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Décès du Rav Ovadia Yossef, dirigeant de la communauté juive séfarade

Décès du Rav Ovadia Yossef, dirigeant de la communauté juive séfarade

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Le Rav Ovadia Yossef, à gauche, avec le Rav Mordekhai Ashkenazi (Photo: Meir Dahan)
Le Rav Ovadia Yossef, à gauche, avec le Rav Mordekhai Ashkenazi (Photo: Meir Dahan)

Le Rav Ovadia Yossef, ancien grand rabbin séfarade d’Israël, autorité prééminente dans la loi juive et mentor politique de la communauté juive séfarade d’Israël, est décédé le lundi 7 octobre 2013 à l’âge de 93 ans.

Le rabbin a été hospitalisé lundi matin au CHU Hadassah à Jérusalem et a subi un effondrement général de ses fonctions vitales avant de décéder à 13h20.

À l’annonce de son décès, des cris d’angoisse ont retenti dans les synagogues et les yéchivas en Israël et à l’étranger. On pouvait voir des hommes, des femmes et des enfants pleurer dans les rues et les routes se sont rapidement obstruées dans tout le pays à mesure qu’un demi-million de personnes faisaient leur chemin vers Jérusalem pour participer aux obsèques du rabbin.

Auteur de nombreuses publications sur la loi juive, le Rav Yossef était considéré par les érudits de tous les horizons comme une autorité rabbinique possédant une rare connaissance de pratiquement tous les domaines de la Torah.

« Immergé dans la Torah »

Né à Bagdad, en Irak, le 1er septembre 1920, il émigra avec sa famille en Palestine sous mandat britannique en 1924, s’installant avec ses parents à Jérusalem. Il poursuivit ses études à la Yéchiva Porat Yossef sous la tutelle du Rav Ezra Attia. Il y fit l’admiration aussi bien de ses pairs que de ses professeurs tant pour son dévouement à l’étude que pour sa mémoire phénoménale.

En 1940, Rav Ovadia Yossef reçut l’ordination rabbinique à l’âge de 20 ans. Après un passage à la tête du tribunal rabbinique du Caire, il revint en Israël à la fin des années 1940.

Il siégea au tribunal rabbinique de Jérusalem et enseigna la Torah dans plusieurs yéchivas. « Je me rappelle marchant devant son appartement de Jérusalem aux petites heures du matin, » se souvient le Rav Mordekhaï Ashkenazi, grand-rabbin de Kfar ‘Habad en Israël. « Il était debout et étudiait, immergé dans la Torah. »

Les deux allaient se rencontrer de nouveau en 1972, lorsque le Rav Ashkenazi publia un index des sources citées dans le Choul’hane Aroukh HaRav, le code de loi juive de l’Admour Hazakène, le premier Rabbi de ‘Habad-Loubavitch.

« J’ai apporté mon livre à [Rav Yossef], qui était déjà grand rabbin de Tel-Aviv à cette époque, et nous nous sommes entretenus de nombreuses heures sur des sujets de Torah et d’autres questions, dit le Rav Ashkenazi. Sa tête était comme un ordinateur. Tout ce qui y pénétrait n’en sortait jamais. Il connaissait par cœur le Choul’hane Aroukh de l’Admour Hazakène, comme toutes les parties de la Torah. »

Cette année-là, le Rav Yossef rendit à son tour visite au Rav Ashkénazi à Kfar ‘Habad, où il donna un cours sur les lois de Pessa’h.

Peu de temps après, le Rav Yossef fut élu grand rabbin séfarade d’Israël, un poste qu’il occupa jusqu’en 1983. En tant que fondateur du parti politique Shas – dont l’objet était de représenter les immigrants en provenance des pays arabes et d’Afrique du Nord, qui constituent près de la moitié de la population juive d’Israël –, il fonda sa plate-forme sur un retour à la tradition religieuse et comme une riposte à un establishment politique qui avait été dominé par les Juifs d’ascendance européenne.

Il était connu pour sa connaissance encyclopédique d’un nombre impressionnant de textes halakhiques, allant des plus connus jusqu’aux plus abscons. Dans ses décisions halakhiques, il citait souvent des dizaines de décisions antérieures et décidait ensuite en fonction de ce qu’il percevait comme étant l’opinion majoritaire.

Une grande partie de l’abondant travail du Rav Yossef tient en deux collections de plusieurs volumes chacune.

La première, Yabia Omer, fut publiée en plusieurs étapes depuis 1954 et aborde un large éventail de questions, allant de l’utilisation de chauffe-eau solaires le Chabbat jusqu’aux conséquences halakhiques de l’opération Entebbe, l’audacieuse mission de sauvetage des otages menée par les commandos de l’Armée de Défense d’Israël en Ouganda le 4 Juillet 1976. Beaucoup de ses réponses s’étendent sur des dizaines de pages avec des centaines de références.

Ye’havé Daat – son deuxième ouvrage, en six volumes – est composé de réponses courtes à des questions pratiques posées dans son émission de radio, Pinat Hahalakha (« le coin de la Halakha »), qu’il animait au cours de son mandat de grand rabbin.

Il eut la distinction d’être l’un des quelques érudits contemporains à être cités dans le Likoutei Si’hot du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie (vol. 33, Chela’h III).

L’autorité spirituelle du Rav Ovadia Yossef lui a permis de devenir une figure de proue de la vie politique israélienne et de guider une renaissance de la fierté séfarade et un retour à la tradition qui, avec ses ouvrages de Torah, se poursuivra longtemps après sa disparition.

Rav Yossef perdit de son vivant son épouse, Margalit, et un fils, le Rav Yaakov Yossef. Il laisse dans le deuil six filles et cinq fils, dont le Rav Its’hak Yossef, qui a été élu le mois dernier grand rabbin séfarade d’Israël.

par Menahem Posner
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