désirer se défaire de l'enveloppe corporelle pour se fondre en leur source, en D.ieu. Transformer ses Midoth, consiste à les contraindre à servir D.ieu dans le contexte du monde matériel, avec toutes les contingences imposées par le corps. N.d.T.]
8.
Torath Chalom, p. 113.
[Jusqu'à l'avènement du 'Hassidisme, les concepts ésotériques de la Torah, comme ceux de la Kabbale, étaient le domaine privilégié d'une élite spirituelle, d'âmes de noblesse innée, et de ceux qui étaient parvenus à un certain degré d'élévation et de purification. Comme le texte le note ici, la 'Hassidouth permit à tous d'appréhender les concepts les plus abstraits, en les articulant dans les termes de l'intellect. Dans l'ouvrage référencé ici, Le cinquième Rabbi de Loubavitch, R. Chalom Dov-Ber (de sainte mémoire), explique que cela allait dans le sens de la réponse qui avait été faite au Baal Chem Tov, lorsqu'il avait demandé quand le Machiah (Messie) viendrait, et à qui il avait été répondu : « Lorsque tes sources se seront répandues au-dehors (en hébreu : Houtsah) ». Cela signifiait que ce qui est le plus « au-dehors » de la Torah, jusqu'aux êtres les plus vils, doit également comprendre le divin. Et R. Chalom Dov-Ber ajoute : « 'Houtsah : « au-dehors », peut même signifier appréhension rationnelle ». Ainsi, la démarche de la 'Hassidouth – laquelle, ainsi que le texte le note plus loin, transcende l'appréhension intellectuelle –, à travers l'exposition en termes rationnels, constitue-t-elle la première phase de son extension au « dehors ». N.d.T.]
9.
[Il existe quatre approches à l'interprétation de la Torah : le Pchath ou sens littéral ; le Rémez ou sens allusif ; le Drouch ou sens homilétique ; le Sod ou « secret » : l'interprétation ésotérique telle qu'on la trouve, par exemple, dans la Kabbale. Voir chap. III pour une explication détaillée, et une illustration du sens de ces quatre degrés de l'exégèse. N.d.T.]
10.
8. Job 19,26. Voir également Likouté Dibourim II, p. 332b. Se référer également à Torath Chalom, p. 185, qui dit que « l'aboutissement de cette démarche (l'innovation du 'Hassidisme, qui en procédant par analogie avec les attributs de la personnalité, permet d'appréhender ce qui leur correspond « En-Haut », en D.ieu), ces facultés deviennent elles-mêmes divines ». Ceci permet de relier la quatrième définition de la 'Hassidouth à la troisième.
[Pour les écrits 'hassidiques, le verset de Job signifie qu'à travers l'étude de la structure de l'âme et de ses facultés – lesquelles sont à l'image de D.ieu –, on peut comprendre le divin lui-même. Le second ouvrage référencé, Likouté Dibourim, relate l'histoire du célèbre 'Hassid Rav Hillel de Paritch, qui, lorsqu'il eut étudié l'explication 'hassidique du verset « A travers ma chair je contemplerai D.ieu » affirma : « Avant de devenir un 'Hassid 'HaBaD, mon corps était pour moi un objet de mépris, car le corps est à l'origine de toutes les défaillances spirituelles. Lorsque je compris le sens profond des mots " A travers ma chair, je contemplerai D.ieu ", qui indiquent que le corps est une « loupe » à travers laquelle on peut voir le divin, dès lors, j'accordai de la considération au corps. »
Le texte de Torath Chalom référencé explique que la nouveauté de la 'Hassidouth par rapport à la Kabbale, est que la 'Hassidouth est le divin « fait compréhension », à travers l'analogie qui est établie entre lui et les attributs humains. Et bien que la Kabbale, dans une certaine mesure, procède de façon analogue, sa démarche n'aboutit pas à une complète compréhension. La 'Hassidouth permet elle, de mettre la parfaite compréhension du divin à portée humaine, de sorte qu'à travers ses propres attributs, l'individu puisse comprendre des concepts transcendants. (Voir infra, note 53.) Ainsi, partant de ses propres attributs intellectuels, l'individu, peut parvenir à la compréhension de « l'intellect divin » ; de même, en partant de ses attributs émotionnels, ou Midoth, il en viendra à comprendre ce que sont les Midoth de D.ieu. Et à travers cette compréhension, laquelle est en fait une transfiguration, les attributs de l'individu deviennent divins, et constituent des réceptacles propres à accueillir le divin, et à se fondre en lui.
Ainsi, peut-on relier l'explication de la quatrième définition de la 'Hassidouth, dans le texte, (à savoir qu'elle permet à l'individu le plus simple, de comprendre le divin, à travers son identification à l'âme), à la troisième définition (selon laquelle la 'Hassidouth permet de modifier la nature du caractère de l'individu). A travers la compréhension du divin, les facultés de l'individu s'identifient à lui. N.d.T.]
11.
[Voir supra, note 6. L'âme intellectuelle est une sorte de charnière entre l'âme « animale » et l'âme divine. La compréhension est en effet l'instrument de l'appréhension du divin, et peut ainsi susciter chez l'âme « animale » une soif de connaître ce qui touche à D.ieu. Voir Sefère HaMaamarim 5702 (1941-42), p. 102. N.d.T.]
par Rabbi Menahem M. Schneerson, le Rabbi de Loubavitch
Traduit par Schlomoh Brodowicz
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