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Finale!

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Les leçons de la coupe du monde

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La Coupe du monde ! Cela fait des semaines que le monde à la fièvre du football. Et que vous soyez un fan de foot ou pas n’y change rien. La Coupe du monde a semblé vous suivre partout où vous alliez. Elle a été dans la pub. Elle a été dans l’atmosphère. Elle a été de toutes les conversations. D’une manière ou d’une autre, tout a semblé lié avec la coupe du monde.

Ce qui a vraiment suscité mon intérêt est la façon dont la Coupe du monde a influencé la vie de ses spectateurs. J’avais naïvement imaginé que, s’agissant d’un événement sportif, son influence serait plus manifeste dans les domaines de la santé et du sport. Il m’apparaissait évident qu’elle entraînerait un regain d’intérêt pour un mode de vie sain, entraînerait une vague d’inscriptions dans les clubs de sport et de gym et accroîtrait les ventes de produits diététiques.

Mais nous savons tous ce qu’il en est. La période de la Coupe du monde est caractérisée par la tendance opposée. Les vendeurs de canapés, de fauteuils et de télévisions n’ont jamais connu de meilleurs jours. Et les seules ventes de nourriture à avoir augmenté ne sont pas celles de nourriture diététique ou bio, mais de pizzas et autres fast-foods. Sans parler des ventes de bière, de pépites, etc.

C’est vrai, les gens adorent la Coupe du monde et le football. Mais, au bout du compte, nous sommes seulement des fans. Des spectateurs. Nous regardons le match sur le bord du terrain.

Car le jeu est joué par des pros. Ce sont eux qui doivent s’entraîner comme des forcenés, manger diététique et rester en forme. C’est pour ça qu’ils reçoivent des salaires mirobolants, pour que nous puissions nous asseoir confortablement dans nos canapés à les regarder jouer.

Tout cela m’a apporté la réponse à une question que je me pose depuis des années.

Les Maximes des Pères rapportent l’histoire suivante :

Rabbi Yossi raconte : J’étais une fois en chemin et j’ai rencontré un homme. Nous avons échangé des salutations et l’homme me dit :

– D’où venez-vous ?

– Je viens d’une grande ville d’érudits et de scribes, ai-je répondu.

– Rabbi, si vous vouliez venir vivre avec nous en notre lieu, je vous paierai des milliers et des milliers de dinars d’or et de pierres précieuses, dit l’homme.

Je lui répondis :

– Quand bien même me donneriez-vous tout l’argent et les pierres précieuses du monde, je choisirais toujours de vivre dans un lieu de Torah.

Cette histoire m'a paru incompréhensible. Si j’avais été à la place de Rabbi Yossi, j’aurais sauté sur l’occasion. Quel rabbin ne l’aurait pas fait ? Qui ne voudrait pas partir pour une destination spirituellement désertique et se voir allouer un budget et des ressources illimitées pour y répandre les enseignements de la Torah ? Comment Rabbi Yossi a-t-il pu laisser passer une telle opportunité, de celles qui ne se présentent qu’une seule fois dans sa vie ?

La réponse est que l’interlocuteur de Rabbi Yossi n’avait aucun désir de prendre part lui-même à l’étude de la Torah. Il voulait seulement être un fan, ou un spectateur. « Nous voulons que vous veniez vivre avec nous en notre lieu », ce qui signifiait « Vous allez étudier la Torah à notre place ». Vous allez nous décharger de cette responsabilité...

Il désirait financer Rabbi Yossi et son étude. Mais prendre une part active à la transmission des valeurs de la Torah ? Non, ce serait trop pour lui.

Le Judaïsme n’est pas le football. Dans le Judaïsme, il n’y a pas de fans ni de spectateurs. Dans le Judaïsme, chacun doit jouer, et personne ne peut prendre la place d’un autre. Contrairement au football, dans le Judaïsme, chacun est essentiel au jeu.

par Mena’hem Gerlitzky
Rav Mena’hem Gerlitzky est un émissaire du Rabbi de Loubavitch à Tel-Aviv Nord. Il est le rabbin de la Sea and Sun Synagogue et le directeur des institutions éducatives de ‘Habad-Loubavitch à Tel-Aviv.
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