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Au-delà de l’hérésie

Au-delà de l’hérésie

Le D.ieu auquel je crois

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D.ieu merci, il existe des athées. Si ce n’était pour leur mépris, combien notre D.ieu serait superficiel ! Comme l’a dit un maître ‘hassidique à son disciple en référence à un certain hérétique : « Son hérésie est plus proche de la vérité que ta foi. »

Personnellement, je suis d’accord avec les hérétiques. Le dieu en lequel croit le monde n’existe pas : un dieu qui regarde à travers les nuages un monde qu’il a naguère créé et qui s’amuse avec lui comme un enfant joue dans le sable...

Un tel dieu n’est rien de plus qu’un jouet de l’Homme. Un homme a une maison, il a une voiture, un travail, une femme et des enfants. Il se doit aussi d’avoir un dieu, et il en crée un à son image.

Cet homme, son monde est un mythe et son dieu aussi. Mais D.ieu n’est pas un produit de l’esprit humain, c’est nous qui sommes un produit du Sien.

Quel est donc le D.ieu auquel je crois ? Puis-je le dire dans les mots de cette langue ? Si je tire sur sa grammaire et que je déforme sa syntaxe, peut-être. Voici donc une présentation de mon D.ieu, un D.ieu plus proche de l’athéisme que le théisme de la plupart des gens :

Si vous pouvez le définir, ce n’est pas D.ieu.

S’il pouvait y en avoir plus d’un, ce n’est pas D.ieu.

S’il peut être démenti, ce n’est pas D.ieu. S’il peut être attesté, ce n’est pas D.ieu.

S’il peut exister quelque chose d’autre, ce n’est pas D.ieu. S’il ne peut souffrir l’existence de quoi que ce soit d’autre, ce n’est pas D.ieu.


Il n’y a pas de nom pour D.ieu et pourtant il y a tant de noms. Le plus puissant de tous les noms est le nom secret et ineffable.

Il n’y a rien de plus secret que ce nom, c’est le secret de tous les secrets. D’autres secrets sont secrets parce qu’ils ne sont révélés qu’à quelques privilégiés, parce qu’ils sont transmis en énigmes chuchotées, parce qu’ils contiennent une puissance qu’une élite souhaite retenir. Mais s’ils devaient être divulgués, ils ne seraient plus secrets ; dès lors, ils n’ont jamais été réellement secrets.

Ensuite, il y a des secrets qui doivent être retenus car ils seront déformés et mal compris. Ils ne peuvent pas être dits, sauf pour ceux qui connaissent intimement le lieu dans l’âme dont ils sont issus. Dans leur contexte, ils sont des merveilles glorieuses, des faisceaux de lumière. Mais en quittant leurs limites, ils deviennent bizarres et sauvages, l’arsenal de faux messies. C’est pourquoi ils sont tenus secrets, jusqu’à ce que vienne le moment que l’extérieur devienne l’intérieur.

D.ieu n’est pas un « est ». Au contraire, « est » est D.ieu.

Le nom de D.ieu est un véritable secret. Si secret qu’il est à l’extérieur autant qu’à l’intérieur de sorte que tous peuvent le savoir et pourtant il demeure un secret. Le petit enfant le connaît avant qu’il reçoive un enseignement, l’adulte base son monde sur lui et aucun être conscient ne peut commencer à penser sans en avoir connaissance, et pourtant, il demeure un secret fermé et scellé. Car, même si tous les hommes du monde se disaient ce secret l’un à l’autre et si tous les philosophes du monde philosophaient sur son sens, ils ne seraient pour autant pas plus près de le comprendre. Au contraire, chaque mot qu’ils prononceraient les entrainerait plus loin, chaque grain de compréhension ajouterait à la dissimulation. Le nom de D.ieu est vu par ceux dont les yeux sont ouverts et perdu pour ceux qui comprennent.

Pourquoi ne pouvons-nous pas dire que D.ieu est ? Parce que D.ieu n’est pas un « est ». Au contraire, « est » est D.ieu.

C’est Son nom, Son nom principal pour les prophètes : une conjugaison du verbe être. Et dès que j’écris plus, le sens est perdu. Dans l’immobilité parfaite, nous pouvons savoir ; regarder dans le calme absolu la source de la rivière de l’être à son point zéro d’émergence, sans chercher à comprendre, seulement à connaître la source au-delà de la source de ce point, dans le non-être de ‘hokhmah, la capacité de voir « ce qu’est ». Mais aussitôt que nous sommes emportés sur la rivière du « laisse-moi-comprendre », le bruit des mots et de la sémantique noient le calme et nous ravissent notre vision à la fois du point et de sa source.

Ce point de sagesse, à sa source même, c’est le D.ieu d’Abraham, qu’il a appelé par le nom de « est » ; le D.ieu qui a parlé à Moïse et qui a dit: « Je suis celui que Je suis » ; le D.ieu de Maïmonide, sans lequel il n’y a rien et qui n’a pourtant besoin de l’existence de rien, dont on ne peut dire qu’Il existe ou qu’Il n’existe pas, parce que tous les existants découlent de Son unité simple ; le D.ieu des kabbalistes qui ont utilisé la métaphore de la lumière infinie comme un code pour désigner la source illimitée de l’être et ont décrit toutes les choses comme étant des scintillements de cette lumière. Le « Est » au sein duquel nous serions tous prêt à reconnaître que nous nous trouvons, si ce n’était pour la revendication de notre ego du pouvoir exclusif sur le « est », le « a été » et le « sera ». C’est notre D.ieu à qui nous prions chaque jour, à qui nous disons : « Tu ».


« Est » peut-il être défini ?

Peut-il y avoir plus d’un « est » ?

Qui est le fou qui peut renier « est » ? Qui est le fou qui a besoin de l’attester ?

Il n’y a rien d’autre qu’« est », toute autre chose n’est qu’une fiction de l’être. « Est » permet un nombre infini d’itérations de « est », et pourtant le « Est » lui-même ne change jamais.


Aucun grand esprit n’a quitté ce monde sans contempler le « est ». Pourtant, un seul fit le grand saut de l’absurde : prendre possession du « est ». Entrer en relation avec le « est » de la réalité, comme une personne a une relation avec son ami. L’appeler « Toi », « Mien » et « Nôtre ». Lui dire : « Hé, il y a un monde ici qui est Tien. Il y a du temps et de l’espace, il y a la vie ; il y a les passions de mon cœur, ma peur de la mort et ma lutte pour vivre ; il y a une humanité entière comme moi, chacun avec une histoire, chacun vivant comme s’il était le centre du tourbillon de l’existence ; il y a une nature merveilleuse, des visions majestueuses et des rythmes d’une beauté envoûtante. Tous découlent de Ton « est », car il n’y a rien d’autre que Toi. Permets-moi de Te trouver dans Ton monde. Sois là ! »

Au temps d’Abraham, les nombreuses forces de la nature et les passions humaines étaient Elokim. Le Est était élevé et transcendant, propriété de mystiques ascétiques retirés du monde. Abraham « a appelé au nom de Est, le D.ieu du monde ». Il a déclaré : « Est est Elokim ! » Dans la nature, dans l’histoire, dans la vie humaine, dans la justice et dans les expériences de la vie les plus viscérales, il a fait entrer le « Est ».

Et ce faisant, Abraham a secouru la vie de sa prison existentielle. Il a permis au « est » de revenir à soi-même, pliant vers l’intérieur toute la réalité pour trouver le point au sein de la rivière, pour voir la vision au sein de toutes choses. Pour faire du « est » et de son articulation de la vie une seule chose. Et, ce faisant, il a rédimé à la fois notre monde et le « Est » lui-même.

Il a rédimé notre monde, parce que toute chose dans laquelle il a apporté le « est » est devenue aussi réelle que le « est » lui-même. Il a racheté l’âme humaine, parce qu’il y a trouvé là, plus qu’en tout autre endroit, la clé de l’essence de tout ce qui est.

Il a racheté l’« Est », car il a déverrouillé son essence, au-delà de tout nom, même du plus secret des noms. Au-delà d’un statique « est-qui-est-simplement », révélant une essence de liberté totale libérée même de la non-forme de « est ». La liberté de choisir de désirer être « ce-qui-est », tout en n’étant pas limité par cette modalité. Et, dans cette liberté, Il a trouvé un partenaire dans la forme humaine dans laquelle Il avait insufflé Son essence profonde, cet être radical qui choisit sur cette terre ce qu’il sera et ce qu’il ne sera pas.

Débattre de savoir si « Est » est, est une ineptie. De savoir si « Est » peut être appelé « Tu », c’est une question de conviction.

Arghh ! Les mots manquent, quelles que soient les libertés que je prends avec eux ! Ils deviennent comme un jeu cérébral, comme un instrument froid dans le laboratoire du philosophe, aussi froid qu’un scalpel en acier inoxydable qui coupe à travers les tissus d’un cœur qui bat. Jetez les mots au rebut ! Tous ! Ils sont des idoles, des emballages de l’esprit humain dans lesquels nous nous imaginons avoir capturé la lumière infinie. D.ieu n’est pas une idée et les mots ne Le captureront pas !

Nous nous connaissons très bien, le Tu et le je. Il est là à l’intérieur, à l’intérieur de vous aussi, si vous voulez seulement le savoir. Mais les mots, ils ne sont tout simplement pas là.

Écoute Israël, [le nom secret] est notre D.ieu, [le nom secret] doit être rendu un. Jusqu’à ce que, « En ce jour-là, le « Est » sera un et Son nom sera un ». Nous dirons le secret, et nous comprendrons.

par Tzvi Freeman
Rav Tzvi Freeman dirige l'équipe de "Questions au Rabbin" de Chabad.org. Il vit à Toronto, Canada et est l’auteur de nombreuses traductions et synthèses de la pensée kabbalistique et ‘hassidique, parmi lesquels « Bringing Heaven Down to Earth. »
Au sujet de l'artiste: David Brook vit à Sydney, en Australie, et vend ses œuvres d'art depuis son adolescence. Il est aujourd'hui peintre et illustrateur pour l'internet.
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3 Commentaires
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Kareen Nouméa , Nouvelle-Calédonie 29 octobre 2013

Méditation L'article de M. Freeman est magnifique de simplicité et de beauté. C'est un texte à lire et à relire. Un texte à partager. Merci infiniment. Reply

Robert Genève 24 octobre 2013

Bonjour,

Le commentaire de Rav Tsvi Freeman est d'un haut niveau théologique et spirituel. Reply

attia HENIN BEAUMONT 21 octobre 2013

unicité Être un et unique et n’être qu'un avec celui qui est la source de toutes vies pour vivre avec foi et ferveur cette proximité qui est son amour. Reply

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