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II. Les sources

II. Les sources

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Nous avons déjà observé que l’auteur du Tanya se défendait de la moindre originalité en ce qui concerne son œuvre. Au contraire, il a souligné tout ce qu’il devait à ses prédécesseurs. Parmi les « livres et les scribes » qui influèrent sur sa pensée, les Écritures, le Talmud et la Kabbalah Lourianique doivent avoir la première place. Cela est indiqué dès le premier chapitre, qui ouvre le livre avec des citations du Talmud, des références à la littérature Zoharique et à Rabbi Haïm Vital, le grand interprète de la Kabbalah Lourianique, et des citations éparses empruntées aux Écritures. Ce qui nous donne déjà une indication sur la forme d’esprit de l’auteur et sur l’objectif qu’il s’est assigné, à savoir : édifier son système sur les fondements combinés de sources scripturales, rabbiniques et kabbalistiques.

Les interprétations et les doctrines de Rabbi Chnéour Zalman sont basées sur les enseignements du Baal Chem Tov, fondateur de la ‘Hassidout générale, et des propres « maîtres » de l’auteur : Rabbi Dov-Ber de Mézéritch, successeur du Baal Chem Tov, et Rabbi Abraham « l’Ange » fils de Rabbi Dov-Ber.

Pour les Kabbalistes, la Torah constitue la loi et l’ordre essentiels de l’univers crééL’auteur puise abondamment dans le Zohar et Tikounei Zohar. Il mentionne nommément Maïmonide (le Code), et Rabbi Moché Cordovero (Pardès). Parmi les autres « livres et scribes » qui l’influencèrent, bien que le Tanya n’en fasse pas mention, citons le Chnei Lou’hoth haBrith de Rabbi Isaïe Horowitz, les œuvres du Maharal (Rabbi Juda Lowe) de Prague, et le Commentaire sur la Bible de Rabbi Ba’hya ben Acher.1

Le Kouzari de Halévi était tenu en très haute estime par Rabbi Chnéour Zalman et ses successeurs. On sait que l’auteur a mis beaucoup d’ardeur à l’étudier avec son fils et son petit-fils qui lui succédèrent. Il en fut de même des Devoirs du Coeur (« ‘Hovot haLevavot ») de Ba’hya ibn Pakouda, ouvrage qui jouit d’un grand crédit aussi bien parmi les érudits talmudiques de l’époque que parmi les contemporains.2 Ikarim d’Albo fut une autre source fort populaire parmi ceux qu’attirait la philosophie. On peut avancer, sans crainte de se tromper, étant donné que Rabbi Chnéour Zalman connaissait intimement ces derniers et était familiarisé avec toute la pensée philosophique juive du moyen âge. Rien ne permet cependant d’affirmer que ces sources aient influencé de quelque manière la composition du Tanya.

On a dit fort justement qu’un problème bien posé est à moitié résolu. Très souvent c’est dans la manière de le poser et la méthode employée pour l’analyser que se révèlent l’agilité intellectuelle et l’originalité du penseur, manière et méthode constituant par elles-mêmes l’apport le plus important de ce dernier. Cela est vrai de Rabbi Chnéour Zalman et du système de ‘Habad qu’il a créé. Car, alors que ses concepts de base sont puisés à diverses sources, ses doctrines, elles, forment un système complet, cohérent, monolithique ; de plus, sa présentation est très personnelle.

La polarité des choses n’est qu’extérieure. La réalité sous-jacente de tout est l’unité, reflétant l’unité du CréateurMais Rabbi Chnéour Zalman a fait plus. Bien souvent les pensées assimilées sont à tel point modifiées, réinterprétées, refaçonnées, qu’elles en acquièrent une originalité propre.

Pour Rabbi Chnéour Zalman, comme pour les Kabbalistes en général, la Torah, la Loi écrite et orale, incarnée par la Bible et le Talmud (ce dernier comprenant la Halakha et la Haggadah), était plus qu’un guide d’inspiration divine pour le summum bonum. Elle constitue la loi et l’ordre essentiels de l’univers créé.3

La Kabbalah, dans son interprétation, n’était autre que la dimension interne, ésotérique de la Torah, son « âme » même. Sans cette dimension, la Torah ne pouvait être pleinement comprise. En conséquence, la recherche par l’auteur de la signification « intérieure » ou ésotérique des textes talmudiques ou bibliques n’avait pas pour but d’ajouter un pathétique homilétique à son exposé, mais plutôt de révéler leur dimension interne. Dans son système, l’ésotérique et l’exotérique, la Kabbalah et le Talmud, sont tout à fait mêlés et unifiés, de la même manière que le physique et le métaphysique, le corps et l’âme, apparaissent, par l’effet de sa pensée, comme deux aspects de la même chose. La polarité des choses n’est qu’extérieure ; la réalité sous-jacente de tout est l’unité, reflétant l’unité du Créateur. Rendre visible cette unité du microcosme et du macrocosme, ainsi qu’ils apparaissent dans l’unité mystique de l’Ein Sof (l’Infini) : tel est le but de son système.

NOTES
1.
Le Zohar est mentionné dans le Tanya (1ère partie) quarante-neuf fois ; Louria, dix fois ; Vital et ses œuvres, vingt-neuf fois ; Maimonide (Code), cinq fois ; Na’hmanide, une fois. Cf. « Index des Ouvrages et des Personnes » dans Tanya, op. cit. p. 398 et suiv.
2.
Même quand la spéculation philosophique ne connaissait pas la même faveur, Les Devoirs du Cœur jouirent d’une situation privilégiée. L’influent Rabbi Isaïe Horowitz, par exemple, qui critiqua dans son œuvre Rabbi Abraham ibn Ezra, Maïmonide (le Guide) et Gersonide, tint en très haute estime Les Devoirs du Coeur. Voir Chnei Lou’hoth haBrith (Amsterdam, 1698), 2b, 8a, 20b, 47b, 183a, 193b.
3.
Comp. « Il regarda dans la Torah et créa le monde », Zohar (éd. « Rom », Wilno, 1937), vol. Il, 161 a ; III, 35 b, etc. Voir aussi Tan‘houma, au début, sur Proverbes 8,30, affirmant que la Torah fut « l’instrument » divin de la création de l’univers.
par Nissen Mangel
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La vie, les enseignements et les œuvres de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, le fondateur de ‘Habad