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4 tactiques disciplinaires à éviter

4 tactiques disciplinaires à éviter

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Dans l’exercice de notre parentalité, nos instincts ne sont pas toujours bons. Par exemple, quand un enfant fait quelque chose de destructeur, il peut nous arriver de nous mettre impulsivement à crier tant cela nous bouleverse. Un tel comportement vient « naturellement » et « instinctivement », mais il peut pourtant souvent se révéler contre-productif. De fait, bon nombre des actions que nous entreprenons spontanément pour éduquer nos enfants ont souvent peu ou pas d’impact positif. Examinons quatre de ces interventions parentales et voyons comment nous pouvons les transformer en stratégies éducatives efficaces.

1. Mettre l’accent sur le problème, plutôt que sur ce qui est juste

Nos instincts ne sont pas toujours bons

Cette erreur vient de notre tendance naturelle à voir bien plus facilement ce qui ne va pas que ce qui est juste. Si un enfant embête son frère, son comportement attirera bien plus notre attention que s’il était assis à jouer tranquillement avec lui. Le problème à trop se concentrer sur le mauvais comportement est que l’intérêt renforce le comportement. Tout type d’intérêt –  agréable ou désagréable – augmente le comportement auquel il se rapporte. Si nous regardons l’enfant, le touchons ou lui parlons quand il fait quelque chose de mal, il y a de grandes chances qu’il recommence. Peu importe que notre regard soit sévère, ou que nos paroles expriment une réprimande. Peu importe même que nous ajoutions une conséquence négative. Tant que nous accordons de l’attention à un comportement spécifique, nous sommes certains de le voir se répéter. Par exemple, demander à un enfant de mâcher la bouche fermée, l’amènera généralement à mâcher encore plus avec la bouche ouverte, parce que le parent a parlé à l’enfant pendant que l’enfant mangeait avec sa bouche ouverte !

Par conséquent, nous devons veiller à accorder le plus possible de notre attention quotidienne à des comportements neutres (non problématiques) et positifs (louables). Nous devons sourire à l’enfant, lui parler et le toucher lorsqu’il ne fait rien de mal et aussi quand il fait quelque chose de positif. Bien que ce soit difficile lorsque les comportements négatifs de l’enfant sont fréquents et intenses, c’est alors encore plus important de le faire. Une amélioration deviendra bientôt apparente ! Concentrer la plupart de nos efforts éducatifs sur les interventions positives est conforme à la maxime de nos Sages selon laquelle « la main droite rapproche tandis que la main gauche repousse ». La main droite, symbolisant la communication aimante, est la main la plus forte. La main gauche, plus faible, symbolisant la correction et la discipline, a un rôle plus mineur dans l’éducation des enfants.

2. Ne pas discipliner

Toutefois, trop peu de discipline peut aussi être un problème. Les enfants ne laissent pas nécessairement les comportements négatifs derrière eux à mesure qu’ils grandissent. En fait, en se livrant à ces comportements, ils les pratiquent, construisant de puissants réseaux neuronaux dans leurs petits cerveaux. Un enfant qui parle de façon malpolie, par exemple, est en train de construire un chemin mental vers un tel discours. À mesure qu’il adopte ce comportement, il devient au fil du temps de plus en plus naturel pour lui d’accéder à ce chemin. Il n’est pas nécessaire ni souhaitable de s’attaquer à tous les comportements négatifs d’un enfant au cours d’une journée ou d’une semaine donnée. Cependant, vous pouvez faire une liste écrite des comportements inappropriés et les aborder un par un.

Il n’est pas nécessaire de s’attaquer à tous les comportements négatifs d’un enfant en un jour

La plupart des comportements inappropriés peuvent être corrigés par la Discipline Positive, une forme intense d’attention positive envers le comportement souhaité. Une stratégie de Discipline Positive est agréable à l’enfant plutôt que l’inverse. « Discipline » signifie éducation, pas punition ; il n’est pas nécessaire de choisir une forme de discipline punitive lorsque les techniques correctives agréables sont efficaces. En outre, la discipline agréable met l’accent sur le comportement souhaité plutôt que sur le comportement inapproprié.

Disons, par exemple, que l’enfant a du mal à obéir. Au lieu de le punir lorsqu’il désobéit, nous voulons renforcer son comportement quand il obéit. Ainsi, dès que nous voyons qu’il a écouté et répondu de manière appropriée à une instruction, nous pouvons reconnaître verbalement son obéissance, la louer et même la récompenser. Adoptez une approche similaire pour la plupart des comportements inappropriés, et gardez la discipline « désagréable » pour les très rares comportements qu’elle ne parvient pas à résoudre.

3. Utiliser la colère

Les parents ne sont que des êtres humains, ils ressentent donc parfois naturellement de la colère. Cependant, il s’agit d’une émotion que nos sages nous engagent particulièrement à restreindre. Nous devons travailler sur nous-mêmes pour ressentir moins de colère, et nous devons apprendre à nous abstenir de parler et d’agir dans la colère. Dans l’éducation, la colère peut nuire au développement de l’enfant et à la relation parent-enfant. Pour l’instant, disons simplement que la colère donne beaucoup trop d’attention à un comportement négatif et donc augmente les chances que le comportement se reproduise.

La colère peut nuire à la relation

Lorsque nous sommes en colère, nous ne devrions pas du tout essayer d’éduquer l’enfant. Nous pouvons attendre de nous être calmés et d’avoir pu réfléchir à ce que nous voulons que l’enfant fasse et sur la stratégie éducative que nous pouvons mettre en place pour l’aider à y parvenir. Si nous avons déjà eu recours à l’attention positive et à la discipline positive sans produire aucune amélioration, nous pouvons certainement utiliser des conséquences négatives « à l’ancienne ». Mais celles-ci doivent être mises en œuvre sans afficher de colère.

Fort heureusement, il est tout à fait possible de discipliner les enfants comme les adultes sans colère. Après tout, les « contraventions » (telles qu’un coûteux PV pour excès de vitesse pour les adultes qui conduisent trop vite) peuvent modifier très efficacement les comportements. De même qu’un agent de police n’a pas besoin de vous crier dessus pour vous faire conduire à la bonne vitesse, vous n’avez pas besoin de crier sur vos enfants pour obtenir leur coopération. Le policier vous inflige simplement une amende : un coût monétaire pour votre comportement. Vous pouvez infliger à votre enfant une amende – la perte d’un privilège, un temps de réflexion dans sa chambre, un travail d’écriture ou quelque autre conséquence fâcheuse – pour faire passer votre message, si nécessaire.

4. Injurier

Si vous employez des étiquettes négatives dans l’éducation de votre enfant, vous êtes tout aussi coupable que lui lorsqu’il profère des injures ! La règle dans la vie de la famille est qu’aucune étiquette négative ne soit jamais utilisée. Peu importe que l’étiquette soit parfaitement exacte. Des mots comme « paresseux », « stupide », « égoïste », « irresponsable », « insouciant », « méchant » et « grossier » sont tous des formes d’injures.

La grammaire n’a pas d’importance ici. Toutes les phrases suivantes signifient exactement la même chose à l’enfant : « Tu fais le méchant », « Ce que tu fais est méchant », « Ne sois pas méchant », « C’était méchant ». Malheureusement, de chacune de ces phrases, le mot « méchant » est le seul que son cerveau va enregistrer et dont il se souviendra. Les étiquettes descriptives sont rapidement « changées en glucose », pour ainsi dire, elles sont stockées comme si vous aviez dit : « Tu es méchant ». Cela découle de la façon dont le cerveau traite le langage et vous ne pouvez rien y faire, mis à part faire l’effort de ne jamais utiliser des étiquettes désagréables dans vos phrases. (D’ailleurs, la Torah elle-même évite les étiquettes négatives autant que possible, employant au besoin des mots supplémentaires pour décrire quelque chose d’une manière positive plutôt que d’une manière plus concise, mais avec une étiquette négative. Ceci malgré le principe selon laquelle la Torah emploie toujours le moins de mots possibles pour exprimer ses enseignements.)

La grammaire n’a pas d’importance ici

Au lieu d’employer une étiquette négative, décrivez le comportement inacceptable et laissez tomber le qualificatif insultant. Par exemple, au lieu de dire à un enfant qu’il est irresponsable, vous pouvez faire remarquer que c’est à lui de sortir les ordures et que la famille dépend de lui. Vous pouvez même utiliser l’adjectif positif « responsable », comme dans : « Tu dois être responsable. Nous comptons sur toi. » De même, quand un enfant est malpoli envers vous, dites-lui juste qu’il doit être « poli » ou « respectueux », puis poursuivez avec vos interventions normales pour renforcer sa politesse. Il est inutile d’utiliser le mot « malpoli » qui est nuisible, insultant et conditionnant, c’est-à-dire que l’enfant se considèrera désormais comme une personne malpolie et donc agira de cette façon plus souvent ! Les étiquettes ont un réel pouvoir.

Éviter ces pièges disciplinaires peut vous aider à guider votre enfant plus efficacement et avec joie. Après tout, plus de positivité et moins de négativité est aussi bon pour vous que pour lui !

par Sarah Chana Radcliffe
Sarah Chana Radcliffe, éducatrice et psychologue, est l’auteur de « Élever nos enfants ». Son site Internet est : www.parenting-advice.net (en anglais).
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1 Commentaire
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Avraham Bois-guillaume via chabadrouen.org 3 juin 2015

Merci Merci d'avoir partagé cet article, dont le contenu m'est familier, mais la forme tellement synthétique et pertinente qu'il prend une dimension particulière pour un jeune parent. Reply

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