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Le monde rebranché

Le monde rebranché

La contribution de Rabbi Chnéour Zalman à la révolution de la pensée ‘hassidique

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Le Litvak

Les collègues de Chnéour Zalman de Lyadi, disciples comme lui du Grand Maguid, aimaient l’appeler « le Litvak ». Ils étaient majoritairement issus de Pologne, d’Ukraine, de Roumanie et des Carpates, autant de pays où l’esprit romantique du ‘Hassidisme résonnait dans les cœurs ouverts. Rabbi Chnéour Zalman était quant à lui culturellement lituanien, ce qui, en termes juifs, désignait une personnalité froide, calculatrice et rigoureusement intellectuelle. Alors qu’on pouvait trouver les autres disciples du Maguid dans l’extase de leur prière à n’importe quelle heure de la journée, n’importe quel jour de la semaine, Rabbi Chnéour Zalman se conformait à un strict programme journalier de prière, d’étude du Talmud, de la Halakha et, bien sûr, de la Kabbalah. C’est seulement le Chabbat qu’il s’autorisait à sortir des limites du temps et du programme, car, après tout, le Chabbat est le temps du dépassement des limites.

Rabbi Chnéour Zalman était trop jeune pour avoir étudié directement sous la direction du Baal Chem Tov. Il n’avait que quinze ans à sa mort et on peut même douter qu’il ait connu son existence à cet âge. À 22 ans, il devint le plus jeune étudiant du successeur du Baal Chem Tov, Rabbi Dov Ber de Mézeritch, le Mezeritcher Maguid ou le « Maguid de Mézeritch ».

Quand une question de loi rituelle juive se posait, le Maguid chargeait son plus jeune disciple d’y répondre, ne l’appelant pas le Litvak, mais « le Rav », l’autorité en matière de loi juive. À la demande du Maguid, il composa une version réactualisée du Choul’hane Aroukh, le Code de Loi juive, qui devint l’un des plus importants recueils de la halakha des temps modernes. Son œuvre concise sur l’éthique et la théologie, connus sous le nom de « Tanya », devint rapidement un classique et est étudiée dans toutes les yéchivas aujourd’hui, étant considéré comme un texte essentiel de la pensée juive, et tout simplement pour apprendre  « comment être un Juif ».

La clé en était la clarté : non seulement le cœur, mais également l’esprit doit avoir une certaine appréhension du divin

Ce fut dans cet ouvrage, ainsi que dans de nombreux discours retranscrits par ses disciples, qu’il formula de manière claire, usant de termes et de métaphores concis et précis, ce que le Baal Chem Tov et le Maguid avaient exactement à dire. Ce faisant, il intégra ces enseignements à la trame de son approche particulière du service spirituel faisant de l’esprit la passerelle vers le cœur, à l’image de la façon dont nous comprenons la psychologie cognitive de nos jours. La clé en était la clarté : l’idée que non seulement le cœur, mais également l’esprit doit avoir une certaine appréhension du divin. Il appela cette approche « ‘Habad », un acronyme des trois facultés intellectuelles primaires que sont ‘hokhma (la sagesse), binah (la compréhension) et daat (la connaissance). Le Baal Chem Tov enseigna que « D.ieu désire le cœur ». Rabbi Chnéour Zalman enseigna un chemin pour que chacun puisse sortir ce cœur de sa torpeur.

Le maître de Rabbi Chnéour Zalman, le Maguid, était « le rabbin du rabbin ». C’est lui qui envoya des disciples dans toutes les régions d’Europe de l’Est pour répandre la parole du Baal Chem Tov, s’y établir comme chefs communautaires et construire le grand réseau du mouvement ‘hassidique qui se développa rapidement. Pourtant, plus que tous les autres disciples, ce fut Rabbi Chnéour Zalman qui subit les plus forts assauts de l’opposition au mouvement. De retour dans sa région natale parmi les Litvaks, il dut défendre la conformité de chacun des enseignements des ‘hassidim au cadre rigoureux du judaïsme orthodoxe. Sa réponse était catégorique : quoi que le Baal Chem Tov ou le Maguid aient enseigné, s’ils l’avaient vraiment enseigné, pouvait être retrouvé dans les classiques reconnus – le Talmud, Maïmonide, le Zohar et d’autres œuvres classiques. Il n’y avait rien de nouveau, c’était la foi de nos pères. La seule chose qui avait changé, c’est ce sur quoi l’accent était mis.

La notion de providence particulière fut l’objet des plus fortes attaques. Pour les adversaires du ‘Hassidisme, l’idée était évocatrice de rien de moins que le panthéisme païen. Il était déjà assez difficile pour le savant lituanien de s’entendre dire que D.ieu se trouve autant dans les simples prières d’un paysan que dans les études sophistiquées du talmudiste ; mais découvrir que D.ieu Lui-même avait été réintroduit dans ce monde trivial était pour lui une hérésie pure et simple. D.ieu exerçait certes Sa supervision sur le monde, mais d’en haut, depuis Son royaume céleste, regardant ceux qui importaient, comme un roi jetant un coup d’œil à son royaume par les fenêtres de son palais. Dire que D.ieu était présent dans le fumier de l’existence physique elle-même sonnait comme le summum de la grossièreté, et comme l’apostasie ultime.

Dire que D.ieu était présent dans le fumier de l’existence physique elle-même sonnait comme le summum de la grossièreté, et comme l’apostasie ultime.

Lors d’un débat, Rabbi Chnéour Zalman cita le Zohar : « Aucun endroit n’est vide de Lui. » Ses adversaires rétorquèrent que, s’agissant d’une question ayant des répercussions dans la loi juive, le Zohar ne pouvait pas être invoqué. Il rapporta alors un passage du Talmud : « Lorsque Rabbi Yo’hanane voyait un martin-pêcheur, il disait : “Tes jugements s’exercent sur le grand abîme.” (Psaumes 36,7) »1 Rachi, le commentateur classique, explique : dans son jugement, D.ieu décide de quel poisson sera pris, quand et par quel oiseau.

S’agissant de gagner la polémique, cela aurait pu satisfaire certains. Mais la dissonance cognitive demeura. Pour résoudre ce problème, un nouveau paradigme était nécessaire. Il fallait cependant que ce paradigme émerge d’un patrimoine classique et bien accepté. Rien des enseignements des sages antérieurs de la Kabbale ou du code de Maïmonide ne pouvait être rejeté. Au contraire, ceux-ci devaient constituer la base du paradigme. D’une certaine manière, les textes traditionnels devaient eux-mêmes servir de base à une reformulation de l’ensemble.

L’artisan et son métier

Maïmonide avait déjà contré leur argumentation. Rabbi Chnéour Zalman prit son idée comme point de départ.

Voici les propres mots de Rabbi Chnéour Zalman. Gardez à l’esprit que son propos n’est pas de s’opposer aux philosophes traditionalistes cités plus haut. Il se réfère à ceux qui nient la possibilité que le Créateur de ce monde puisse encore avoir un quelconque rapport à Sa création. À son époque, c’était un point de vue populaire parmi beaucoup de gens instruits, généralement appelés le déisme : D.ieu avait réglé Sa création comme une horloge, puis s’en été allé. Comme l’histoire de la philosophie tourne principalement en cercles répétitifs, Maïmonide avait également contré une idée similaire émise par certains penseurs musulmans de son temps. Il avait répondu qu’ils se trompaient en considérant D.ieu comme un « Faiseur », comme un menuisier construisant un coffre, plutôt que comme une force produisant un effet, en l’absence de laquelle cet effet cesse d’exister.2 Rabbi Chnéour Zalman s’empara de cette idée séminale et la développa3 :

Ils font une fausse analogie en comparant l’acte de D.ieu de faire le ciel et la terre à la façon dont les êtres humains manipulent leur monde.

Une fois qu’un orfèvre a produit un ustensile, cet ustensile n’est désormais plus dépendant des mains de l’orfèvre. Même s’il quitte ses mains et qu’il fait son chemin au marché, il conserve sa structure et sa forme tout comme il était lorsqu’il a quitté les mains de l’artisan.

C’est ainsi que ces sots se représentent la création du ciel et de la terre. Mais leurs yeux sont aveugles à l’immense distinction entre l’œuvre de l’homme et ses manipulations à travers lesquelles il fait quelque chose de quelque chose, changeant simplement la forme et l’apparence, de l’apparence d’un lingot d’argent à l’apparence d’un ustensile, et la création du ciel et de la terre, qui est la création de quelque chose à partir de rien.

Nous baignons dans un monde de cause et d’effet. Le vent souffle et fait ployer les arbres. Les vagues s’abattent sur le littoral et les falaises deviennent du sable. La pression atmosphérique diminue et les nuages se changent en pluie. Dans l’exemple de Rabbi Chnéour Zalman, l’orfèvre met le métal au feu et lui donne une forme, transformant un morceau d’argent en une coupe finement décorée.

La chaîne de cause à effet n’est pas seulement « au dehors », mais aussi « au dedans », elle est une expérience à l’intérieur de nous-mêmes : l’esprit réfléchit et les émotions s’agitent. Et lorsque les émotions s’éveillent, elles suscitent des pensées conscientes et définies qui traversent l’esprit, et ces pensées conscientes se projettent en paroles.

Dans chaque cas, rien de nouveau n’a eu lieu. Cela peut nous paraître nouveau, en raison de notre champ de vision limité, mais nous découvrons que tout ce qui est apparu était présent de façon dissimulée dès le début, en potentiel au sein de l’état précédent. Lorsqu’une chose a interagi avec une autre, quelque chose d’autre a surgi. Quelque chose a émergé de quelque chose. Il n’y a pas eu de création, seulement une transformation.

C’est ce qui permet à cette coupe flambant neuve de faire son chemin au marché tout en conservant sa forme, en tout indépendance de son artisan. Et à vos émotions de mener leur propre vie, même après que vous ayez oublié ce qui les a suscitées. Parce que leur forme existait – potentiellement – avant que l’artisan l’ait façonnée ou que l’esprit les ait suscitées.

Ainsi, de même, si le Créateur s’était saisi de quelque glaise primordiale et en avait fait l’univers, celui-ci n’aurait plus besoin de son Créateur pour exister. Les lois de cet univers seraient fondées sur la nature de la substance à partir de laquelle il aurait été créé. La gravité, l’électromagnétisme, les forces nucléaires fortes et faibles, tout cela ne serait pas l’œuvre d’un Créateur, mais des principes absolus, la substance à partir de laquelle ce Créateur aurait façonné le monde. Il pourrait dès lors délaisser cette Création et celle-ci fonctionnerait parfaitement en pilotage automatique.

Quelque chose à partir de rien

Que se passe-t-il, cependant, quand il n’y a rien au départ ? Pas de glaise primordiale. Zéro énergie. Aucune loi de la façon dont les choses doivent être et de comment les choses ne peuvent pas être. Pas d’espace, ni même un concept d’espace. Pas de temps, ni même une notion de temps. Disons que le monde n’a pas été concocté à partir d’un mélange en sachet, mais à partir de zéro. À partir de « tout peut arriver ». Et ensuite ?

Disons, par exemple, qu’au lieu de façonner ce morceau de métal en gobelet, je le fasse me parler. Ou projeter sur moi une lumière. Ou même me divertir et interagir avec moi. Aucune de ces choses ne sont naturellement dans l’éventail des possibilités de la matière inerte entre mes mains. Pour faire tout cela, il faudra plus que de la restructuration. Il va me falloir connecter le métal réarrangé (plus un peu de silicium et d’autres substances) à une source d’alimentation.

C’est une chose de donner une forme à du métal. C’est autre chose de le faire s’adresser à vous.

Vous avez probablement entendu un des nombreux récits que les agents de support technique racontent sur les clients qui appellent pour se plaindre que « tout a disparu ! ». Après que l’agent ait demandé au client de faire toute une série de vérifications, il lui demande enfin de vérifier si l’ordinateur est branché.

« Je ne peux pas ! », se plaint le client.

« Pourquoi pas ? »

« Parce qu’on ne voit rien ici. Il doit y avoir une panne de courant ou quelque chose comme ça. »

Le client n’est pas un imbécile. Il est confus. Il a utilisé des machines à écrire pendant cinquante ans – y compris des machines électroniques – et aucune lettre n’a jamais disparu de la page. Il n’a tout simplement pas été en mesure de s’adapter à un nouveau paradigme, celui du monde branché. Un monde qui n’a pas besoin d’être effacé ou déchiqueté pour disparaître : il suffit de retirer la prise et toute trace de ce monde disparaît, comme s’il n’avait jamais existé.

À vrai dire, je ne peux m’empêcher de me demander comment ceux qui ont vécu dans le monde pré-branché aurait pu concevoir de telles notions. Pourtant, Rabbi Chnéour Zalman y est parvenu, en termes bibliques classiques tout en employant une logique aristotélicienne :

La création de quelque chose à partir de rien est plus étonnante encore que l’ouverture de la mer des Joncs, que nous pouvons employer comme analogie. Car alors, D.ieu repoussa la mer avec un puissant vent d’est toute la nuit jusqu’à ce que la mer s’ouvre et se tienne fermement debout comme un mur solide.

Maintenant, si D.ieu avait interrompu le vent, l’eau serait immédiatement revenue à son état ordinaire et naturel, s’écoulant vers le bas.

Il ne fait nul doute qu’elle ne serait pas demeurée dressée comme un mur, et ce, en dépit du fait que cette propriété de l’eau de s’écouler est également une création, un « quelque chose » généré à partir du néant et non une condition nécessaire de l’existence. Après tout, un mur de pierres tient debout de lui-même sans l’aide d’un vent. C’est seulement que telle n’est pas la nature de l’eau.

Pourtant, jusqu’à présent, nous ne discutons que de l’émergence d’un phénomène nouveau et sans précédent. La création ex nihilo va beaucoup plus loin que cela : la substance même de l’existence doit être générée elle aussi. Jusqu’ici, Rabbi Chnéour Zalman a pu présenter son argumentation au moyen de phénomènes appartenant à notre expérience commune. Pour cette prochaine étape, il peut seulement faire appel à un argument a fortiori :

Combien plus quand il s’agit de la création de quelque chose à partir de rien, qui transcende la nature d’une manière beaucoup plus merveilleuse que l’ouverture de la mer des Joncs. L’argument est beaucoup plus fort : si la force du Créateur se retirait de la création, à D.ieu ne plaise, celle-ci retournerait à un état de néant absolu.

La force effective doit continuellement être présente au sein de son effet pour lui donner vie et pérennité. Cette force effective, ce sont les mots des Dix Paroles par lesquelles tout fut créé.

L’acte même de l’existence nécessite un flux soutenu d’énergie créatrice. Mais, contrairement à la métaphore de la mer Rouge ou de l’affichage LED, ce n’est pas simplement un phénomène nouveau qui est généré. C’est l’existence même. L’énergie, la matière, le temps et l’espace. Les structures et les paramètres de la nature. L’ouverture de la mer Rouge se fit sur une mer préexistante, nécessitant seulement de réaménager certaines lois de la nature. Une animation sur l’écran de votre ordinateur résulte seulement de l’excitation d’une matrice de diodes préexistante, avec tous les circuits nécessaires.

Dans le langage contemporain, nous parlons parfois de phénomènes émergents. Les propriétés des éléments qui composent l’étude de la chimie sont un phénomène émergent des lois de la physique des particules ; à leur tour, les lois de la biochimie émergent de l’étude des propriétés de ces éléments. L’échelle continue son ascension, à travers les sciences de la vie, jusqu’au niveau cosmique.

Celui qui étudierait uniquement la physique, faisant abstraction  du monde de la chimie, n’aurait jamais pu prédire la nature de ce monde. Et le chimiste n’en viendrait jamais à prédire le monde de la biochimie, tout comme le biochimiste ne prédirait pas l’existence d’organites simples. Et pourtant, chaque série de phénomènes émerge de la précédente. Dans chaque cas, quelque chose de nouveau est créé et maintenu par une réalité sous-jacente et cachée.

Cependant, dans le cas de l’existence elle-même, il n’y avait aucune substance primordiale à partir de laquelle tout fut formé. Il n’y avait pas de paramètres préexistants ni de lois de la nature, déterminées ou potentielles, régissant la façon dont le monde devait être fait. C’est ce que le philosophe juif du Xème siècle, Rabbi Saadia Gaon, voulut dire quand il a décrivit la création comme étant « quelque chose à partir de rien ». Non pas qu’elle n’a pas de source. Elle a une source, c’est son Créateur. Mais elle n’a pas de précédent, rien dont on puisse dire qu’elle en émerge. Le Créateur aurait pu créer absolument n’importe quoi – ou absolument rien.

Comme le prophète le résume succinctement : « De Toi, tout est. » De « Toi », c’est-à-dire du Créateur qui se tient au-delà du temps et de l’espace, de l’existence et de la non-existence, et qui est l’origine de tout ce qui est. Comme Rabbi Chnéour Zalman l’écrit plus loin : « Lui seul qui n’a pas de précédent, rien duquel Il aurait émergé, Lui seul a le pouvoir de créer quelque chose d’entièrement nouveau là où rien n’existait auparavant. »

Si c’est ainsi, ce n’est pas seulement un flux d’énergie qui est nécessaire pour maintenir l’existence. C’est l’absolu de D.ieu Lui-même.

Ingénieusement, la question s’est inversée : il ne s’agit désormais plus de savoir comment un Créateur parfait peut être impliqué dans un monde imparfait. La question est maintenant : comment pourrait-Il ne pas y être impliqué ? S’Il n’était pas présent, comment pourrait-il exister quoi que ce soit ?

NOTES
1.
Talmud, ‘Houline 63a.
2.
Guide des Égarés, livre I, chapitre 69.
3.
Ce passage et les suivants sont extraits du deuxième chapitre de la seconde partie du Tanya, intitulée Chaar HaYi’houd VeHaEmouna.
par Tzvi Freeman
Rav Tzvi Freeman dirige l'équipe de "Questions au Rabbin" de Chabad.org. Il vit à Toronto, Canada et est l’auteur de nombreuses traductions et synthèses de la pensée kabbalistique et ‘hassidique, parmi lesquels « Bringing Heaven Down to Earth. »
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