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13 février 1927, 10h30

13 février 1927, 10h30

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Dimanche 11 Adar Richon 5687 (13 février 1927), Moscou, dix heures trente du matin :

Je viens d’arriver à l’Hôtel Warwarskaya, près de la gare ferroviaire. Les employés m’ont bien accueilli. Cela fait près de quatre mois qu’ils ne m’ont pas vu. La dernière fois, j’ai dû, pour une raison expliquée dans mon journal, loger à l’hôtel Bolchaya Sibirskaya. Je suis au second étage, à la chambre 16.

Mon ami, N. G., trésorier de la caisse générale, m’attend. Je suis très fatigué et j’ai convenu avec lui de nous retrouver à sept heures en un endroit connu de nous. Je lui ai demandé de faire savoir chez moi que « le vieux Yossef ‘Haïm est en bonne santé ».

Deux heures de l’après-midi :

Je viens de m’éveiller de mon sommeil et je continue à écrire là où je m’étais interrompu hier.

Il est dommage qu’hier soir, avant mon voyage, je n’aie pas eu le temps de parler avec le vieux ‘hassid, Reb Tsema’h David de Loutsin, qui est arrivé vendredi à midi. Il se rappelle avoir vu dans sa jeunesse mon arrière grand-père, le Tsema’h Tsedek, lorsqu’il repartit de Petersbourg. Son père, le ‘hassid Reb Touvya Aharon, l’un des ‘hassidim de l’Admour Hazaken l’emmena avec lui à la ville par laquelle passait mon arrière grand-père à son retour de Petersbourg, en Eloul 5603 (1843). Il resta là-bas vingt-quatre heures pour se reposer. Une grande assemblée des alentours et de la région était venue. Son père le fit asseoir sur ses épaules et il eut le mérite de voir le saint visage de mon arrière grand-père. En 5613 (1853), il se maria avec la fille du ‘hassid bien connu, Reb Yaakov Zeev, guide spirituel de sa communauté. Depuis lors, il se rendait tous les deux ans à Loubavitch.

Dans mon journal de l’année 5685 (1925), j’ai noté ce que m’a raconté le vieux ‘hassid Reb Tsema’h David de Loutsin. C’est ce qu’il eut le mérite d’entendre lors de sa première entrevue avec le Tsema’h Tsedek, en 5613 (1853). Entre autres choses, le Rabbi lui dit :

« ‘Haï, ‘Haï (vivant, vivant) Te louera. Deux fois ‘Haï (dix-huit) font trente-six. »

Que voulut dire le Rabbi par ces saintes paroles ? Il n’en savait rien. Il se concentra et médita, mais ne put les comprendre et les choses restèrent ainsi. Il se dit alors : « D.ieu connaît la vérité. Il sait mon désir profond de comprendre les paroles du Rabbi. Il saura assurément, le moment venu, me faire connaître leur explication. »

Soixante-dix ans passèrent depuis 5613 (1853), lorsque j’entendis de la bouche du Rabbi lors de ma première entrevue avec lui « ‘Haï, ‘Haï Te louera. Deux fois ‘Haï font trente-six ». Je vins à Loubavitch pendant l’été 5683 (1923) pour avoir le mérite de péleriner et de visiter le sanctuaire dans lequel reposent le Rabbi Tsema’h Tsedek et son fils le Rabbi Maharach. Alors que j’étais auprès du saint tombeau du Tsema’h Tsedek et que j’adressais ma prière au D.ieu du ciel, je me souvins tout à coup de la première entrevue et de la phrase « ‘Haï ‘Haï Te louera ». Il me sembla alors voir le Rabbi vivant, tout comme je l’avais vu alors, en 5613 (1853), vêtu de ses saints habits blancs qui lui donnaient l’apparence du Grand Prêtre le jour sacré. Et moi, puisse D.ieu faire une différence entre lui et moi (tels furent les mots du ‘hassid Reb Tsema’h David), j’étais face à lui. Il me dit : « Tsema’h David, c’est la trente-sixième fois que tu viens à Loubavitch. ‘Haï ‘Haï te louera. Deux fois ‘Haï font trente-six. »

Pendant un instant, je tombai sur le sol sacré et pleurai amèrement, avec une plainte intérieure. Messieurs, ayez pitié de moi. Arrivé à la fin de ma vie, que je puisse réaliser toute la mission confiée à mon âme lors de sa descente ici-bas.

Je restai alors une semaine entière à Loubavitch. Depuis le matin et jusqu’à ce qu’apparaissent les ombres du soir, j’étais dans le saint sanctuaire et dans la synagogue voisine.

Voici en quels termes Reb Tsema’h David me raconta son histoire hier, comme il me la raconta en 5685 (1925). Il ajouta que ses forces allaient en s’amenuisant. Il s’apprêtait donc à partir à Rostov-sur-le-Don pour recevoir une bénédiction de mon père, le Rabbi Rachab, pour son dernier voyage. De là-bas, il irait à Loubavitch pour solliciter la même bénédiction des Rebbeïm. Ensuite, il rentrerait chez lui et attendrait de « suivre le chemin de toute la terre », car il avait déjà quatre-vingt treize ans.

À ma demande, il accepta de rester à Leningrad jusqu’à mon retour de voyage. Je désire passer quelques jours avec lui. En étant à Leningrad, que les ‘hassidim et les élèves de la yéchiva appellent « Loubavitch », j’ai entendu de lui plusieurs histoires dont il fut un témoin oculaire. Tout ceci est noté dans mon journal de 5685 (1925). Reb Tsema’h David a une mémoire extraordinaire et il est très ordonné. Il y a énormément à apprendre de lui.

* * *

Cette fois-ci, comme à mon habitude, je me suis déplacé avec une calèche rapide, « li’htach », qui parcourt en six minutes, ou tout au plus en huit minutes, la distance qui sépare mon domicile de la gare de Nikolaïev. Puis, en trois ou quatre minutes, j’ai pu aller de la calèche au wagon-lit. Il ne restait ainsi que deux ou trois minutes avant le départ du train. Il n’est pas agréable de passer plus de temps que cela à la gare et sur la plateforme des départs. Des hommes attentifs au moindre détail parcourent cette plate-forme et les allées qui séparent les trains. Ils scrutent et épient tous les passants d’un regard incisif.

Chaque fois que je voyage, l’une de mes filles m’accompagne à la gare. Cette fois-ci ce fut ma fille Cheïna. Lorsque nous arrivâmes dans le train, il nous restait quatre minutes. La plupart des voyageurs avaient déjà pris leur place à l’exception de quelques-uns qui aimaient être les derniers à monter dans le wagon. Près de celui dans lequel se trouvait ma place se tenait un homme au visage grossier, grand de taille et bedonnant, avec de grands yeux noirs qui inspiraient la crainte. Ma fille pénétra avec moi dans le compartiment et nous conversâmes pendant trois minutes. Elle me dit que l’homme qui se tenait près du wagon lui faisait mauvaise impression. Il lui avait semblé qu’il m’avait dévisagé lorsque nous étions passés devant lui. Elle me demanda, à mon arrivée à Moscou, de faire transmettre par téléphone que « le vieil homme untel a recouvré la santé ». Elle comprendrait le sens de ce message.

« Tu devras mettre ta vie en danger, non pas potentiellement, mais concrètement. »

Depuis qu’en 5686 (1926) j’avais entendu de M. Garine que la Yevsektsia (la section juive du parti communiste) avait demandé mon expulsion, ainsi que celle de ma famille, de Leningrad. Le K.G.B. l’avait interrogé à notre propos. Il avait répondu que j’étais un bon voisin. Une même déposition avait été faite par Madame Mardou’havitch, mère de M. Charov, mon voisin de palier, au nom de son fils. Il était l’adjoint de Messing et la Yevsektsia lui demandait tout particulièrement de surveiller les contre-révolutionnaires. Désirant m’expulser de Leningrad, ils suivent mes pas, m’épient pour découvrir un élément qui leur permettrait de me mettre en accusation. Je fais donc attention de rester le moins possible dans la rue et encore moins dans la gare. Je ne crains rien de sérieux, mais plutôt un scandale. En fait, la Yevsektsia désire surtout me faire peur. Cette fois-ci, comme les autres fois, dès que le train démarra, je me sentis rassuré.

* * *

Le wagon-lit était cette fois-ci d’un modèle récent. Mon compartiment était assez grand, bien organisé avec une bonne table, une chaise et une lampe sur la table. Bien plus important, ce wagon ne cahotait pas. S’il en était ainsi même lorsque l’allure serait plus rapide, je pourrais rédiger le maamar de Tetsavé que j’ai récité Chabbat dernier. Dans les heures libres qu’il me restera à Moscou, je le terminerai, avec l’aide de D.ieu, et lorsque je rentrerai, sans encombre, il sera possible de le recopier et de l’envoyer aux invités qui l’ont entendu.

Un peu plus tard, je me rendis compte qu’il serait possible d’écrire le maamar de Tetsavé et je m’y consacrais pendant plus de deux heures.

Alors que j’étais assis et que je rédigeais, j’entendis frapper à la porte. Je n’y prêtai guère attention. Les serveurs du train avaient l’habitude de visiter les voyageurs, de leur proposer une boisson chaude ou d’autres services. Je ne répondis donc pas. Mais une demi-heure plus tard, on frappa à nouveau. Je demandai alors d’entrer. La porte s’ouvrit et le serveur entra. Je vis que l’homme qui se tenait près du wagon se promenait maintenant dans le couloir. Lorsqu’il arriva près de ma porte, il s’arrêta un instant, me dévisagea, fixa tout ce qui se trouvait dans mon compartiment d’un regard circulaire, mais pénétrant.

Le serveur dit :

Pardonnez-moi de troubler votre quiétude. L’homme qui voyage dans le compartiment voisin du vôtre, depuis que le train a démarré, me demande de voir votre billet. (Sur un billet de wagon-lit, le nom du voyageur est inscrit.) Je n’ai pas voulu le lui présenter. Mais, lorsque le contrôleur est passé, il lui a montré sa carte et celui-ci lui a présenté tous les billets parmi lesquels se trouvait également le vôtre. L’homme a examiné les billets de tous les voyageurs e  t prit des notes. Puis il repartit dans son compartiment. Une demi-heure plus tard, ou un peu plus, il m’appela et me demanda d’aller vous voir et de vous dire qu’un des voyageurs désirait vous rencontrer. Je lui ai répondu que vous dormiez sûrement. Mais, lorsque nous passâmes par une gare et qu’il put voir par la fenêtre que vous étiez assis et écriviez, il m’ordonna de frapper à votre porte. C’est ce que je fis, mais vous n’avez pas répondu. Un peu plus tard, il m’appela, me demanda de frapper plus fort et de vous faire part de son désir de vous rendre visite et de vous parler.

Je répondis en lui demandant de transmettre à cet homme que mon habitude était de ne pas faire de nouvelles connaissances pendant mes voyages. De plus, l’heure était tardive et ne se prêtait donc pas aux visites.

Je m’apprêtai à dormir et demandait au serveur de me réveiller à six heures du matin.

Différentes pensées m’envahirent. Différents événements se succédèrent dans mon esprit, persécutions religieuses, saccages de lieux de culte, fermeture et destruction de bains rituels, emprisonnement de rabbanim, de cho’hatim, d’enseignants, complots contre de simples Juifs respectueux des mitsvot. Pendant six ans de labeur, l’expérience avait démontré que, dans les villes dirigées par des non-juifs, les lieux de culte et les bains rituels n’étaient pas en danger. En revanche, dans les villes que dirigeaient des Juifs, des abominations se passèrent, à l’encontre même des règlements policiers. Jusqu’à quand en sera-t-il ainsi ?

Cette fois-ci, comme chaque fois que j’étais confronté à une situation néfaste pour mon moral, je me rappelais les mots terribles que mon père, le Rabbi Rachab, prononça à propos du nouveau régime et de ses trois dirigeants. Ces phrases furent dites trois semaines avant qu’il quitte ce monde.

« De lourds nuages s’abattent sur la Russie, pour au moins vingt-deux ans. Le Rabbi, l’Admour Hazaken, a dit qu’un régime qui persécute la foi d’Israël et supprime l’étude de la Torah doit disparaître. C’est ce qui se passa dans les dernières années du Tsar Nicolaï qui, pendant longtemps, a persécuté la religion et la Torah. Une guerre lui a été envoyée qui l’a brisé, lui et ses conseillers. Au bout du compte, D.ieu brisera également les jeunes Juifs qui persécutent la religion. Mais, jusque-là, il faudra beaucoup supporter de leurs méfaits et de leurs complots. Quant aux trois dirigeants, L... mourra dans une situation insensée, T... sera démis et rejeté et S... avancera suivant le goût du jour. Lorsque cela sera nécessaire, il revêtira une pelisse. »

Je fus saisi de frayeur lorsque j’entendis ces paroles. Il nous faudrait souffrir de ces nuages noirs pendant vingt-deux ans ! Oh, cieux ! Qu’est-il advenu au Judaïsme, à la Torah et aux Juifs respectueux de la foi et de la Torah pendant ces sept dernières années ! Un tremblement traversa tout mon corps lorsque je pensai à la situation qui sera celle des quinze ans à venir. Je pleurai amèrement.

Dans mon esprit apparut la vision de ce vendredi 8 Adar 5680 (27 février 1920), au matin, lorsque mon père, le Rabbi Rachab, me dit ces terribles paroles :

« Yossef Its’hak, pour diffuser la Torah avec la crainte de D.ieu et renforcer le Judaïsme, tu devras mettre ta vie en danger, non pas potentiellement, mais concrètement. »

« Quel est votre titre ? – Juif. »

Je m’endormis et je vis mon père, le Rabbi Rachab, en songe. Il était assis dans son bureau, près de sa table qui se trouvait entre les deux fenêtres du mur occidental. Il portait ses habits de Yom Tov. La lampe était au milieu de la pièce. Elle était allumée et entourée de bougies. Sur la table, il y avait deux bougies et le livre « Péri Ets ‘Haïm » de Rabbi ‘Haïm Vital, ouvert à la section sur Pourim, chapitre 6, « secret de Morde’haï et d’Esther ».

Lorsque j’entrai, il couvrit le livre ouvert de son mouchoir de soie rouge. Il parla, alors que son visage était très grave :

« Pourquoi pleures-tu ? Lorsqu’arrive Adar, on décuple sa joie ! Si ta mission te paraît particulièrement lourde, souviens-toi que je t’ai mis en garde. Tu dois donner ta vie pour diffuser la Torah avec la crainte de D.ieu et renforcer le Judaïsme, non pas potentiellement, mais concrètement. »

Je m’éveillai. Je regardai ma montre. Il était trois heures, je me rendormis. Mon sommeil fut agréable et je connus le repos.

Le serveur m’éveilla à six heures. Je me lavai, me vêtis, me préparai à la prière et priai. Je bus ensuite une boisson chaude et, à huit heures, je pris place pour rédiger le maamar de Tetsavé puisqu’il restait encore une heure de voyage avant d’arriver à Moscou. Le serveur m’apprit que le train aurait une demi-heure de retard, car, au cours de l’un des arrêts, nous avions été immobilisés pendant une heure à la suite d’une fouille exhaustive faite dans cinq trains. Douze hommes avaient été arrêtés. Au lieu de neuf heures, nous arriverions donc à Moscou à neuf heures trente. Je rédigeai le maamar pendant une heure et quart environ. Le serveur revint me voir, me disant que mon voisin demandait la permission d’entrer faire ma connaissance. Je ne le désirai absolument pas, mais je sentis que je ne pouvais le lui refuser. Je lui fis dire que je rangerai mes affaires, les mettrai en ordre et lui ferai ensuite savoir qu’il pouvait entrer.

Il entra.

Je me présente Marc Semyanovitch Bachkov. Je suis fredsedatel tchelyabinski savnarkom tovaritch aguepaou (chef du conseil municipal de la ville de Tchelabinsk et membre influent du K.G.B.).

Je m’étonnais de constater qu’il était venu avec la tête recouverte d’un chapeau...

– Je suis Yossef Its’hak Schneersohn

– Et quel est votre titre ?

– Juif.

– Tous ceux qui descendent d’Israël sont juifs. Est-ce là un titre ?

– Absolument. Tous ceux qui descendent d’Israël sont juifs. Et cela est leur véritable titre qui ne s’interrompt pas, ne se change pas. Tous les autres titres sont perdus par leurs détenteurs s’ils commettent des fautes. Alors que celui de Juif n’est même pas perdu par celui qui agit mal, ainsi qu’il est dit « un Israël qui a commis une faute reste un Israël », car l’étincelle de Judaïsme qui réside dans le cœur est éternelle. Mais il y a là différents niveaux. L’un aime seulement son peuple, respecte la sagesse d’Israël, la Torah d’Israël, connaît la valeur des Commandements de D.ieu, chérit les coutumes juives. L’autre est susceptible de donner effectivement sa vie pour accomplir l’une des coutumes juives et encore plus l’un des Commandements positifs ou pour ne pas transgresser un interdit. Il se tient même prêt à cela. Tout cela découle de cette étincelle de Judaïsme. Son dévoilement dépend généralement de l’éducation reçue, des différents événements de la vie.

(Le serveur vint annoncer que nous allions arriver à Moscou quelques instants plus tard.)

– Je suis né à Orcha, dans la région de Mohliv. Je désirerai fortement vous connaître plus intimement. Pendant deux ou trois jours, je serai très occupé, mais ensuite je me libérerai de mes obligations. Si vous êtes encore à Moscou, je désirerais vous rencontrer. Si vous êtes déjà rentré chez vous à Leningrad, je m’y rendrais spécialement pour vous voir. Je respecte le souvenir de mes parents et de mon grand-père qui étaient, comme toute la famille, des ‘hassidim de Loubavitch. Le nom du Rabbi de Loubavitch ne quittait pas leur bouche. Mes grands-pères, le père de mon père et le père de ma mère savaient que leurs parents se rendaient déjà à Loubavitch il y a une centaine d’années. Dites-moi à quel hôtel vous pensez résider à Moscou.

– À Stara Warwarskaya.

– Merci, soyez en bonne santé et connaissez la réussite. Boudté zaaravi eï stchastlivi.

par Rabbi Yossef Its'hak de Loubavitch
Extrait du journal personnel du sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its'hak Scneersohn, de mémoire bénie.
© Editions du Beth Loubavitch - Paris, France
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