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VI. La 'Hassidouth : une nouvelle force de vie

VI. La 'Hassidouth : une nouvelle force de vie

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Comme il a été vu précédemment [chapitre IV], c'est à travers la rétribution attachée à (la diffusion de) la 'Hassidouth, que nous pouvons concevoir sa teneur. Ainsi, toutes les innovations introduites par la 'Hassidouth ([a] dans la Torah : y compris la révélation au grand jour,1 de sa partie ésotérique ; [b] dans la façon de servir D.ieu : accomplir plus que ce qui est requis par la stricte loi, et modifier les attributs du caractère ;2 [c] plus généralement, au sein du monde environnant : en le faisant revenir de sa profonde « léthargie »),3 ne sont pas des apports séparés pouvant être perçus indépendamment les uns des autres. La 'Hassidouth est une vitalité nouvelle et « essen­tielle » qui caractérise l'état de Yé'hidah4 Aussi, lorsque ce nouveau flux de vie fut introduit en ce monde (dans un premier temps la 'Hassidouth générale, par le Baal Chem Tov, et le Magguid de Mézeritch5, et par la suite, la 'Hassidouth 'HaBaD6 par « l'âme nouvelle »7 de Rabbi Chnéour Zalman, dont nous célébrons aujourd'hui la libération),8 toutes les composantes du monde commencèrent à vivre d'une intensité nouvelle : d'une « force essentielle de vie »9 C'est ainsi [par ce flux de vie qui pénétrait toute la Création], que toutes ces innovations furent engendrées.

NOTES
1.
Cette diversification – le fait que les parties Pchath, Rémez, Drouch soient révélées, alors que le Sod, la partie ésotérique, est elle, dissimulée –, laquelle diversification est également une limitation, n'existe que dans le contexte de la Hichtalchelouth [l'amoindrissement progressif du rayonnement de la Torah-Lumière pendant le processus Créateur]. En revanche/au regard de l'essence et de l'Intériorité de la Torah, lesquelles sont caractérisées par le niveau de Ye'hidah, il n'est pas de distinction entre la partie ésotérique et les autres parties, et la partie ésotérique peut elle aussi être révélée.
2.
Dans le contexte des quatre niveaux de Nefèche, Roua h, Nechamah, 'Hayah, la personne conserve tout son moi et ses attributs propres. Aussi est-ce son moi inaltéré qui sert D.ieu. Il en découle que : 1) son intention en servant D.ieu est de mériter des « révélations » [la rétribution souhaitée après avoir servi D.ieu.] (Il s'agit là en fait d'une démarche agréée par la loi, ainsi qu'il est expliqué dans le Maamar « Padah BeChalom Nafchi » cité plus haut, chap. 376) ; car même au niveau de 'Hayah, il est encore nourri un intérêt propre (Maamar « Zoth HaTeroumah 5670 » [Sefère HaMaamarim 5670, p. 151], Kountrass HaAvodah, chap. 5) ; 2) la nature des traits de caractère demeure inchangée, mais la personne fait usage de ses attributs pour aimer D.ieu etc. Au niveau de la Ye'hidah, en revanche, on atteint un niveau de renoncement à l'existence propre. Ainsi, 1) il n'y a pas le moindre intérêt propre lors du service de D.ieu, – attitude qui va au-delà de ce qui est strictement requis par la loi ; 2) La nature même des attributs de caractère de l'être se trouve également modifiée (de la sévérité à la bonté ou inversement etc.)
3.
Car cette « perte de conscience » est inhérente aux [quatre] niveaux manifestes de l'âme, mais ne s'étend pas à l'essence, qui est le niveau de Ye'hidah, qu'il est ainsi possible de sensibiliser.
4.
Voir le Maamar « Vayidaber 5699 » loc. cit. qui indique que l'enseignement de l'Intériorité de la Torah, par le Machia'h se fera de par son degré de Ye'hidah. Il convient de noter que A'hyiah le Chilonite,* qui fut le Maître du Baal Chem Tov fondateur de la Hassidouth (laquelle constitue le degré le plus intérieur à la Torah, et un avant-goût de la Torah profonde qui nous sera révélée aux Temps Futurs), est appelé « Maitre de la 'Hayah-Ye'hidah » (Sefère HaSi'hoth 5700, p. 159). Il en va de même pour les Grands Maîtres d'Israël qui en chaque génération, révélèrent les enseignements de la 'Hassidouth : leur âme procède du niveau de Ye'hidah collective du Peuple Juif. (Maamar « Padah BeChalom » dans Chaar HaTefilah de Rabbi Dov-Ber Chnéouri [Second Rabbi de Loubavitch, de mémoire bénie].)

[*A'hyiah le Chilonite : personnage biblique mentionné dans Rois I 11,29 et dans l'introduction de Maïmonide à son Michné Torah. Dans son énumération des Maîtres d'Israël qui transmirent la Tradition en chaque génération, il indique que A'hyiah fut parmi ceux qui quittèrent l'Égypte. Ceci est fondé sur le Talmud Baba Batra 121b. Dans le Talmud de Jérusalem (Erouvine 5,1) il est écrit : « Il fut de ceux qui quittèrent l'Egypte, et fut le Maître du Prophète Élie. » N.d.T.]
5.
[Le successeur du Baal Chem Tov fut le « Magguid » de Mézeritch, R. Dov-Ber, de mémoire bénie. N.d.T.]
6.
La 'Hassidouth HaBaD fut cette partie intégrante du 'Hassidisme qui en permit l'appréhension par l'intellect, pour qu'elle soit intégrée au moyen des « 'HaBaD » [Les trois attributs de l'intellect : JHo'hmah (« Conception »), Binah (« Compréhension »), et Daath (« Connaissance »)]. Ainsi Le 'Hassidisme 'HaBaD révéla l'essence même de l'Intériorité de la Torah (Maamar « Padah BeChalom 5685 » citant R. Chalom Dov-Ber, de mémoire bénie, qui le dit le 19 Kislev 5679 (1918). Voir également Likouté Sïhoth vol. 4, p. 1138).
[Dans le dernier ouvrage référencé, le Rabbi explique de façon détaillée que le Baal Chem Tov et son successeur le Magguid de Mézeritch avaient eux aussi révélé l'Intériorité de la Torah, mais, explique t-il, leurs enseignements revêtaient une forme qui transcendait le seul entendement rationnel, et ne permettait pas une appréhension logique. Leurs discours étaient transrationnels, en appelaient à la foi, et devaient susciter des réponses d'ordre plutôt émotionnel. Ainsi, l'intellect n'était pas l'instrument d'élection pour appréhender les enseignements du 'Hassidisme.
R. Chnéour Zalman, fondateur du Hassidisme 'HaBaD, articula lui, les enseignements de la Hassidouth d'une façon qui pouvait épouser les formes du raisonnement. Il révéla ainsi l'essence des enseignements de l'Intériorité de la Torah. Ainsi il pouvait aborder ce qui transcendait entièrement la raison et la logique et produire un discours qui mettait à contribution l'intellect et ses attributs. L'auteur d'un tel tour de force se devait au préalable de pénétrer l'essence de l'Intériorité de la Torah. Car l'essence est ce qui est entièrement départi de toute forme intellectuelle ou émotionnelle, mais peut être révélé à travers ces formes. Voir plus loin, chapitre VII et note 49. Ainsi les révélations du Baal Chem Tov et du Magguid constituaient des préalables à la révélation de l'essence de l'Intériorité de la Torah, réalisée par R. Chnéour Zalman.
Dans l'ouvrage référencé, le Rabbi cite également un discours du Rabbi précédent de Loubavitch, qui explique plus avant ce concept et établit un parallèle entre l'apport des fondateurs du Hassidisme, le Baal Chem Tov et le Magguid, et la contribution au Judaïsme qui fut celle des Patriarches avant que la Torah soit donnée, au Sinaï. Les Patriarches accomplissaient les commandements de la Torah avant que ceux-ci aient été ordonnés (voir Kidouchine 82a). Cependant, et ainsi que le Midrach (Chir HaChirim Rabbah 1,3) l'indique, ces Mitsvoth n'étaient que des « arômes » et ne constituaient pas la teneur réelle de la Torah. C'est au Sinaï en fait, que l'essence de la Torah fut révélée. De même que les actes et les enseignements des patriarches constituèrent une préparation au don de la Torah à travers Moïse, le Baal Chem Tov et le Magguid frayèrent le chemin de la révélation de l'essence de la Hassidouth par R. Chnéour Zalman. N.d.T.]
7.
Sefère HaSïhoth 5705, p. 127. Voir également Likouté Torah « Chir HaChirim » (50a) pour une explication du terme « Âmes Nouvelles ».
[« Âme nouvelle » désigne une âme qui n'était pas « incluse » dans l'âme « génératrice » d'Adam, le Premier Homme. D'après R. Isaac Louria (ARIZaL) il y a deux sortes d'âmes : 1) celles dérivées de l'âme d'Adam ; 2) celles ne provenant pas de l'âme d'Adam, et qui sont plus nobles que les autres. Par exemple l'âme du Machiah. Les six cent mille âmes qui quittèrent l'Égypte étaient des âmes « collectives » ou « génératrices » des âmes juives des futures générations. On peut imaginer qu'il y ait pour ainsi dire des extensions à ces âmes, lesquelles prolongent l'œuvre et les efforts des six cent mille premières. Les âmes « nouvelles » elles, ne sont pas des « extensions » prolongeant et enrichissant une œuvre antérieure, mais des âmes « pionnières » frayant de nouvelles voies dans la Torah et le service de D.ieu. N.d.T.]
8.
[Le jour de Youd Teth (19) Kislev est la date à laquelle R. Chnéour Zalman de Lyadi fut libéré de la prison où il avait été incarcéré pour avoir enseigné la 'Hassidouth, et à la suite d'une accusation fallacieuse.] Le Youd Teth Kislev marque en outre un tournant en ce que dès lors, la 'Hassidouth fut présentée sous une forme intellectuellement concevable (Torath Chalom, p. 114. Voir également Likouté Dibourim I, 22a). En donnant à la 'Hassidouth le langage du rationnel, on permit l'expression et la compréhension de son essence, comme cela a été expliqué à la note 44. A cet égard, on peut noter que le jour du 19 Kislev est appelé « le Roch Hachanah (Nouvel An) de la 'Hassidouth. ». De plus, le terme « Roch Hachanah » (« Tête de l'année »), exprime le fait que ce jour est le ferment de Tannée entière, car à Roch Hachanah se diffuse « ce qu'il y a de plus profond et de plus intérieur (...) de l'essence profonde de la lumière de l'infini » (Igguéreth HaKodech de R. Chalom Dov-Ber de mémoire bénie, datée du 19 Kislev 5662 (1901), dont la reproduction figure en introduction du Kountrass OuMayane, p. 17).
[Pour une plus large évocation du Youd Teth Kislev en anglais, voir The Arrest and Liberation of Rabbi Shneur Zahnan of Lyadi (l'histoire du Youd Teth Kislev) par A. H. Glitzenstein, traduits par J. E. Shochet (Kehot, Brooklyn, 1964). Voir également Rabbi Shneur Zahnan of Lyadi, par Nissan Mindel (Kehot, Brooklyn, 1974. N.d.T.]
9.
[« Force essentielle de vie » : il convient de noter que dans l'expression utilisée ici – ainsi qu'en d'autres endroits du texte –, comme traduction de l'expression 'Hayouth Atsmi), le mot « essentiel » n'a pas le sens « d'important », mais désigne ce qui procède de l'Essence. N.d.T.]
par Rabbi Menahem M. Schneerson, le Rabbi de Loubavitch
Traduit par Schlomoh Brodowicz
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