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Ce que Lag BaOmer nous apprend

Ce que Lag BaOmer nous apprend

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L’histoire de Lag BaOmer, telle que la relate le Talmud, est bien connue. Nos Sages nous disent que les disciples de Rabbi Akiba furent victimes d’une épidémie pour avoir perdu tout respect l’un pour l’autre. Le trente-troisième jour de la Sefirat haOmer – « Lag BaOmer » – ses ravages cessèrent.

Comme dans le cas de toutes les histoires de la Torah – lesquelles font aussi partie d’elle – dont le but est « d’instruire », celle des élèves de Rabbi Akiba contient une leçon pour chacun de nous, et particulièrement pour les élèves des écoles, garçons et filles.

Et d’abord : le Talmud atteste que c’étaient des « disciples de Rabbi Akiba » ; on peut donc en conclure sans doute possible qu’ils étaient dignes de ce titre. Ce qui veut dire qu’ils se consacraient à la Torah et aux Mitsvot avec dévotion, diligence et messirouth néfech (don total de soi), comme le grand Tanna et Sage le leur avait enseigné.

Il en découle que leur manque de respect l’un envers l’autre devait avoir des raisons qui, loin d’être futiles, correspondaient au niveau spirituel élevé propre à des « disciples de Rabbi Akiba ».

L’explication de leur conduite se trouve dans les dits de nos Sages, bénie soit leur mémoire, à savoir que généralement, les humains ont chacun un esprit différent, de même qu’une conception différente des choses. Chaque individu a donc une manière particulière de servir D.ieu, d’étudier la Torah et d’observer les Mitsvot avec hiddour (soin et embellissement). Par exemple, l’un pourrait le faire essentiellement par amour pour D.ieu, un autre par crainte du Créateur, un autre encore par obéissance et soumission à la Volonté Divine, et ainsi de suite, bien qu’en pratique tous observent pleinement et scrupuleusement la Torah et les Mitsvot dans la vie quotidienne.

Ensuite, étant des disciples de Rabbi Akiba, ils étaient assurément des « hommes de vérité », qui servaient D.ieu avec une sincérité et une dévotion extrêmes, et dont tout leur être était imprégné. Aussi chacun d’eux avait certainement la conviction que sa conception personnelle était la bonne et que celui qui n’avait pas atteint leur niveau manquait de perfection.

De plus, étant des disciples de Rabbi Akiba, qui enseignait : « Tu aimeras ton frère juif comme toi-même – c’est le grand principe de la Torah », il ne leur suffisait pas de monter d’un niveau à l’autre dans leur manière personnelle, de servir D.ieu ; désireux aussi de partager ce progrès avec leurs compagnons, ils s’employaient à les persuader de les suivre. Mais devant la résistance de ces derniers, ils perdaient pour eux le respect auquel on s’attendrait de la part des disciples de Rabbi Akiba.

Un enseignement triple

À la lumière de ce qui précède, nous pouvons voir que l’histoire de Lag BaOmer dans le Talmud enseigne l’attitude adéquate que chacun de nous doit avoir. Cet enseignement est triple :

a) La prière, l’étude de la Torah et l’observance des Mitsvot – aussi bien celles qui lient l’homme à l’homme que celles qui lient l’homme à D.ieu – doivent être accomplies parfaitement, dans un état d’inspiration et d’entrain véritables afin qu’en soit imprégné tout l’homme et jusqu’à son comportement dans la vie quotidienne.

b) Le premier point comprend, bien entendu, la très importante Mitsva prescrivant d’aimer son prochain comme soi-même, laquelle doit être observée également avec une énergie extrême et la plus grande efficacité.

c) Outre les deux premiers points, nous devons considérer avec beaucoup de bonté et de respect tout Juif complètement engagé dans la Torah et les Mitsvot, mais dont la conception du service divin diffère de la nôtre, qu’elle soit basée sur l’amour, ou le respect, etc.

Une prescription supplémentaire découlant des précédentes : si nous rencontrons un Juif qui n’a pas encore atteint le niveau adéquat dans le judaïsme, nos rapports avec lui doivent néanmoins être empreints de respect et d’affection, conformément aux enseignements de nos Sages qui disent : « Porte sur ton prochain un jugement favorable ». Il importe de garder présent à l’esprit que l’homme dont le judaïsme n’est pas parfait pourrait n’en être pas responsable, pour la raison qu’il n’a peut-être pas reçu une éducation juive suffisante. En pareil cas, nous devons, au contraire, compatir à une telle situation, et déployer tous nos efforts en vue de l’aider à réduire la distance qui le sépare d’un judaïsme parfait ; et aussi le faire avec amour et respect, et d’une manière qui soit aisée et agréable.

Le don de soi

Que le grand Tanna Rabbi Chimone bar Yo’haï, qui considérait Lag BaOmer comme son jour de joie personnelle, soit un exemple qui nous inspire tous. Car il a dit qu’il était prêt à faire don de tous ses mérites pour sauver du jugement le monde entier (Souccah 45b). En d’autres termes, il était prêt à faire le don total de soi-même pour une personne sans mérites personnels qu’il n’aurait jamais rencontrée, et qui pourrait se trouver à l’autre bout du monde. Combien plus, dès lors, devrait-on être prêt à faire ce don au profit des êtres proches et chers, et de tous les amis.

Puisse D.ieu accorder Sa bénédiction à chacun de nous, au sein de tout le peuple d’Israël, afin que nous puissions vivre et agir en accord avec l’esprit de Lag BaOmer, comme nous l’avons expliqué plus haut ; que nous puissions le faire avec le maximum d’Ahavat Yisrael, dans la joie et l’allégresse du cœur ; que nous allions acquérant de plus en plus de force dans toutes nos entreprises ; et ce, dans le but de hâter la réalisation des paroles divines : « Je briserai les barres de votre joug (l’exil) et Je vous ferais marcher la tête haute », dans l’accomplissement de la véritable, la complète Guéoulah, par l’intermédiaire de notre Juste Machia’h.

(Adapté de Likoutei Si’hot vol. 2 p. 341-344)

Adapté des enseignements du Rabbi de Loubavitch
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